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Edition: Un marché au point-mort
Publié dans L'Economiste le 08 - 07 - 2011

LA dernière enquête de L'Economiste et Sunergia sur les jeunes Marocains de 2011 révèle un fait alarmant. Moins de 5% d'entre eux passent leur temps libre dans les bibliothèques et les maisons de culture. La lecture ne figure même pas dans la liste des loisirs des filles et des garçons. «L'état du marché du livre est désastreux malgré toute la bonne volonté du gouvernement à essayer de résoudre ce problème», rapporte Mohammed Khatat, directeur éditorial de l'édition La Plume Libre.
Le directeur de l'Association marocaine des éditeurs (AME) estime, quant à lui, que le Maroc publie chaque année mille livres, hors ouvrages scolaires. Une bien piètre performance si l'on compare avec les 67.278 livres édités en 2010 en France. Environ 70 ouvrages sont sélectionnés chaque année par Tarik éditions, dont une quinzaine de romans. La majorité des ouvrages sont des essais sur des sujets sociétaux, des essais politiques ou des entretiens. Les livres religieux sont aussi de plus en plus nombreux dans les librairies.
Ce fait étant observé avant même l'émergence d'Internet et restant stable malgré l'alphabétisation de la population marocaine, beaucoup dénoncent une faille dans l'éducation. Les parents n'inculqueraient pas l'envie de lire à leurs enfants. «Les Marocains ne lisent pas pour leur plaisir mais pour parfaire leurs connaissances», explique l'AME. Quand bien même les enfants voudraient lire, le manque de bibliothèques se fait cruellement sentir. Et dans les librairies? Là encore, le tableau n'est pas rose. Les éditions se plaignent parfois d'un manque d'organisation dans le réseau de distribution. A cela s'ajoute la mauvaise présentation de l'ouvrage. L'éditeur constate souvent que son livre est caché au fond de la librairie quand les derniers best-sellers sont exposés au regard de tous. A la librairie Carrefour des livres, les meilleures ventes sont ainsi le best-seller français «L'appel de l'ange» de Guillaume Musso et des romans, certes écrits par des Marocains, mais parus dans des éditions françaises. «Le café mabrouk» de Tahir Shah paru aux éditions de Fallois ou «Une année chez les Français » de Fouad Laroui édité par Julliard en sont quelques-uns... Les livres sont aussi vendus dans des kiosques mais les épiciers, certes bons vendeurs, ne connaissent souvent pas le livre.
«Il est nécessaire d'avoir un background solide pour présenter un travail à la hauteur. Ce phénomène de hauteur dans l'écriture, vous ne le trouvez aujourd'hui qu'en Egypte.
Le monde étant devenu international et chacun de nous pouvant lire du prix Nobel ou des auteurs de niveau, lorsque vous avez un livre d'auteur marocain entre les mains vous êtes déçus», confie Mohammed Khatat. Certains dénoncent mêmes les pratiques peu scrupuleuses de quelques universitaires qui n'hésitent pas à inciter fortement leurs étudiants à acheter leurs livres s'ils veulent réussir leurs études. Beaucoup d'auteurs marocains, découragés par l'état du marché, préfèrent se tourner vers les maisons d'édition étrangères ou choisissent de s'autoéditer.
Le Liban et la France seraient ainsi les premiers éditeurs étrangers des Marocains. Cela constitue une perte importante pour la culture marocaine et freine le développement des éditions. Face à cette crise, les éditeurs d'abord réticents à l'usage des nouvelles technologies prévoient une restructuration vers la vente en ligne et le lancement d'ouvrages sous format numérique.
Du manuscrit à la parution
Lorsque l'auteur se présente chez l'éditeur, cela fait longtemps qu'il travaille sur son livre. Désignant souvent son ouvrage par «mon bébé», il a l'impression d'avoir un chef-d'œuvre entre les mains. Or, l'éditeur n'a pas le temps de lire tous les manuscrits. Il les fait lire par deux membres d'un comité de lecture. Ce comité est constitué de personnes qui partagent une passion du livre, mais qui viennent de milieux différents (journalisme, enseignement...). Si ces deux personnes arrivent à convaincre l'éditeur que le livre est bon, celui-ci le lit. Si le livre séduit cet exigeant lecteur, il est lu par plus de personnes dans le comité. La publication d'un ouvrage nécessite un coup de cœur du comité. L'édition ne peut pas prendre le risque de perdre du temps à réécrire le manuscrit. Le refus de publication est toujours un moment frustrant pour l'auteur car l'éditeur ne peut pas se permettre de lui donner des conseils sur son écriture.


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