Le Royaume confirme sa volonté de devenir une référence régionale en matière de tourisme durable et communautaire. En s'appuyant sur l'expertise de la SMIT, la crédibilité internationale d'ONU Tourisme et la mobilisation des entrepreneurs locaux, le pays cherche à faire émerger une nouvelle génération de projets touristiques à fort impact économique et social. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Le Maroc franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de développement touristique. À l'occasion de la Conférence internationale sur l'innovation et l'investissement touristique, organisée le 24 avril à Marrakech, le ministère du Tourisme, la Société marocaine d'ingénierie touristique (SMIT) et ONU Tourisme ont annoncé le lancement du «Morocco Rural & Community Tourism Investment and Innovation Challenge», destinée à stimuler l'innovation dans les territoires ruraux et les communautés locales du Royaume. Plus qu'une compétition nationale, le «Morocco Rural & Community Tourism Investment and Innovation Challenge» est une initiative qui marque une inflexion importante : elle vise à élargir la dynamique de modernisation du tourisme marocain au-delà des grandes villes et des destinations classiques, pour mettre en lumière les potentialités économiques, culturelles et naturelles des zones rurales. Objectif : faire du tourisme durable un moteur de croissance inclusive, créateur d'emplois et de valeur au profit des populations locales. Le lancement de ce challenge s'inscrit dans la continuité des hautes orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui placent le développement territorial, la diversification économique et la réduction des disparités régionales au cœur du modèle de croissance national. Dans cette vision, le tourisme de nature et communautaire apparaît aujourd'hui comme un levier stratégique capable de concilier performance économique, préservation du patrimoine et inclusion sociale. Le Maroc mise depuis plusieurs années sur un tourisme plus résilient et mieux réparti géographiquement. À travers cette nouvelle compétition, le Royaume entend donner une traduction concrète à cette ambition en soutenant des projets ancrés dans les réalités locales, portés par les habitants eux-mêmes et capables de répondre aux attentes du marché international. Miser sur les territoires ruraux Longtemps restés en marge des grands circuits touristiques, les espaces ruraux du Royaume disposent pourtant d'atouts majeurs : paysages naturels variés, artisanat authentique, traditions vivantes, gastronomie régionale, hospitalité reconnue et richesse culturelle exceptionnelle. Avec ce challenge, les organisateurs souhaitent capter ce potentiel encore largement sous-exploité. L'idée est de faire émerger de nouvelles offres touristiques reposant sur l'immersion, la proximité avec les habitants, la découverte du patrimoine naturel et l'expérience humaine. Le programme s'adresse ainsi aux start-up en phase d'amorçage, PME, coopératives, organisations communautaires et entrepreneurs sociaux opérant dans les zones rurales marocaines ou démontrant un impact mesurable sur les communautés locales. Afin de couvrir l'ensemble des enjeux du tourisme rural durable, la compétition repose sur trois grandes catégories complémentaires. La première, baptisée «Prosperity», cible les projets capables de générer une valeur économique durable dans les destinations rurales. Elle concerne notamment le développement d'offres touristiques innovantes, la structuration de filières locales, la mise en relation des acteurs ruraux avec les marchés nationaux et internationaux, ainsi que les solutions de financement ou de commercialisation innovantes. «L'ambition est de démontrer qu'un projet implanté en milieu rural peut être rentable, duplicable à grande échelle et attractif pour les investisseurs privés. Le message est fort : le tourisme rural n'est pas une activité marginale ou caritative, mais un véritable secteur économique d'avenir», assure-t-on auprès de la SMIT. La deuxième catégorie, «Planet», récompense les initiatives plaçant la préservation de l'environnement au centre de leur modèle économique. Sont particulièrement visés les projets de tourisme régénérateur, la gestion durable de l'eau, de l'énergie et des ressources naturelles, l'intégration des énergies renouvelables dans les structures touristiques, et les outils numériques de mesure de l'impact environnemental. Enfin, la troisième catégorie, «People», place les communautés au cœur du développement touristique. Elle met en avant, entre autres, les entreprises portées par des femmes ou des jeunes, les modèles coopératifs et participatifs, la valorisation du patrimoine immatériel. Un accompagnement au-delà de la récompense Les porteurs de projets retenus bénéficieront d'un dispositif d'accompagnement ambitieux, conçu pour transformer les idées innovantes en entreprises viables et attractives. Parmi les avantages annoncés : un accompagnement technique et stratégique de haut niveau, l'intégration au réseau mondial d'innovation d'ONU Tourisme, un accès privilégié aux partenaires stratégiques du concours, et l'opportunité de présenter leurs solutions lors de la finale internationale qui sera organisée en septembre 2026. Ce positionnement confirme la volonté des organisateurs d'aller au-delà d'une simple remise de prix. Le challenge se veut un accélérateur de projets, capable d'ouvrir des débouchés commerciaux et des perspectives d'investissement concrètes. Au-delà de la compétition, le message adressé aux innovateurs marocains est limpide : l'avenir du tourisme ne se construira pas uniquement dans les grandes stations ou les centres urbains, mais aussi dans les villages, les montagnes, les oasis et les territoires vivants du Royaume. Le tourisme de demain, plus responsable, plus humain et plus ancré dans les réalités locales, pourrait bien prendre racine dans les campagnes marocaines.