Arrivée discrète mais enjeux élevés : Aziz Akhannouch a entamé au Caire une visite officielle qui pourrait redessiner les équilibres économiques entre le Maroc et l'Egypte. Au-delà du protocole, c'est une mécanique de coopération bilatérale qui s'enclenche, avec des implications directes sur l'investissement, le commerce et les grands projets structurants. Face à lui, le Premier ministre égyptien Moustafa Madbouli accueille une délégation marocaine particulièrement étoffée, signe que Rabat entend donner un poids politique fort à cette rencontre. L'objectif est clair : transformer des relations historiques en leviers économiques concrets, notamment dans l'industrie, l'agriculture, les infrastructures et les investissements croisés. Dans cette dynamique, plusieurs figures clés accompagnent le chef du gouvernement, dont Nasser Bourita, Nadia Fettah et Riad Mezzour. Une présence qui traduit une approche transversale : diplomatie, finances et industrie avancent désormais de manière coordonnée pour capter de nouvelles opportunités sur le marché égyptien. Le Comité de coordination et de suivi Maroc-Egypte, au cœur de cette visite, ne se limite pas à un cadre institutionnel. Il sert de plateforme opérationnelle pour débloquer des projets, fluidifier les échanges commerciaux et identifier des secteurs à fort potentiel. Dans un contexte régional marqué par une concurrence accrue pour attirer les capitaux et développer des hubs industriels, Rabat et Le Caire cherchent à aligner leurs stratégies. Derrière les réunions officielles, un enjeu plus large se dessine : positionner le Maroc comme un acteur clé des partenariats Sud-Sud, capable de tisser des alliances économiques solides avec des puissances régionales comme l'Egypte. Une orientation qui pourrait, à moyen terme, influencer les flux d'investissements et redéfinir certaines chaînes de valeur entre l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient.