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Halte à la parano !
Publié dans La Gazette du Maroc le 13 - 02 - 2006

Climat de défiance, théorie du complot… Au travail, dans le couple ou entre amis, d'où vient cette suspicion qui peut aller jusqu'au délire ?
À la maison, vous laissez toujours le verrou fermé et la clef dans la serrure. Au boulot, il vous arrive souvent de penser que quelqu'un a touché à vos affaires ou fouillé dans votre ordinateur. Vous avez l'impression que vos voisins vous écoutent, que vos mails sont surveillés… Bref, vous virez un peu parano. Certes, nous avons tous nos petites manies, qui nous permettent de nous structurer. Mais lorsque ces gestes mettent en jeu la méfiance et la peur des autres, il peut exister un malaise, une sorte de paranoïa.
Véritable effet de la vie moderne, celle-ci semble gagner de plus en plus de monde, car nous sommes continuellement sous pression, au travail comme chez soi. Stress et obligation de performance nous obligent à anticiper tout obstacle.
Dans un environnement de plus en plus concurrentiel, nous nous méfions de tous ceux qui risquent de nous mettre des bâtons dans les roues ou de s'approprier notre travail. Il est également vrai que l'on est aussi contaminé par les médias, dont l'un des thèmes de prédilection, « l'insécurité », crée la phobie de se promener tard le soir ou de prendre les transports en commun. Des évènements graves peuvent également créer de réelles inquiétudes : ainsi, les attentats du 11 septembre 2001, par exemple, ont entraîné, dans le monde entier, une défiance des voyages en avion.
Crises de susceptibilité
Les «paranos» sont partout. Vous avez certainement dans votre entourage un mari, un collègue, une amie paranoïaque. Certains sont agressifs et se sentent persécutés, d'autres crient au complot, ou encore sont d'une jalousie maladive. Souvent, ce sont en réalité des personnes qui projettent leurs difficultés sur autrui, plus que de raison. Et ils peuvent causer beaucoup de torts à ceux qu'ils croisent sur leur route. Pour commencer, il faut les repérer, ensuite, ne surtout pas leur dire qu'ils sont « paranos ». Enfin, selon les cas, il faut adopter des comportements qui peuvent vous simplifier la vie. Si, par exemple, une amie a pour habitude d'interpréter vos faits et gestes, le plus souvent dans le sens négatif, c'est que sa vision de la réalité est troublée par un doute permanent vis-à-vis d'elle-même. Un conseil : lors de ses crises de susceptibilité, ne prenez pas ses remarques à titre personnel, évitez les phrases à double sens ou les pointes d'humour qui risquent d'être interprétées de travers. En règle générale, laissez passer l'orage. Autre exemple, si un collègue, au bureau, joue les persécutés, commet des erreurs et accuse les autres, c'est qu'il s'agit d'un « parano sensitif ». C'est-à- dire un individu qui a la sensation d'être épié et menacé. Mais au lieu de passer à l'attaque, il devient triste, se sent faible et peu sûr de lui. La solution ? Ne pas émettre de critiques générales, accompagner vos propos de remarques positives. Et surtout, éviter de devenir paranoïaque à votre tour.
En effet, nous avons tous des composantes paranoïaques. Pour certains experts, la paranoïa est à la base un mécanisme de défense et de protection de l'intégrité physique de l'individu. C'est ce qui nous permet de ne pas être complètement perméables aux opinions d'autrui, de construire notre propre personnalité, éventuellement de tenir tête et de développer une pensée originale.
Quand la parano devient pathologique…
Mais chez certaines personnes, ce système dérape et la paranoïa devient pathologique. Le délire paranoïaque s'installe généralement dans l'ordre, la cohérence et la clarté, à tel point que l'entourage peut parfois douter. Maladie psychiatrique assez grave, le délire paranoïaque fait partie des psychoses : la personne atteinte ne se rend pas compte de sa maladie. Les personnalités paranoïaques se caractérisent toutes par quelques traits fondamentaux : une surestimation pathologique de soi-même, un orgueil anormalement développé, une méfiance extrême à l'égard des autres, une grande difficulté à remettre en cause ses jugements ou son raisonnement, une susceptibilité démesurée, un jugement faussé, de l'autoritarisme. Ce trouble de la personnalité, assez répandu, est plus fréquent chez l'homme et dans les couches sociales favorisées. Et tous les sujets au caractère paranoïaque ne feront pas un délire, loin s'en faut.
Mais si tel est le cas, la maladie s'installera progressivement vers 35 – 45 ans. Dans le délire, on retrouvera tous les caractères de la personnalité paranoïaque, mais exacerbés, avec souvent une froideur affective, un besoin de dépendance de l'autre envers lui, un entêtement irraisonné, des attitudes asociales et procédurières. Dans cette perte de contact avec la réalité, le délire est en général bien organisé autour d'un thème principal lié à la conviction d'être persécuté. Le malade interprète alors tous les éléments de la vie quotidienne à partir de cette conviction, et réorganise la réalité de façon délirante, souvent avec une grande exaltation et en croyant fermement à ses interprétations. En cas de fixation des idées délirantes sur une personne précise, il existe un risque d'agressivité de la personne malade sur cette personne qui, pense-t-il, le persécute. Si le malade devient dangereux, le traitement est difficile en dehors d'un placement en milieu psychiatrique. Et souvent, le paranoïaque refuse toute aide car il ne se sent pas malade mais, au mieux, seulement incompris… En ce qui concerne les traitements médicamenteux, seuls les neuroleptiques sont efficaces, couplés à une psychothérapie.
Pour finir, notons cette étrange caractéristique : la paranoïa est la seule forme de maladie mentale connue qui ne soit pas liée à une faiblesse mentale. Elle serait même, selon une étude américaine, corrélée de façon très légèrement positive au QI. Paranos de tous bords, consolez-vous…
La paranoïa selon Freud
Sigmund Freud part du principe que la paranoïa s'est construite en défense face à un désir homosexuel, avec construction d'un délire de persécution. La base du conflit serait : « J'aime un homme » (éprouvé un désir homosexuel – ou «j'aime une femme », pour une femme.) transformé en « je le hais » (mécanisme de contre-investissement), et aboutissant à « il me hait » (mécanisme de projection). De ce fait, le sujet paranoïaque n'est « haï » que par les gens auxquels il voudrait ressembler (vis-à-vis desquels il ressentirait plutôt de l'attirance, un désir d'identification). Il ne choisit l'objet aimé/haïssant qu'en fonction de critères narcissiques.
Les pulsions homosexuelles se sont sublimées en pulsions sociales, permettant au paranoïaque d'accéder à des postes sociaux clefs. Quand rien n'entrave cette sublimation, tout va bien car socialement ce n'est pas culpabilisant. Mais dès qu'intervient une trop forte poussée de pulsion homosexuelle, seul le délire est alors apte à l'évacuer.
Les délires paranoïaques
Les thèmes sont variés. En voici un petit tour d'horizon, non exhaustif :
Les délires de revendication
Ils concernent les voisins, la famille, etc. Le malade va multiplier les procédures contre ses entrepreneurs, médecins, employeurs. Après un accident, il va réclamer une pension d'invalidité ou une augmentation de la rente, va persécuter la sécurité sociale, les experts, l'éventuel responsable de l'accident, les avocats, les médecins...
Le délire de jalousie
Chaque regard, parole, retard du conjoint, sera interprété comme un acte d'infidélité.
Le délire érotomaniaque
Il touche le plus souvent la femme. Elle se croit, à tort, aimée par un tiers (souvent d'un rang social élevé). Le point de départ peut être un regard, une parole, etc., mal interprétés. Ensuite le délire va s'organiser. Elle aura l'illusion d'être courtisée ou d'avoir des rapports à distance par exemple. Ce délire comporte souvent 3 étapes : une phase d'espoir souvent longue puis une phase de dépit suivie d'une phase de rancune pouvant aller jusqu'au meurtre.
Le délire de persécution
Le malade est persuadé qu'un complot est dirigé contre lui. Toute parole ou acte extérieur sera interprété en fonction de ce délire.


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