Au-delà des performances financières affichées à fin 2025, les données communiquées par le premier groupe privé de santé sont assez éloquentes. Elles mettent en lumière un réseau hospitalier moderne qui contribue activement à redessiner l'accès aux soins au Maroc, en dehors de l'axe Casa-Rabat. Décryptage. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Pendant des décennies, les traitements vitaux et les équipements médicaux les plus avancés (réanimation, chirurgie spécialisée, radiothérapie ou médecine nucléaire) étaient essentiellement concentrés dans quelques grands centres urbains. Une centralisation qui obligeait souvent les patients de régions reculées à parcourir de longues distances pour accéder aux soins spécialisés. Les efforts des pouvoirs publics déployés ces dernières années sont en train de transformer ce malheureux diagnostic, entre autres, à travers l'implémentation d'un CHU dans chacune des régions et la mise à niveau de milliers de centres de soins. Le secteur privé n'est pas en reste dans cet effort national de renforcement du maillage territorial d'accès à des services médicaux de haute qualité. En témoignent les chiffres révélés par le groupe Akdital, en marge de la présentation de ses comptes 2025. En développant 75% de sa capacité litière hors Casablanca et Rabat, le groupe dirigé par Dr Rochdi Talib contribue à rapprocher la médecine spécialisée des populations et à renforcer l'équilibre territorial du système de santé. D'ailleurs, trois admissions sur quatre (sur les 1,15 million enregistrées en 2025) ont été effectuées en dehors des deux capitales économique et administrative. En matière de réanimation et cardiologie, 70% des capacités d'Akdital sont situées en dehors de Casablanca et Rabat, soit 1.138 lits dans les autres villes du Royaume (contre 488 à Casa-Rabat). Cette présence régionale se reflète également dans l'activité médicale. Sur 103.380 patients pris en charge en réanimation, 76% l'ont été dans les établissements situés hors des deux villes stratégiques. Une nouvelle géographie des soins La chirurgie constitue un autre indicateur clé de la capacité hospitalière. Le réseau Akdital compte 243 blocs opératoires, dont 183 situés hors Casablanca et Rabat. Ces infrastructures ont permis au groupe de réaliser un volume d'activité considérable : 149.716 actes chirurgicaux ont été effectués au sein du réseau. Parmi eux, plus de 103.000 interventions ont été réalisées dans les établissements régionaux, confirmant une fois de plus la contribution majeure des cliniques situées hors des deux grandes villes. Le groupe dispose également d'une activité importante en chirurgie cardiaque, avec 3.323 opérations réalisées, dont plus de la moitié dans les régions. Concernant la radiologie, le réseau Akdital s'appuie sur 190 équipements d'imagerie médicale répartis dans ses établissements. Dans ce domaine, 74 % des équipements sont situés hors Casablanca et Rabat, soit 141 appareils. Là encore, l'activité reflète cette répartition : sur 273.719 actes de radiologie réalisés, plus de 202.000 ont été effectués dans les établissements régionaux. Cette présence technologique dans les régions permet d'améliorer la rapidité du diagnostic et d'éviter de nombreux déplacements pour les patients. Idem pour l'oncologie : le groupe dispose de 437 fauteuils de traitement de chimiothérapie, dont 354 situés hors Casablanca et Rabat, qui ont permis de prendre en charge près de 80 % des 87.661 séances. Dans le domaine de radiothérapie, 23 accélérateurs linéaires (sur les 28 que compte le groupe) sont installés en dehors des deux capitales, ce qui a permis de traiter 10.683 patients dans les régions. Enfin, la médecine nucléaire, technologie avancée utilisée pour le diagnostic et certains traitements, compte 8 centres au sein du réseau, dont 6 situés hors Casablanca et Rabat. En développant des infrastructures médicales modernes dans plusieurs villes du pays, Akdital contribue à réduire les inégalités territoriales dans l'accès aux soins. Pour les patients, cela signifie moins de déplacements coûteux et parfois difficiles vers les grandes métropoles. Pour les médecins, cela crée de nouvelles opportunités d'exercer dans des structures de haut niveau en dehors des principaux centres urbains. Cette dynamique accompagne également les réformes engagées par le Maroc en matière de généralisation de la couverture médicale et de modernisation du système de santé.