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L'Islam, passion fran�aise: une approche dŽpassionnŽe
Publié dans La Gazette du Maroc le 25 - 04 - 2005


Vient de para”tre
Les anthologies sont ˆ la mode et c'est, peut-�tre, un signe des temps, ˆ un moment o� on veut comprendre ce qui s'est rŽellement passŽ, apr�s le drame du 11 septembre, systŽmatiquement collŽ ˆ l'Islam et aux Musulmans, ˆ partir de lectures idŽologiques simplistes.
Bien sžr, ˆ l'eurocentrisme, remis en cause, heureusement, par l'anthropologie, depuis "la pensŽe sauvage" et "Race et histoire" de Claude Levi-Strauss, il faut reconna”tre, que les Musulmans, de l'autre c™tŽ, n'ont pas encore engagŽ une vŽritable relecture critique de leur histoire, du Coran, de la tradition et de l'implication de l'Islam dans la modernitŽ.
C'est ce que nous apprend Abdellah Laroui, dans son oeuvre savante, sur les crises dont il a eu ˆ traiter, celle des intellectuels, du pouvoir politique et de la rŽforme culturelle avortŽe.
"L'islam, passion fran�aise. Une anthologie", prŽface de Malek Chebel, publiŽ chez Bartillat, vient bousculer des prŽjugŽs vŽhiculŽs sur les interprŽtations de l'Islam et du monde musulman par des non-musulmans.
A l'Žcole, on a longtemps favorisŽ l'interprŽtation anti-colonialiste, pour se dŽbarrasser et du "dŽmon", le colon et de "l'ange", la rationalitŽ accusŽe d'impŽrialisme et rejetŽe comme responsable de domination, tout autant que son utilisateur.
On conna”t la phrase incendiaire de Kateb Yassine, la culture fran�aise considŽrŽe comme un "butin de guerre", par l'auteur de "Nejma".
Cette position est, aujourd'hui, remise en cause par les adeptes du bilinguisme, dont Abdelfattah Kilito (voir son hommage ˆ Ahmed Sefrioui au Centre de recherche scientifique) ou encore ceux qui, de plus en plus nombreux, revendiquent la rŽhabilitation du patrimoine colonial.
Hassan Aourid, prŽsident du Centre de recherche Tarik Ibn Ziyad a, rŽcemment, donnŽ une brillante confŽrence ˆ l'invitation de l'association "La CohŽsion Marocaine pour la Culture et les Arts", o� il a fait un rappel historique exhaustif mais n'a retenu de l'ethnologie coloniale que son c™tŽ nŽgatif, savamment dŽnoncŽ par Abdelkbir Khatibi et particuli�rement avec son article incendiaire et "blasphŽmatoire", publiŽ sur Jacques Berque dans la revue sartrienne, "Les Temps Modernes".
Quand on conna”t les liens qui unissaient un Allal Al Fassi ou Abdelkrim Ghallab ˆ l'orientaliste, traducteur du Coran, on est quelque peu courroucŽ, par le sort rŽservŽ ˆ cette "passion fran�aise" ou occidentale du Maroc.
A quand une dissociation entre nationalisme et nationalitarisme, en ces temps o� les spŽcificitŽs seront appelŽes ˆ surmonter la mondialisation ou ˆ la subir, pour souffrir un autre impŽrialisme ?
"L'islam, passion fran�aise" vient, lui, ˆ un moment opportun, pour acculer les "nŽgationnistes" de tous bords, du Sud de la MŽditerranŽe, ˆ plus de savoir et de modŽration, ˆ propos des intellectuels europŽens sur l'Islam et, indirectement sur le Maghreb, avec Voltaire, Massignon, Pascal, Victor Hugo, Maxime Rodinson, Maupassant, Montesquieu (!), Aragon, Cocteau, Albert Londres, Maurice Barr�s, Fran�ois Mauriac ou Ernest Renan...
Il n'y a jusqu'ˆ Kateb Yassine qui n'ait ŽtŽ sŽlectionnŽ, avec un texte intitulŽ "Je reviens de la Mecque", o� il narre son pŽlerinage, comme l'a fait rŽcemment l'anthropologue marocain Abdellah Hamoudi avec "Une saison ˆ la Mecque" ( sur lequel nous reviendrons).
Malek Chebel nous apprend, dans la prŽface, que Kateb Yassine, qui avait vingt ans et voyageait en 4� classe du Providence, bateau affrŽtŽ pour conduire les p�lerins ˆ Djeddah, devait jouer des coudes pour assister ˆ une confŽrence de Abdeslem El Fassi, notable plut™t respectŽ de Sa MajestŽ le Sultan du Maroc : "J'ai toutes les peines du monde ˆ me glisser parmi les assistants".
0n retiendra, aussi, les propos du prŽfacier ˆ propos d'Ernest Renan " qui symbolise ˆ lui seul l'intrusion de la pensŽe critique gagnŽe par le progr�s et l'ŽlŽvation vers une forme de rationalitŽ qui marquerait l'"‰ge adulte" de la pensŽe. Ainsi parlait-on ˆ l'Žpoque, sans se cacher, ainsi pense-t-on aujourd'hui sans trop le dire ! ".
Il y a eu Žgalement ceux qui sont revenus "transformŽs, illuminŽs, ˆ moins de vŽgŽter longtemps au fond d'un cachot sombre, ˆ Harar, en Abyssinie, comme ce fut le cas pour Arthur Rimbaud, qui mourut amputŽ d'une jambe, dans un h™pital marseillais".
Malek Chebel conclut: "Il nous reste une certitude: l'Islam n'a pas fini d'agiter la conscience occidentale, en remuant chez elle autant les tensions les plus enfouies et les refoulements que les saines espŽrances...".


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