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Ayouch: «Démarrer d'abord avec la darija»
Publié dans L'Economiste le 03 - 10 - 2013

Pour Noureddine Ayouch, le cursus scolaire de l'enfant doit démarrer avec sa langue maternelle qui n'est autre que le dialecte marocain, la darija. Une manière de le familiariser avec l'école et de le préparer à l'enseignement d'autres langues. Le fondateur de Zakoura Education décline sa vision de l'école.
- L'Economiste: Comment retenir les élèves dans le système éducatif?
- Noureddine Ayouch: Il faut d'abord leur redonner confiance dans l'école marocaine. Il est aussi important de tracer les élèves afin de comprendre leurs aspirations et de les orienter vers les domaines qui correspondent le plus à leurs aptitudes.
La formation professionnelle doit également être développée et tenir compte des besoins des entreprises. Il est, par ailleurs, important de redonner de la valeur au métier d'enseignant. En Finlande, par exemple, les enseignants doivent être diplômés d'une grande école et passer un concours avant d'accéder à la profession. Ils sont également motivés et bien rémunérés. D'un autre côté, l'école gagnerait à s'ouvrir aux nouvelles technologies. En Turquie, tous les élèves reçoivent des mini-ordinateurs. Sans oublier le volet épanouissement. C'est un aspect que nous tenons à privilégier à Zakoura Education où nous insistons sur les activités parascolaires. Notre taux de déperdition est de seulement 2,5%.
- L'école publique doit-elle s'inspirer du modèle des établissements privés?
- L'idée selon laquelle tout le public est mauvais est fausse. Il existe des établissements qui, à l'instar du lycée Moulay Youssef à Rabat, réussissent très bien leur mission. Le public et le privé doivent développer un véritable partenariat. L'Etat ne peut pas être partout et le privé peut prendre le relais. Il faut qu'il représente au moins 30% de l'offre de scolarisation. Cela créera une émulation saine entre les deux secteurs.
- Pour quelle raison selon vous l'enseignement des langues a-t-il échoué?
- Malheureusement, aucune des langues enseignées n'est maîtrisée par les élèves, y compris l'arabe classique. Le problème c'est que l'enfant ne démarre pas sa scolarisation avec sa langue maternelle. Il a besoin d'apprendre avec la «darija», qui est un dialecte extrêmement poétique, afin de se familiariser avec l'école, puis enchaîner avec les autres langues. Il est dommage que nos enfants ne maîtrisent pas les langues d'avenir, le français, l'anglais et bientôt le chinois. Certains pays africains ont commencé à faire venir des milliers d'enseignants étrangers afin de permettre aux élèves d'apprendre ces langues. Pourquoi ne pas tenter l'expérience?


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