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Egypte: La chute du dernier des pharaons
Publié dans L'Economiste le 14 - 02 - 2011

C'est fini. 18 jours de manifestations ont mis fin à près de 31 ans de «règne». Vendredi 11 février 2011 sera, à n'en point douter, ajouté au calendrier des fêtes nationales en Egypte. En ce jour, Housni Moubarak a fini par céder sous la détermination des centaines de milliers d'Egyptiens.
Certes, l'on s'attendait, plus ou moins, à la chute de Moubarak. Depuis le début des manifestations, c'était devenu tout simplement une question de temps. C'est que l'homme s'accrochait encore, à 82 ans, au pouvoir. Il en voulait encore plus. Comme si les 31 années qu'il a passées à la tête de l'Etat ne lui suffisaient pas. En fait, Moubarak avait presque vu venir la fin de son régime. Il se doutait bien qu'une crise couvait et que les événements de Tunisie n'étaient pas de bon augure. Celles-ci ont provoqué un effet domino, ou du moins leur principale onde de choc s'est-elle ressentie au cœur même du Caire. Surtout que quelques temps auparavant, notamment à l'occasion des élections législatives, les dérapages du pouvoir en place s'étaient faits chaque jour encore plus nombreux. A commencer par la falsification des résultats de ces élections dont les Egyptiens attendaient beaucoup. Ils avaient fondé d'énormes espoirs sur cette consultation pour que leur pays puisse, enfin, se targuer d'être un pays démocratique et surtout faire oublier le rapprochement avec Israël, la démolition des tunnels avec la bande de Gaza et bien d'autres choses.
Tout cela a constitué la poudrière sur laquelle était assis Moubarak. S'en rendait-il compte ou se croyait-il intouchable, tel un pharaon? Autre chose: il avait pris d'énormes risques en réprimant et persécutant ses opposants dont les «Frères musulmans» constituent le chef de fil. Ces derniers, au lieu d'être affaiblis par les exactions du pouvoir, ont gagné du terrain et «grandit» aux yeux des populations. Mais c'est la dégradation du pouvoir d'achat, l'augmentation vertigineuse des prix des produits de première nécessité, les longues files devant les boulangeries vendant le pain préparé à partir de la farine subventionnée, la montée du chômage chez les jeunes et surtout le fossé qui s'est fait de plus en plus profond entre les nantis et les classes laborieuses qui ont constitué la mèche qui allait mettre le feu aux poudres.
Véritable despote, Moubarak a gouverné l'Egypte d'une main de fer pendant trois décennies. Son gouvernement n'avait pratiquement aucun pouvoir de décision. C'est le Raïs qui décide. Omniprésent dans toutes les affaires de l'Etat, «il a plus fait reculer l'Egypte que lui tracer le développement qu'elle mérite». Son rapprochement avec Israël a été considéré en son temps comme une «trahison» de la cause arabe. Conséquence, les peuples arabes n'y voyaient plus le berceau du panarabisme si cher à Jamal Abdennasser, mais une boîte aux lettres des décisions que Tel Aviv veut faire parvenir aux Palestiniens.
En tout cas, une autre page de l'Histoire de l'Egypte a été tournée. Dès hier dimanche, après l'euphorie et la liesse de vendredi soir et de samedi, les Egyptiens ont commencé à reprendre le cours de leur vie quotidienne. L'ère d'après-Moubarak est lancée. Les commerces reprennent leurs activités, de nombreux Egyptiens ont repris le chemin du travail. Cependant, certains dirigeants du mouvement de contestation fatal à Housni Moubarak ont menacé d'organiser de nouvelles manifestations si leurs revendications en faveur de changements démocratiques n'étaient pas exaucées par l'armée. Les militaires, qui ont pris les rênes du pays se sont toutefois engagés à remettre le pouvoir aux civils à l'issue d'un processus transparent et démocratique dont ils n'ont pas donné de calendrier. Pour le Conseil supérieur des forces armées, la première des priorités est aujourd'hui le rétablissement de l'ordre. Ils continuent d'ailleurs à protéger les bâtiments stratégiques en l'absence de la police, qui semble s'être volatilisée. Alors que des centaines de personnes campaient encore sur la place Atahrir dans le centre du Caire pour maintenir la pression sur la hiérarchie militaire. «Si l'armée ne répond pas à nos exigences, notre soulèvement et ses manifestations concrètes repartiront de plus belle», a prévenu Safouat Hegazi, l'un des chefs de file de la contestation.
30 ans de violence
. 13 oct 1981: Hosni Moubarak élu président de la République, une semaine après l'assassinat du président Anouar el Sadate par des islamistes. L'état d'urgence est décrété et constamment reconduit.
. 26 juin 1995: Moubarak échappe à un attentat à Addis Abeba, revendiqué par la Jamaa Islamiya. Il sera visé par au moins six tentatives d'attentat.
. 17 nov 1997: Attentat à Louxor (Haute-Egypte), revendiqué par la Jamaa Islamiya: 68 morts, dont 58 touristes étrangers.
. 3 jan 2000: 22 morts en Haute-Egypte dans des affrontements entre musulmans et chrétiens.
. 28 sept 2003: Moubarak annonce des mesures de démocratisation politique, sous l'impulsion de son fils Gamal dont l'influence grandit au sein du Parti national démocrate (PND, au pouvoir).
. 7 oct 2004: Attentats à Taba (Sinaï) contre des lieux touristiques: 34 morts, en majorité des Israéliens. Revendiqués par un groupe se réclamant d'Al-Qaïda.
. 23 juil 2005: Attentats à Charm el-Cheikh (Sinaï): près de 70 morts, dont une vingtaine d'étrangers. Quatre groupes revendiquent ces attaques, dont le groupe islamiste «Al-Tawhid wal Jihad» se réclamant d'Oussama ben Laden.
. 9 nov-7 déc 2005: Percée historique aux législatives des Frères musulmans (88 élus sur 454) qui deviennent la principale force d'opposition. 13 morts dans des heurts.
. 24 avr 2006: Triple attentat suicide à Dahab (Sinaï): 20 morts dont six étrangers. Les autorités accusent le groupe islamiste Al-Tawhid wal Jihad.
. 23 jan-3 fév 2008: A Rafah, des militants du Hamas ouvrent à coups d'explosifs la frontière entre l'Egypte et Gaza, soumise à un blocus israélien, entraînant un flux de centaines de milliers de Palestiniens en Egypte. Le terminal est ensuite refermé.
. 6-7 avr 2008: Des manifestations contre la flambée des prix et la pénurie du pain subventionné dégénèrent en affrontements entre manifestants et policiers dans le nord (3 morts).
. 28 nov-5 déc 2010: Le parti présidentiel renforce sa domination au Parlement en raflant près de 83% des sièges après le retrait au second tour des législatives des Frères musulmans qui dénonçaient des fraudes.
. 1er jan 2011: 23 morts dans un attentat devant une église copte d'Alexandrie. L'Egypte accuse le groupe radical palestinien l'Armée de l'Islam qui dément.
. 25 jan: Début de manifestations antigouvernementales sans précédent, qui ont fait depuis au moins 300 morts selon l'ONU et Human Rights Watch et des milliers de blessés.
. 29 jan: Moubarak annonce la nomination d'un nouveau Premier ministre, le général Ahmad Chafic, et la création du poste de vice-président, octroyé au chef des renseignements, le général Omar Souleimane.
. 1er fév: Moubarak annonce qu'il ne sera pas candidat à la présidentielle de septembre. Plus d'un million de manifestants exigent son départ immédiat.
. 6 fév: Les Frères musulmans se joignent à un dialogue national, avec d'autres groupes d'opposition, mais dénoncent l'insuffisance des réformes proposées.
. 7 fév: Des centaines de milliers de personnes manifestent contre Moubarak, les manifestations les plus importantes depuis le début du mouvement.
. Le nouveau gouvernement approuve une hausse, à partir du 1er avril, de 15% des salaires des fonctionnaires ainsi que des retraites.
. 8 fév: Moubarak forme une commission pour apporter des amendements à la Constitution.
n 9 fév: Les manifestations massives continuent.
. 10 fév: Moubarak annonce qu'il délègue les pouvoirs du président à son vice-président Omar Souleimane sans pour autant annoncer sa démission, provoquant la colère des manifestants.


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