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Abderrahim Tounsi : “On me laisse souffrir tranquillement dans mon petit coin…”
Publié dans La Gazette du Maroc le 13 - 03 - 2006

Depuis le début des années 60, son étoile n'a cessé de briller dans le ciel de l'humour et des gags. Et il continue toujours sur sa lancée, avec la même audace, la même fougue, la même volonté et la même ténacité. Ainsi, “Abderraouf” -de son vrai nom Abderrahim Hammouda Tounsi - se trouve à juste titre considéré comme le plus ancien humoriste marocain. Cet humoriste hors pair qui a fait tant rire les foules depuis presque 50 ans est au fond de lui assez triste et chagriné. On lui met trop de bâtons dans les roues pour d'obscures raisons.
Samir El Mellali : Vous avez quitté votre emploi à la Somaca au début des années 70 pour vous consacrer exclusivement au domaine artistique. Le regrettez-vous aujourd'hui ?
Abderrahim Hammouda Tounsi : Oui, je le regrette amèrement. Si j'étais resté, au moins j'aurais eu ma retraite et ma pension de la CNSS aujourd'hui comme tout le monde…., mais j'avais cru en me consacrant corps et âme à mon art, en lui offrant tout mon temps, que j'allais nager dans le bonheur. Mais, rien de tout cela n'est arrivé. Heureusement que j'ai toujours l'amour du public qui compense un peu le côté matériel qui fait défaut.
À propos, on sait que vous êtes parmi les artistes marocains les plus démunis matériellement, en plus de votre maladie. Demande-t-on, de temps en temps, de vos nouvelles ou bien vous laisse-t-on souffrir “tranquillement” dans votre petit coin ?
Mais vous rêvez ou quoi ? Vous ne savez pas que dans le monde cruel de l'art, il n'y a hélas plus de nos jours qu'indifférence et manque manifeste de soutien. Et l'on me laisse souffrir “tranquillement”, comme vous dites, dans mon petit coin. Peut-être craint-on de me déranger !
En voulez-vous à quelqu'un dans tout ce qui vous arrive ?
En réalité, je n'en veux à personne. Mais, que voulez-vous, le sort de nos artistes est ainsi scellé. Il faut soit s'adapter, soit périr. Moi, je suis en train de périr…
Vu votre désolante situation matérielle, comment donc parvenez-vous à joindre les deux bouts et à faire vivre votre petite famille étant donné les exigences de la vie ?
Joindre les deux bouts, c'est trop dire ! Moi, je me démène dans tous les sens pour joindre plusieurs bouts. Et je n'y arrive que rarement.
Loin des problèmes d'argent, après presque un demi-siècle de présence dans le monde de l'humour, Abderraouf est-il content de son apport à notre domaine artistique ?
Ah oui ! Là, je suis content de ce que j'ai fait et ce que je donne encore dans le domaine. Enfin, c'est au public qui reçoit de juger. Même face aux circonstances les plus difficiles, j'essaie de rester debout, de ne pas plier.
En voulez-vous à ceux qui continuent de vous marginaliser comme ça, gratuitement… et par méchanceté sadique ?
Ceux-la, je les livre à leur conscience tout simplement. Et, tôt ou tard, cette dernière finira par les châtier.
Les tarifs des tickets d'entrée à vos spectacles sont les moins chers, 4,5 ou 6 DH, y a-t-il une raison précise à cela ?
Effectivement. L'unique raison est de permettre aux gens, surtout les plus démunis, de venir assister à un spectacle d'humour afin de changer un peu d'ambiance et oublier leurs problèmes.
Peu de gens savent que vous avez fait de la résistance du temps du protectorat français. En avez-vous tiré un quelconque bénéfice après l'indépendance de notre pays ?
Aucun ! Vous voyez bien la situation matérielle dans laquelle je me débats. Moi, je ne suis pas profiteur ou quelque chose comme ça. J'ai fait ça par devoir, par amour pour mon pays. C'est tout.
Compte tenu de votre malheureuse expérience, quels conseils donneriez-vous donc à ceux qui veulent s'aventurer dans le domaine du théâtre humoristique ?
Alors là, il faut qu'ils soient très rusés vu les circonstances dans lesquelles ils vont travailler.
Après tout ce qui vous est arrivé ces dernières années avec la TVM et la 2ème chaîne, avez-vous une rancune contre ces deux organismes ?
Un peu, mais je laisse aller les choses. Plusieurs fois j'ai été privé de mes droits, mais ce n'est pas la fin du monde pour moi. La vie continue, Dieu merci.
On dit de vous que vous êtes timide, renfermé et que vous n'osez même pas réclamer vos droits légitimes. Est-ce vrai ?
Absolument. Et c'est ce qui m'a perdu. Je ne réclame rien. Je laisse le soin aux autres de comprendre. Mais je constate que c'est trop leur demander.
Et vous ? Qu'avez-vous à demander aux responsables ?
Qu'ils s'occupent un peu d'un grand nombre d'artistes marocains qui s'éteignent en silence sous nos yeux.
Quel est votre plus grand souhait, Abderraouf ?
Vivre sereinement, sans avoir à souffrir tout le temps de ces satanés problèmes d'argent.
Mais il n'y a pas que l'argent dans la vie ! Vous ne trouvez pas ?
Euh… oui ! Néanmoins, il est très difficile et insupportable de vivre sans argent.
Pour terminer sur une note d'argent : si vous devenez subitement riche, et même très riche, quelle serait la première bonne action que vous allez faire ?
Se porter sans tarder au secours de tous les artistes qui souffrent comme moi et qui, par dignité, n'osent rien demander à personne.


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