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La caricature s'en mêle
Publié dans La Gazette du Maroc le 25 - 04 - 2005


Réforme de la Moudawana
Le Maroc bouge et il a réussi de nombreux changements, dont celui, qui revêt une importance historique, l'institution d'un code de la famille.Le nouveau texte, qui révise et annule l'ancienne Moudawana, passe pour avant-gardiste, par rapport à l'Algérie voisine, voire même à la Tunisie, à propos notamment des droits politiques, sans parler des autres pays arabo-musumlmans où l'association de la femme à la gestion publique relève du pêché et de la honte.
Dans beaucoup de pays arabo-musulmans, elle ne vote pas, elle est écartée des compétitions sportives, ne conduit pas de voiture, ne passe pas de transactions et ne s'affiche pas en public, tête nue. Kaci, caricaturiste algérien, né à El Jadida avait été l'auteur, il y a une trentaine d'années, du beau "A bas les voiles", où il a mis toute son intelligence, son humour et sa culture, pour mettre en situation satirique les barbus, les voilées et autres enturbannés bien installés dans leurs fantasmes phalliques, imposteurs et polygames. C'était bien avant l'arrivée en force des intégristes, de Ben Laden et autres kidnappeurs barabres de bergères et de vierges dans les Aurès.
Kaci n'a pas vu son album, qui a décroché de nombreux prix à l'échelon international, servir de livre de référence et de livre de chevet aux gouvernants arabes de l'époque, qui lui ont opposé la censure primaire. Et il n'y a qu'au Maroc et au Liban où l'album avait été distribué, tandis que partout ailleurs, il a été interdit. Heureux qui en possède un exemplaire, aujourd'hui, dans le monde arabe !
La caricature a été malmenée et longtemps considérée comme moyen d'expression subversif et dangereux pour des normes et des valeurs, bien installées, anachroniques et opposées à la modernité. On était loin de la "femme avenir de l'homme", chantée par le poète Aragon.
Certes, on a toujours caricaturisé, sans s'inquiéter en Egypte, mais on se suffit, de l'autre côté du Nil, de considérer la femme comme objet de décoration et d'humour sexiste où elle sort rarement grandie, pour prendre les choses en main.
Le cinéma égyptien, de Chadi Abdessalam ou Youssef Chahine, fait montre de plus d'intelligence et d'engagement à propos du sexe dit faible, avec les efforts de Nawal Saâdaoui, dont l'action est proche de Rita El Khayat au Maroc et qui a osé interroger la sexualité dans son pays et dans le monde arabe.
Mais si le code marocain de la famille se révèle libérateur et émancipateur, beaucoup reste à faire, pour l'imposer aux magistrats sans formation et/ou récalcitrants et, aussi, pour le vulgariser.
Vaste programme que celui de la vulgarisation d'un texte rédigé en arabe classique et récemment traduit en français et qui comprend pas moins de 400 articles, pas faciles à décortiquer, y compris par les spécialistes.
Beaucoup rêvent de voir le code transcrit en arabe dialectal (Darija) et en Tamazight, mais en attendant, 14 caricaturistes sont appelés à travailler sur le code de la famille, pour l'illustrer, le rendre plus explicite ou en faire une lecture critique, à coup de plumes.
Il s'agit de Amine (Le journal), Larbi Sebbane (Al Alam), Mohamed Beyoud (Exit), Belaïd (Al Bayane), Bearboz (Tel Quel), Alexis Logié (Femmes du Maroc), Nathalie Logié-Manche (Femmes du Maroc), Lahsen Bakhti ( Al Ittihad Al Ichtiraki), Rik (L'économiste), Derkaoui (Assahra Al Maghribia et Majalat Al Anbaa), Naji Bennaji (Version Homme et Almoustaquil), Nordine Bennani (Le journal) et Slim (La Vie Economique).
Slim n'est plus à présenter et il est devenu légendaire, tout autant que son personnage Bouzid, qu'il a ressuscité et fait revenir en Algérie, après plusieurs années d'exil au Maroc et en France, suite à la condamnation à mort du dessinateur, par affiche placardée dans une mosquée de la capitale algérienne.
Dans son dernier album, on retrouve tout ce monde horrible des faux barrages, de la bureaucratie et autre arbitraire imposé, au quotidien, par des énergumènes, les deux faces d'une même pièce, secrétée par la dictature, l'absence de liberté et de démocratie.
Tous ces caricaturistes, qui sont les auteurs d'une exposition réussie à l'occasion du 8 mars et de la journée mondiale de la femme (l'exposition se déroule toujours à l'Ecole des Beaux Arts à Casablanca et se poursuivra à Mohammédia et dans d'autres villes du pays), vont plancher sur le Code de la famille et le statut de la femme, pour la prochaine sortie d'un album, à l'initiative de GTZ, agence de coopération allemande, de Jamila Seftaoui et du critique Aziz Daki, deux spécialistes de la caricature.
Ce travail, indépendant, ne subira aucune censure et permettra une lecture de la Moudawana destinée à la mettre en valeur, dans ce qu'elle a de positif et de plus faillible, en zoomant sur son aspect satirique.


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