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L'INFO
Publié dans L'Economiste le 04 - 01 - 2017

Au lendemain du massacre dans une discothèque à Istanbul, un attentat qui a fait une quarantaine de morts d'une quinzaine de nationalités, Nicole Hajal, présentatrice du journal télévisé de la chaîne LBC International s'insurgeait contre la déferlante de haine à l'encontre des victimes qui avait submergé les réseaux sociaux au Liban, en Tunisie mais aussi au Maroc «Depuis quand la joie est-elle un crime?», s'interrogeait-elle dans une chronique qui a vite fait le buzz et réveillé les consciences. Face au deuil et au recueillement, une terrible inquisition a en effet très vite pris place, reprochant aux victimes de s'être trouvées dans une discothèque la nuit de la saint sylvestre.
Une inquisition relayée par une certaine presse et qui a suscité la même indignation chez nous où beaucoup de personnes se sont élevées contre les insinuations abjectes formulées à l'égard des victimes marocaines. «Que faisaient ces filles dans une boîte à Istanbul?» une question qui a vite fait le tour de la toile insinuant qu'une soirée en boîte de nuit exclurait les victimes de toute compassion et justifierait «presque» un tel crime. Finalement elles «l'avaient bien cherché»! Faut-il s'étonner d'une telle violence et d'une telle intolérance chez nous? «Non pas du tout», affirme Narjiss Reghaye Souadqa, journaliste, à l'origine d'une pétition demandant l'application de la loi à l'encontre des auteurs de ces appels. «Nous avons toute une génération qui a été abreuvée par la culture de la haine.
Quand on découvre qu'on apprend à nos lycéens que la philosophie est une science impie, qu'on assiste au lynchage de deux jeunes filles portant une jupe à Inzeggan, à l'arrestation de deux adolescentes qui s'embrassent à Marrakech, il ne faut s'étonner de rien». En revanche, précise la journaliste, il faut s'indigner et éviter que le discours de haine ne se banalise. De ce constat est né le mouvement «Stop à l'apologie du terrorisme!» qui considère que le déferlement de propos haineux constitue une «prise en otage de la jeunesse par ceux qui n'ont d'autre but que de «daechiser» les esprits. Car si les autorités ont été promptes à réagir face aux internautes qui s'étaient réjoui de l'assassinat de l'ambassadeur de Russie, toujours en Turquie, en arrêtant de jeunes militants du PJD, elles observent face à cette situation un grand mutisme. Signée à ce jour par plus de 3.500 personnes, la pétition sera déposée cette semaine auprès du Conseil national des droits de l'homme.
Une mobilisation qui rassure les initiateurs du mouvement: «Plusieurs figures emblématiques du monde des arts, des médias, de la politique ou des sciences ont signé la pétition, mais s'il est toujours nécessaire d'avoir des locomotives pour ce genre d'action, le plus important ce sont ces milliers de citoyens anonymes qui ont exprimé leur indignation et qui se manifestent pour lutter contre la haine qui gangrène notre société», affirment les organisateurs qui réclament l'ouverture d'une enquête sur ces déclarations qui s'apparentent à une apologie du terrorisme et revendiquent également l'application stricte de la loi.
Selon l'article 218-2 du Code pénal, les personnes qui font l'apologie d'actes constituant des infractions de terrorisme sont punies d'un emprisonnement de 2 à 6 ans et d'une amende de 10.000 à 200.000 dirhams. Ceci pour l'urgence. En deuxième lieu, c'est à un «chantier titanesque auquel nous devons nous atteler très vite», précise Narjisse Reghaye. Celui de la prévention par le système éducatif et du respect des libertés. «Pour que des concepts comme celui de la tolérance ne soient plus que des slogans destinés à l'international», précise-t-elle.
L'opinion publique de plus en plus influente
Les réseaux sociaux sont décidément capables du meilleur comme du pire. Si des réactions haineuses peuvent facilement trouver écho auprès d'internautes et libérer un flot de violence sur la toile, les forces citoyennes peuvent également être mobilisées par ce biais. Aujourd'hui, l'opinion publique pèse de plus en plus, les gouvernements et les autorités y sont très attentifs. C'est le cas au Maroc où la mobilisation de militants et de citoyens sur la toile a permis à plusieurs reprises de faire pression sur le gouvernement. Le cas du pédophile Daniel Galvan a été le point de départ de ce militantisme virtuel. S'en est suivi différentes affaires où la mobilisation des internautes a permis d'influencer la réaction des autorités. Le dernier cas en date est certainement celui de Mohcine Fikri, mort broyé par une benne à ordure. Une affaire qui a suscité un élan d'émotion sans précédent.
Par ailleurs la nouvelle constitution permet aux citoyens et à la société civile de présenter des motions en matière de législation et des pétitions aux pouvoirs publics; le projet de loi organique N°64.14 relative à la présentation de motion en matière de législation a été adopté l'année dernière. L'association Racines a dans ce sens édité un guide téléchargeable sur son site qui permet justement d'y voir plus clair à travers les instruments légaux les plus importants donnant droit aux citoyens de présenter des pétitions, que ce soit au niveau local (conseils territoriaux), ou national (gouvernement et Parlement), mais aussi à exposer les conditions et les procédures de présentation des motions de lois au Parlement.


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