Coronavirus : 36 nouveaux cas confirmés au Maroc, 919 au total, samedi à 21h    Kenzi Hotels héberge le personnel médical    Liga : Achraf Hakimi retrouve le Real Madrid    Fadel Sekkat tire sa révérence    Le Roi félicite le président sénégalais à l'occasion de la fête de l'indépendance de son pays    Coronavirus : selon le prix Nobel d'économie 2019, il ne faut pas s'inquiéter de la facture de la crise sanitaire    Coronavirus : les autorités marocaines prennent en charge les Marocains bloqués en Turquie    Marrakech: Environ 1400 chambres d'hôtels mises à disposition du corps médical    Golf : Report de la 47è édition du Trophée Hassan II et de la 26è édition de la Coupe Lalla Meryem    Fonds Covid-19 : L'ANAM fait don de 10 MDH    Mali : le chef de l'opposition enlevé « va bien », les négociations pour sa libération sont en cours    Coronavirus : La Maison-Blanche conseille le port du masque    Commande publique : une réponse urgente à la pandémie Covid19    Coronavirus : un infirmier italien tue sa compagne pensant qu'elle l'avait contaminé    Covid19: Aucun cas en Corée du Nord ?    De la musique de chambre, depuis sa chambre    Coronavirus : Nezha El Ouafi décrypte sur MFM Radio les mesures prises au profit des MRE    Le PPS appelle à un large débat sur la crise et l'après-crise du Coronavirus    Le gouvernement britannique appelle les joueurs de foot à réduire leur salaire    L'administration publique entre à petits pas dans l'ère du numérique    Retour à la prudence sur les marchés mondiaux    Allégement du déficit du compte courant    Les soldats de l'ombre en rangs serrés contre le Covid-19    Athlétisme: Le programme antidopage mondial fortement affecté    4.835 personnes poursuivies pour violation de l'état d'urgence sanitaire    L'hôpital de campagne de Benslimane prêt à entrer en action    Mobilisation générale contre le coronavirus dans la région de Marrakech-Safi    Report des JO: Des coûts additionnels pour le Japon et la famille olympique    Clap de fin sur la série "Le Bureau des légendes"    Reprise belge du tube caritatif "We Are The World" pour remercier le personnel soignant    En pleine pandémie, une oeuvre de Mohamed Melehi bat tous les records aux enchères à Londres    Algérie : l'ex-chef de la police écope de 15 ans de prison    Harit renonce à une partie de son salaire    Union européenne : la fermeture des frontières pourrait durer au-delà de Pâques    Chelsea, la Juve, le Bayern et le PSG lorgnent Hakimi    Le musicien marocain avait contracté le Covid-19 : Décès à Paris de Marcel Botbol    Coronavirus : Quand les créations artistiques et littéraires passent au numérique    Une oeuvre de Mohamed Melehi bat tous les records aux enchères à Londres    «Masrah net»… des spectacles à suivre en direct depuis son salon    Crise du Venezuela: Le nouveau plan de Washington    Nouveau modèle de développement : La Commission spéciale et le ministère de l'éducation donnent la parole aux lycéens    Frontières maritimes : Entrée en vigueur et réserves espagnoles    Les agents d'autorité de la capitale s'estiment insultés par le Wali de Rabat-Salé Kénitra    Condition physique et mode alimentaire au profit des joueurs et joueuses : Le programme individuel spécial de la FRMF    Coronavirus : M'jid El Guerrab interpelle le ministre français de l'Education nationale    Le point avec Abdellah El Ouardi, préfet de police de Casablanca    Prochaine réunion à huis clos du Conseil de sécurité sur le Sahara    Condoléances du roi Mohammed VI à la famille de feu Marcel Botbol    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Sahara, droits de l'Homme et hypocrisies…
Par Mouna Hachim
Publié dans L'Economiste le 08 - 12 - 2010

«ش Liberté, que de crimes commis en ton nom!» se serait exclamée la figure de la révolution française, Manon Roland, égérie des Girondins, alors qu'elle montait sur l'échafaud pour y être guillotinée.
«Droits de l'Homme, que de crimes commis en votre nom!» ai-je envie de reprendre à mon tour, et beaucoup d'autres avec moi, devant l'hypocrisie du traitement du dossier du Sahara par ceux qui instrumentalisent des valeurs qu'ils sont les premiers à bafouer.
Hypocrisie du régime algérien qui prétexte le «droit du peuple sahraoui à l'autodétermination» tandis que lui-même dénie ce droit à son propre peuple, pour reprendre les mots-choc du leader du Front islamique du salut, Ali Belhadj (arrêté évidemment depuis!). Dénonçant ce cynisme, le numéro deux du FIS dissous a en effet particulièrement critiqué la dernière rencontre internationale organisée à Alger en présence de plusieurs dizaines d'activistes «militants des droits de l'homme» sur le droit des peuples à la résistance: le cas du peuple sahraoui» (comme s'ils pouvaient réserver la thématique aux peuples kabyles, touaregs ou basques!).
Ali Belhadj s'interroge quant à lui: «Pourquoi ce Comité n'a pas organisé un colloque sur la confiscation de la volonté populaire en Algérie? Ou sur les personnalités politiques algériennes interdites de parole? Est-ce que le Sahara occidental est plus important que la Palestine, que l'Irak ou l'Afghanistan?»
Dans la même veine, le leader islamiste accuse l'armée algérienne de graves atrocités et invite le représentant d'Alger auprès des Nations unies à demander à l'Organisation mondiale d'enquêter d'abord sur les événements d'Algérie en se demandant «comment un régime qui a commis tant de crimes à l'égard de son propre peuple peut donner aux autres des leçons en matière de respect des droits des peuples»…
La liste des duplicités est longue… Hélas, le régime algérien n'en détient pas le monopole. Que dire de la campagne hystérique menée par certains médias espagnols où rien n'a été épargné, depuis les graves manquements déontologiques jonglant entre fautes professionnelles et intentionnelles désinformations; jusqu'aux obsessions monomaniaques faisant figurer le Sahara tous les jours sur la Une comme s'il était encore la 53e province d'Espagne.
C'est que les droits de l'Homme ont bon dons, quitte à en travestir les valeurs: Exhiber comme preuves d'exactions marocaines à Laâyoune des images d'enfants victimes de la boucherie de Gaza (passées inaperçues pendant la tuerie en question!) tout en dissimulant la photo du gendarme marocain sauvagement égorgé ou cet autre dont on a souillé ignominieusement la dépouille, sans doute pour éviter de choquer les âmes à sensibilité variable…
Parler de génocide sans apporter la moindre preuve, si ce n'est les fantasmes macabres du Polisario, alors que le nombre de treize victimes (dont onze parmi les forces de sécurité) a été confirmé par Amnesty International et par Human Rights Watch… Regarder selon un cadrage biaisé, soit à travers un zoom grossissant (exemple: le tam-tam médiatique Aminatou Haidar) ou en minimisant au stade de blocus (avec pour illustration, l'arrestation illégale du dissident du Polisario Mustapha Ould Selma)… Faillir aux nobles valeurs de la presse en travestissant les faits, flattant les instincts populistes et blessant la dignité du peuple d'un pays souverain, par cette ingérence malsaine et arrogante touchant à son intégrité nationale. Si l'on espérait une campagne isolée, la résolution votée à l'unanimité par le Parlement espagnol est venu contredire les plus optimistes. Visant à exercer des pressions sur le Maroc pour qu'il accepte l'organisation au Sahara d'un référendum, (qu'aucune résolution du conseil de sécurité de l'ONU ne mentionne depuis 2004 et que l'Espagne ne reconnaît pas paradoxalement à ses indépendantistes) le Parlement demande également au gouvernement d'approfondir les relations avec le Polisario et de condamner le Maroc pour violation des droits de l'Homme.
Même le Parlement européen s'en est mêlé lorsqu'il adopta le 25 novembre une résolution introduite par le Parti populaire espagnol, marquante par sa précipitation et sa partialité (la voix marocaine ayant été injustement marginalisée dans les auditions, de même que les témoignages des organisations présentes sur le terrain) et asymétrique dans son fondement puisque l'attachement aux droits humains aurait imposé l'examen de ce qui se passe dans les camps de la honte de Tindouf, ainsi que le rôle réel de l'Algérie.
D'autres questions s'imposent évidemment, à l'intention de tous, pour ne rester que dans le thème des droits humains (et des duplicités!): Qu'en est-il des voix occultées, voire opprimées des Sahraouis unionistes? Comment déclarer «représentant légitime du peuple sahraoui», le chef d'une entité artificielle qui n'est déclaré tel dans aucun document des Nations unies, ni conforté par aucune assise populaire dans le déni total de la démocratie?
Et puis, que signifie «peuple sahraoui» dont personne n'a jamais entendu parler jusqu'à la création de toutes pièces du Polisario après la colonisation espagnole? Existe-t-il un peuple des plaines, un peuple des montagnes escarpées? Accorderait-on le même droit aux «peuples sahraouis» d'Algérie ou de Lybie? Autoriserait-on la création de «Républiques démocratiques basques» ou catalane? Est-ce servir les droits de l'Homme que d'entraver les règlements pacifiques des conflits comme la proposition marocaine d'autonomie élargie que d'aucuns s'acharnent par tous les moyens à torpiller? Pourquoi les responsabilités historiques coloniales sont occultées, pourtant antinomiques avec les droits de l'Homme depuis leur genèse jusqu'à leurs prolongements actuels autour d'enjeux géopolitiques, économiques et électoralistes qui détournent les peuples du Nord de leurs problèmes intérieurs et entravent toute construction maghrébine, voire africaine.
Il nous vient alors l'envie de remonter aux origines historiques du problème, depuis la conférence de Berlin qui réunit en 1884-5 les puissances coloniales sous le thème «Modalités du partage de l'Afrique».
L'Espagne fut alors confortée dans ses nouvelles vocations expansionnistes sahariennes après l'expédition du capitaine Emilio Bonneli de la «Société espagnole des Africanistes et Colonialistes». Une année auparavant, l'Espagne avait en effet fondé un comptoir dans la baie de Dakhla profitant des concessions commerciales acquises après la guerre de Tétouan. Elle réussit la même année au terme de ce traité qui leur accordait un établissement de pêche à l'emplacement de l'ancien fort de Santa Cruz de Mar Pequena dont la localisation n'était pas connue avec précision, à se voir concéder Sidi Ifni, avant d'entamer des négociations avec le Sultan pour obtenir en compensation de leur renoncement à Ifni, la cession de toute la partie du littoral en face des îles Canaries depuis l'embouchure d'Oued Draâ au Cap Boujdour. Devant le refus du Makhzen, l'Espagne se tourna vers la France (qui a commencé à annexer à «son» Algérie, les Oasis sahariennes marocaines orientales) et signent en juin 1900 le Traité de Paris définissant les frontières de leurs colonies ouest-africaines. C'est ainsi que la province de Oued Ed-dahab fut consacrée comme sphère d'influence espagnole.
Ceci dit, il est loin de l'ambition à la concrétisation! Les Espagnols ne tardèrent pas à faire face à la résistance des tribus sahariennes qui ont détruit le fort de Villa Cisneros dans la baie de Dakhla et tué ses occupants, amenant le gouvernement espagnol à envoyer des protestations au Sultan, reconnaissant de fait la souveraineté marocaine sur ces territoires. Il a fallu attendre 1916 pour voir l'Espagne réussir à s'établir sur le littoral, avec d'abord la prise de Tarfaya tandis que Sidi Ifni n'est occupé qu'en 1934…
C'est ainsi que le Sahara marocain, berceau de plusieurs dynasties marocaines, aux liens humains, politiques, économiques, ininterrompus avec le reste du Royaume jusqu'à l'occupation étrangère, s'est trouvé doublement amputé, victime d'une colonisation mixte. Il reste, bien que décolonisé, encore au cœur des hégémonismes par marionnette polisarienne interposée, téléguidée par Alger qui lorgne sur un couloir stratégique vers l'Atlantique, servant par la même occasion les convoitises de néo-conquistadors aussi revanchards que nostalgiques de l'ère coloniale.
Dès lors que l'on connaît ces évidences, n'est-il pas le b.a.-ba en matière de respect des valeurs des droits de l'Homme que de s'opposer aux tragédies des saucisonnements des peuples et des ethnies, de rétablir la justice historique et de soutenir le droit du peuple marocain et de son Etat-nation millénaire à exercer sa souveraineté sur sa terre!


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.