Scandale à l'OFPPT Le scandale provoque une mini-tempête à l'OFPPT. Plusieurs sociétés fictives ont bénéficié des remboursements des contrats spéciaux de formation. Une bande de criminels en col blanc ont réussi à subtiliser plusieurs millions Dhs. L'IGF a été sollicitée pour mener ses investigations et désigner les véritables responsables de cette fraude à grande échelle. Les scandales financiers se suivent, se ressemblent et leur odeur est puante de dilapidation et de détournement de deniers publics. Après les minotiers, le CIH, la CNSS, la BP, la CUC de Casablanca, c'est au tour de l'Office que dirige Larbi Bencheikh de révéler au grand jour les secrets de son passé très récent. En gros, ce sont des manipulations financières, sur fond de constitution de faux contrats spéciaux de formation, auxquelles ont recouru plusieurs sociétés fictives pour bénéficier des rétributions de l'Office. Plusieurs millions Dhs, le montant exact n'étant pas encore défini, ont été subtilisés de la sorte transgressant ainsi toutes les lois et toutes les morales régissant le statut même de l'OFPPT. À ce jour, chacun y va de son analyse au sein de l'OFPPT, chacun y va également du chiffre détourné. Le crime était bien parti pour être parfait. En effet, les murmures et chuchotements à propos de cette affaire ont commencé dès le 31 mars 2004, une date pas vraiment de bon augure. Ce jour-là, la nouvelle fait l'effet d'un coup de tonnerre au sein de l'OFPPT. Une mini-tempête sans précédent. En effet, la personne chargée de la réception des pièces justificatives des dossiers de paiement des remboursements des contrats spéciaux de formation ne savait pas qu'en épluchant les quelques dossiers qui ont atterri sur son bureau qu'elle allait ouvrir une boîte de Pandore qui fera éclater un scandale de haut vol. Une bande organisée agissait avec une certitude éhontée et une impunité acquise pour jouir de la manne de l'Etat grâce à de faux contrats de formation déclarés par des entreprises qui n'existent que sur le papier. En effet, lorsqu'on parcourt le récit des actes commis, on est littéralement sidéré par le sans-gêne et l'absence totale de retenue d'un certain nombre de criminels en col blanc qui ont bénéficié du remboursement illégal de dossiers établis pour le compte de sociétés bel et bien imaginaires. En effet, et selon des sources concordantes de l'OFPPT, les montants détournés se montent à plusieurs millions Dhs. Les opérations de détournements l'auraient été à partir de documents falsifiés présentés à l'Office par une bande organisée d'entreprises. Cette grosse arnaque a été mise en évidence grâce à un contrôle de routine effectué sur un échantillon d'entreprises partenaires de l'Office. Stopper l'hémorragie L'enquête révéla alors que l'entreprise en question n'existait que sur de faux papiers avec bien évidemment des fausses adresses et des emplois fictifs. D'investigations en investigations, le bilan commence à s'alourdir passant à une vingtaine d'entreprises qui ont profité illégalement du remboursement des contrats spéciaux de formation. Au fait, il n'y avait même pas à faire d'enquête pour découvrir les magouilles qui se déroulaient à ciel ouvert et autant de motifs de déclenchement d'enquêtes policières et d'instructions judiciaires. L'ensemble des actes délictueux dont a été victime l'OFPPT ont été vite éclaircis grâce à l'enquête préliminaire ordonnée par Larbi Bencheikh qui a réussi à mettre fin à cette hémorragie. Des noms, sans toutefois être dévoilés, sont sur toutes les lèvres des responsables de cet Office qui ont bouclé l'enquête et l'ont confiée à l'Inspection générale des Finances ( IGF ) qui est en droit de mener son enquête pour déterminer le volume exact de la fraude et identifier ses auteurs pour qu'ils répondent de leurs actes devant la Justice. Cependant, et selon une source interne de l'Office, l'enquête préliminaire a établi que les sociétés démasquées n'ont d'existence que sur de faux papiers à commencer par leurs numéros de téléphone ainsi que leurs adresses qui ne sont parfois que celles d'immeubles en construction ou de terrains non bâtis. Ont-ils bénéficié de complicité au sein de l'Office ? Aucune information ne filtre à ce sujet et il appartient à l'IGF de le confirmer ou de l'infirmer. La commission d'inspection qui a été constituée par la direction générale de l'OFPPT pour vérifier dans un premier temps tous les dossiers de remboursement déposés à Casablanca entre 2003 et 2004 avant de s'attaquer aux différentes directions de l'Office dans les autres régions, a limité les entreprises mises en cause au nombre de 18 qui ont subtilisé avec des noms fictifs plus de 3 millions Dhs. Sans compter les 3 millions Dhs, présentés au remboursement, et qui ont échappé à ceux qui n'ont pas imaginé un instant qu'ils pouvaient être rattrapés par leurs méfaits et que les services de sécurité et la Justice pouvaient s'intéresser, dans un avenir proche, à leurs stratagèmes. L'IGF, saisie de l'affaire tout récemment, devrait confirmer la thèse de la fraude par un rapport détaillé sur les tenants et les aboutissants de cette affaire qui sera transmise incessamment à la Justice. Informations recoupées Déjà, et en se basant sur les informations fournies par les responsables de l'Office, le montant du “trou financier” devrait dépasser largement 5 millions Dhs partis en fumée grâce à des jeux de falsifications des documents présentés à l'Office. Aujourd'hui, on parle de la non concordance des numéros de comptes bancaires figurant sur les contrats signés avec l'OFPPT et sur les relevés bancaires. Ces révélations sont confirmées par la CNSS qui a constaté l'inexistence des dites sociétés dans son propre fichier d'immatriculation. Avec ce scandale, c'est le système de contrôle de l'Etat chargé de la surveillance des comptes de l'Office qui est discrédité. À ce titre, il convient d'indiquer qu'au terme de l'exercice 2002, plus de 100 millions Dhs ont été remboursés aux sociétés qui sont assujetties à la taxe de formation professionnelle, en situation régulière vis-à-vis de la CNSS et qui ont fait bénéficier leur personnel de la formation de l'OFPPT. Le comité central ainsi que les comités régionaux des contrats spéciaux de formation sont constitués par des représentants des employés et présidés respectivement par le Secrétaire général et les délégués du Secrétariat d'Etat chargé de la Formation professionnelle. L'OFPPT intervient dans le premier comité au niveau du secrétariat et dans les suivants au niveau de la préparation et la gestion des dossiers. Et c'est justement à ce niveau-là que la fraude a été constatée et les anomalies relevées. En somme, et en attendant les conclusions de l'IGF qui tentera de désigner les véritables responsables de cette fraude, la direction de l'OFPPT a entamé une opération d'assainissement des comptes pour mettre à jour sa comptabilité. L'ensemble des actes délictueux dont a été victime l'OFPPT ont été vite éclaircis grâce à l'enquête préliminaire ordonnée par Larbi Bencheikh qui a réussi à mettre fin à cette hémorragie. Ces révélations sont confirmées par la CNSS qui a constaté l'inexistence desdites sociétés dans son propre fichier d'immatriculation. Fiche technique L'OFPPT est un organisme doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière. Sa gestion est tripartite, et fait intervenir des représentants des employeurs, des salariés et de l'Etat. L'Office a été investi depuis sa création d'une mission de développement de la formation professionnelle et de son adaptation aux besoins de l'économie nationale. Ainsi, l'OFPPT s'est engagé à assurer les missions suivantes : former une main-d'œuvre qualifiée, favoriser la promotion sociale des travailleurs et adapter la formation aux besoins du marché du travail. Dès 1984, date de la réforme du système de la formation professionnelle, l'OFPPT a connu un important développement et s'est trouvé investi de nouvelles missions. Comme favoriser la prise de conscience du rôle déterminant du facteur humain dans le développement et la compétitivité de l'entreprise, associer les employeurs aux processus de formation par une participation directe aux différents cursus de formation.