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Entre terre et mer
Publié dans La Gazette du Maroc le 10 - 01 - 2005

C'est sans sommation qu'une guerre a été déclenchée en Asie le 25 décembre dernier. Une guerre d'un genre très particulier, au milieu des cocotiers qui observent avec indifférence plusieurs pays dévastés. Car, même en pleine guerre, si les plantes ne sont pas arrachées elles poussent, signifiant qu'elles ne sont pas concernées. En l'occurrence, cette guerre était faite à tous les hommes de ces régions. Touristes compris. Celles qui ont déclenché les hostilités ce sont la terre et la mer, dans ces endroits réputés paradisiaques. En un clin d'œil la terre avait tremblé et un raz-de-marée gigantesque s'en était suivi. Il est inutile de décrire les ravages occasionnés et qui ont été montrés sous tous les angles par les télévisions. Il faut seulement noter au passage qu'une fois de plus les enfants sont confrontés à des images de violence vraie, et non des films de fiction où la sauce-tomate remplace le sang. Ils le savent. Abandonnant leurs jouets, ils ingurgitent ces images de désolation la bouche ouverte et les yeux écarquillés. Entre les images des vraies guerres et celles des catastrophes naturelles –même si les typhons portent de jolis noms- plus tard ils seront endurcis ou fragilisés. Dans les deux cas, ils seront bons pour l'assistance psychologique. Si ce n'est déjà nécessaire dans les écoles. En Asie c'était donc la colère de la terre. Contre elle-même aussi, car le butin est là-haut. La terre est amie et ennemie parfois. Elle se nourrit de cadavres depuis des millénaires. Mais, en cette période de fêtes, elle a voulu s'offrir une fantaisie. De la chair fraîche. Les ortolans de l'ogre. D'où la bataille front contre front entre les plaques tectoniques comme les appellent les savants, pour avoir les meilleures parts. Il lui fallait des hommes, des femmes et des enfants. Noirs, cuivrés, blancs, peu importe. Un être humain est un être humain. Contrairement aux hommes qui ont besoin pour la forme d'une multitude de ligues contre ceci ou cela. Pour les séismes, tous les hommes sont égaux devant le malheur. Cela peut être pris pour une leçon, malgré tout. Cependant, c'est comme verser de l'eau sur du sable. L'Inde, pays de haute civilisation au passé glorieux, pays des savants et des prix Nobel, pays qui a aboli officiellement le système des castes, l'Inde charge les intouchables de déblayer les cadavres. Il faut peut-être des siècles pour changer les mentalités. Et l'on se pose toujours la même question, l'ordinateur rend-il l'homme meilleur ? En tout cas, le niveau qu'ont atteint les moyens de communication a permis à la terre entière presque en temps réel de voir le séisme et le raz-de-marée qui s'en est suivi. C'est une des rares fois où l'on se sent fier d'être un être humain, quand on a vu l'immense élan de solidarité envers les pays victimes. Les puissances comme les petits pays. Enfants et adultes. Des secouristes venus de partout réalisent un travail admirable, mais la tâche est immense et nécessite infiniment plus. Mais que penser quand on sait qu'au même moment on tue en Palestine, en Irak, et un peu partout dans le monde. Guerres et guérillas. Comme s'il s'agissait d'une tragique émulation. On sait qu'en ce qui concerne les morts, l'Irak est à égalité ou dépasse le séisme. C'est pourtant l'occasion pour les puissants de méditer sur la vanité des guerres et ce qu'a de dérisoire la volonté de puissance. Ce serait rêver. Cela n'empêche pas de rêver que tous ceux qui sont en conflit armé déposent les armes pendant quelque temps, et que les forces de destruction se transforment en force de construction. Chacun sait que les soldats, dans un pays en ruines, peuvent construire rapidement ponts et pistes pour acheminer les aides. Où sont les armées qui seront pour une fois applaudies ? Où est l'Amérique surtout puisqu'elle veut prendre la tête de tout. Certes beaucoup a été fait, mais pas assez. Souvent des particuliers ont donné plus d'argent que leurs Etats, sachant que les pouvoirs publics ne donnent que l'argent des contribuables. La seule proposition sérieuse a été faite par le président français. Créer au sein de l'ONU une force d'intervention rapide humanitaire. Une sorte de SAMU mondial. Le séisme qui a touché le Sri Lanka et les pays voisins a confirmé ce que l'on peut savoir du genre humain. Naïf, généreux, pingre, solidaire, individualiste, courageux, versatile, tolérant. On a vu dans certaines localités des autochtones de toutes religions et croyances prier ensemble. Il faut espérer que cela durera une fois la colère apaisée. Par ailleurs, on assiste pour la première fois à des modifications géographiques. Îles qui se déplacent, d'autres qui sont englouties ou surgissent de la mer. C'était ainsi au cours de l'histoire, mais on ne le sait que par les livres.
Ce séisme aura donné lieu aux scènes les plus étonnantes, au milieu des ruines, des cadavres, des touristes continuent leurs vacances, bronzent et se baignent dans une mer qui continue de rejeter des cadavres. Ces pays vivant du tourisme, c'est une manière de les aider, disent-ils.

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