Les projets engagés misent sur la réhabilitation des écosystèmes, la valorisation des filières forestières et l'appui aux populations locales. À Taroudant, un nouveau plan forestier provincial de 705 millions de dirhams a été lancé. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Dans le Souss-Massa, la politique forestière cherche désormais à dépasser la seule logique de préservation. La visite de terrain effectuée lundi 6 avril dans la préfecture d'Agadir Ida-Outanane et la province de Taroudant, sous la présidence d'Abderrahim Houmy, directeur général de l'Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), en présence du wali de la région, Saaïd Amzazi, et du gouverneur de Taroudant, Mabrouk Tabet, a illustré cette évolution. L'enjeu n'est plus uniquement de protéger les écosystèmes, mais de faire de la forêt un levier de résilience territoriale et de développement local. L'approche mise en avant par l'ANEF repose sur trois axes : la préservation des ressources naturelles, la valorisation économique des filières forestières et l'amélioration des conditions de vie des populations locales. Cette orientation se traduit par plusieurs chantiers déjà engagés, notamment la régénération de l'arganeraie à travers des techniques innovantes et un mode de gestion participatif avec les organisations de développement forestier, le développement des filières des plantes aromatiques et médicinales dans le cadre de partenariats public-privé, ainsi que l'implication des associations sylvopastorales dans la gestion durable des périmètres de régénération. Dans une région particulièrement exposée aux effets du changement climatique, la remise à niveau des écosystèmes forestiers devient un enjeu de premier plan. C'est dans cette perspective que l'ANEF déploie dans le Souss-Massa un programme de travaux biologiques doté de 2 milliards de dirhams sur la période 2021-2030. Ce programme prévoit la régénération de 50.000 hectares d'arganeraie, le reboisement de 5.000 hectares, la lutte contre la désertification sur 4.000 hectares, ainsi que des actions de conservation des eaux et des sols. Entre 2020 et 2025, plus de 10.000 hectares ont déjà été plantés dans la région. Lors de cette visite, l'ANEF a également présenté le dispositif Waterbox, une technologie innovante de reboisement en milieu aride, conçue pour optimiser l'usage de l'eau et améliorer la survie des jeunes plants dans des conditions climatiques difficiles. Testée dans le Souss-Massa, cette solution a permis d'obtenir des taux de survie supérieurs à 95% et a déjà été déployée sur plus de 1.200 hectares dans la région. La visite a aussi été marquée par le lancement du Plan forestier provincial de Taroudant 2026-2030, doté d'un budget de 705 millions de dirhams. Ce plan comprend huit projets prioritaires portant sur la réhabilitation des écosystèmes forestiers, le développement de filières à fort potentiel, comme l'argan, le miel et les plantes aromatiques et médicinales, ainsi que la valorisation du patrimoine naturel, notamment autour du lac Ifni au sein du Parc national de Toubkal. L'ANEF mise également sur l'innovation. Un projet d'aquaculture en milieu désertique, doté de 20 millions de dirhams sur trois ans, a ainsi été présenté. Il vise le développement de systèmes de production intégrés, la promotion de l'entrepreneuriat des jeunes et des femmes, ainsi que la création d'un centre d'excellence dédié à la formation et l'innovation. Quatre conventions de partenariat ont par ailleurs été signées à cette occasion, illustrant le renforcement des coopérations entre acteurs institutionnels, économiques et locaux. Des ruches pleines, des plants fruitiers et des fours améliorés ont aussi été distribués au profit de coopératives et d'associations locales. À travers ces projets, l'ANEF confirme une orientation de plus en plus nette : faire de la forêt un espace productif, protégé et inclusif, au service de l'adaptation climatique et du développement durable des territoires.