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Gros deals: L'effet multiplicateur des écosystèmes
Publié dans L'Economiste le 30 - 12 - 2017

■ BYD: Deal historique dans les véhicules électriques
L'année 2017 restera dans les annales comme celle où le Maroc a fait son entrée dans l'ère du véhicule électrique. Le président du groupe chinois «BYD Auto Industry», Wang Chuanfu, a fait le déplacement en décembre à Casablanca pour conclure un deal historique, marquant le lancement de l'écosystème de l'électromobilité. A la clé, 4 usines, 2.500 emplois directs ...
Le géant chinois compte produite 100.000 véhicules par an sur le site de Tanger-Tech. L'objectif est de «rentrer dans l'ère du véhicule électrique» tout en développant un écosystème complet, allant de la fabrication des batteries aux monorails électriques, en passant par les véhicules de tourisme et les bus/camions.
A travers ce partenariat stratégique, le Maroc s'allie à un acteur de référence qui plus est pionnier dans le secteur des énergies renouvelables et de la mobilité électrique et intègre, pour la première fois en Afrique, la filière du transport électrique, dont la production sera destinée tant à l'export qu'au marché local.
Le numéro 1 de l'électromobilité fabrique en effet 13% des véhicules électriques en circulation dans le monde et 30% en Chine. BYD, qui réalise un chiffre d'affaires de 17 milliards de dollars, compte plus de 220.000 salariés sur 33 sites industriels à travers le monde. Il s'agit aussi du pionnier des industries écologiques (énergie solaire, stockage énergétique et électromobilité). A.E.
■ Aéronautique: 2 nouveaux écosystèmes lancés
En 2017, le secteur de l'aéronautique a pris son envol avec la création de deux nouveaux écosystèmes aéronautiques: les moteurs et les matériaux composites. Ces derniers s'ajoutent aux 4 premiers: les filières de l'assemblage, du système électrique-câblage et harnais (EWIS), de l'entretien-réparation & révision (MRO) et de l'ingénierie. En 12 ans, ces écosystèmes ont pu se positionner avec de vrais leaders et locomotives, comprenant de grands donneurs d'ordre stratégiques et des équipementiers de classe mondiale (Bombardier, Safran, Boeing...).
Le secteur aéronautique est en plein boom. Il compte près de 130 entreprises. Mais le taux d'intégration reste faible: 18%. Ce même taux atteindrait 35% d'ici 2020. L'industrie pourrait enregistrer 100 nouveaux acteurs à cette échéance, ce qui permettrait de créer 23.000 emplois. A l'horizon 2020, le secteur réalisera 16 milliards de DH de chiffre d'affaires à l'export. Outre la proximité géographique avec l'Europe, la plateforme Maroc offre également des incentives avec notamment le parc industriel offshore de Nouaceur (Midparc) et l'IMA (Institut des métiers de l'aéronautique). Ce dernier fournit une bonne partie des RH du secteur, avec des programmes de formation spécialement conçus pour répondre aux besoins des opérateurs.
La plateforme Maroc est en passe de devenir un hub pour la maintenance en Afrique. C'est le 4e écosystème, celui de l'entretien-réparation & révision (MRO) qui est principalement concerné. En effet, au lieu d'envoyer leurs appareils ou pièces de moteurs, électriques ou de fuselage en Europe ou en Asie, les compagnies aériennes africaines pourront assurer leurs opérations de maintenance au site Maroc. A.E.
■ Ecosystème ferroviaire: Alstom dans le 1er wagon
Une année bien chargée pour le groupe français Alstom. Démarrée avec un carnet de commandes consistant, l'année 2017 a été également marquée par la livraison des 1res rames de la 2e ligne du tramway de Casablanca où le groupe est bien positionné pour remporter les marchés relatifs aux lignes 3 et 4. La ville de Rabat a aussi passé commande de 22 trams supplémentaires auprès du groupe. Sa filiale marocaine a accompagné de nombreux projets, notamment la livraison des trams Citadis pour les villes de Casablanca et Rabat, ainsi que 12 trains Euroduplex pour la LGV Tanger- Casablanca. Le groupe a également fourni 20 locomotives de la gamme Prima à l'ONCF et assure la maintenance de 47 locomotives. Alstom produit aussi des faisceaux et des armoires électriques à Fès (Cabliance), qui alimentent ses usines européennes. L'année 2017 aura été aussi marquée par l'annonce du lancement imminent d'un écosystème ferroviaire, pour lequel des groupes comme Alstom et Bombardier joueront le rôle de locomotives.
A l'international, l'année 2017 a été marquée par une fusion des activités ferroviaires Siemens-Alstom qui annonce une reconfiguration de l'industrie ferroviaire. La nouvelle entité a pris le nom de Siemens-Alstom et sera contrôlée par l'allemand Siemens. Elle aura pour vocation de contrer le géant chinois CRRC. La direction du groupe reste cependant entre les mains du Français Henri Poupar-Lafarge, PDG d'Alstom. A.E.
■ Automobile: 26 investissements industriels d'un coup!
En 2017, les équipementiers auto se sont bousculés au portillon du site Maroc. De grands groupes se sont installés pour livrer des composants et anticiper les futures capacités en cours de déploiement. D'autres viennent en joint-venture pour des enjeux de standards, de valeur ajoutée et de taille critique. C'est le cas notamment du géant japonais du vitrage AGC, qui a monté une JV avec le groupe marocain Induver. Autres faits marquants, la reconversion d'industriels marocains, des textiliens notamment, qui se sont lancés dans les coiffes de sièges ou autres. Dans le cadre de l'amélioration du taux d'intégration dans le secteur automobile, 26 investissements industriels ont été conclus en décembre avec des équipementiers pour un investissement global de 13,78 milliards de DH (1,23 million d'euros). De quoi rapprocher le pays de son objectif de monter à un taux d'intégration de 65% à terme et 100 milliards de DH à l'export. Avec Renault, le taux d'intégration a déjà atteint 55% sur un objectif de 65% à l'horizon 2020. Au niveau de l'approvisionnement de pièces détachées, le constructeur au losange a dépassé le milliard d'euros sur les 2 milliards prévus. Avec ses 26 nouvelles usines, le Maroc sera désormais capable de produire toutes les composantes de voitures à l'exception des pneus. M.K.
■ OCP/IT: Un géant continental est né!
L'année 2017 a été ponctuée par la joint-venture scellée entre le groupe OCP et le géant mondial IBM. La coentreprise s'appelle Teal Technology Services.
A travers cette opération, le groupe OCP ambitionne de déployer sa transformation digitale. L'enjeu est de passer à l'industrie 4.0 via un vaste programme de digitalisation tous azimuts. La JV devra aussi permettre d'offrir des services et solutions en termes de transformation digitale à l'échelle de l'ensemble du continent africain, voire ailleurs. A l'horizon 2020, le chiffre d'affaires prévisionnel de Teal Technology Services sera autour de 500 millions de DH. Quant aux ressources humaines de cette coentreprise, elles seront quelque 350 dès 2020. A.R.
■ PSA Maroc: Les bâtiments de l'usine sortis de terre
2017 aura été l'année du démarrage du méga-chantier de l'usine du constructeur automobile français PSA au Maroc. De grandes avancées ont été réalisées dans ce qui va devenir dès 2019 la grande usine de production de voitures à Atlantic Free Zone, dans la région de Kénitra. Les premiers bâtiments sont déjà sortis de terre. Parallèlement, la filiale marocaine du groupe français a lancé sa campagne de recrutement. PSA Maroc a déjà opéré l'essentiel des recrutements.
Au total, l'usine devra démarre avec quelque 1.600 profils qui correspondent à l'ensemble des besoins pour le démarrage du site d'Ameur Seflia. Opérateurs de production, superviseurs, techniciens dans différents domaines d'expertise, ingénieurs, gestionnaires, cadres... La phase 1 des recrutements est déjà calée. Elle devra se poursuivre jusqu'au démarrage de l'usine en 2019. (Sur la photo: Carlos Tavares, patron du groupe PSA, avec Moulay Hafid Elalamy) A.R.
■ Renault Maroc: Plus d'un million de véhicules fabriqués à Tanger
L'événement phare pour le groupe Renault au Maroc, en 2017, est la sortie des chaînes de l'usine Renault-Nissan de Tanger du millionième véhicule fabriqué au Maroc. C'est dire qu'un long chemin a été parcouru depuis le lancement en 2012 du premier véhicule «made in Morocco» du groupe.
Aujourd'hui, l'usine tourne à plein régime (3x8), 6 jours sur 7. Elle présente une capacité de production de 340.000 véhicules. Véritable moteur économique au Maroc, l'usine Renault-Nissan de Tanger soutient le développement de la marque Dacia en exportant la majorité de sa production vers plus de 73 destinations. Pour le management, l'usine de Tanger est indissociable de la «success story» de la marque Dacia. 1 véhicule sur 2 de cette dernière est produit au Maroc au sein des usines de Tanger et de la Somaca. Ce second site industriel, basé à Casablanca, fabrique les nouvelles Logan, Sandero et Sandero Stepway. En plus de répondre à la demande locale, la Somaca exporte aujourd'hui plus de 70% de son volume annuel. L'Egypte, la Turquie, les pays du Golfe et la Tunisie arrivent en tête des pays importateurs des modèles produits par cette usine. N.D.
■ Energie: Acwa Power en locomotive
Des produits pétroliers au gaz naturel, en passant par les énergies renouvelables. Le ministre Aziz Rebbah et ses équipes ont du pain sur la planche, à commencer par le projet «Gas to power». Sur le volet des énergies renouvelables, les objectifs fixés pour 2018 devraient permettre de porter leur part à 42% de puissance installée en 2020 et 52% à 2030. Au niveau du privé, Acwa Power prévoit le lancement de 4 sites de production en 2018. Le groupe saoudien, déjà en charge de l'exploitation de la centrale solaire Noor I, devrait lancer trois autres centrales solaires en 2018, ainsi qu'un parc éolien. Noor II sera probablement opérationnelle vers fin mars 2018. Pour sa part, le lancement de Noor III est prévu pour fin 2018. Ces deux centrales viendront s'ajouter à Noor I, déjà en service. Au programme 2018 du groupe saoudien, figurent également les centrales Noor PV1. Avec une capacité globale de 580 MW, l'infrastructure permettra le déploiement du plus grand site de production solaire multi-technologique au monde. Le groupe saoudien développe, par ailleurs, un parc éolien de 120 MW. L'infrastructure a démarré l'injection de ses premiers électrons au mois de décembre. Les derniers moteurs seront opérationnels d'ici la fin du premier trimestre 2018. Dans le même sillage, le groupe Siemens a lancé sa première usine de pales d'éolienne à Tanger. Un investissement de 1,1 milliard de DH. Masen est la pièce maîtresse de ce puzzle. M.K.
■ Offshoring: Croissance de 6 à 8%
En 2017, l'offshoring a fait face à un nouveau revirement réglementaire de l'UE. Pour l'Europe, le Maroc n'offre pas encore une protection adéquate. Sur le terrain, la loi marocaine de 2009 relative à la protection des données privées peine encore à être respectée, notamment dans le e-commerce. Par ailleurs, la concurrence par les prix n'a pas eu raison du secteur. L'activité continue sur son trend haussier. L'année 2017 confirme les bonnes performances du secteur. Il devrait clôturer l'année avec une tendance à la hausse de l'ordre de 6 à 8% de croissance. Le principal segment, celui des centres d'appels, représente encore 60% des revenus de l'offshoring. Le secteur emploie autant de salariés que l'automobile et génère autant de revenus que l'aéronautique. L'ensemble des écosystèmes de ce secteur emploie actuellement plus de 75.000 personnes au Maroc. M.K.
■ Orange: L'année de rebranding
L'année 2017 a été bénéfique pour Orange Maroc. Le groupe a tiré profit de son opération rebranding en réalisant près de 5,6 milliards de DH de chiffre d'affaires. Ceci représente 10% du chiffre d'affaires réalisé par le groupe en Afrique et au Moyen-Orient (MEA). L'opérateur compte 15 millions de cartes SIM au Maroc avec un taux de couverture de 99% en 2G et 4G. Le groupe a également lancé, en 2017, plusieurs solutions. Pour accompagner la transformation digitale des entreprises, Orange propose plusieurs services mobiles, IT axés sur le cloud, ceux liés à la sécurité ou les objets connectés (IoT, Internet of Things), ou encore des services d'accompagnement et d'attention au client. Pour les particuliers, l'opérateur mise considérablement sur son application «Orange et moi».
Pour 2018, le management affiche de nouvelles ambitions: démocratiser l'accès aux terminaux 4G, développer le haut débit fixe (fibre optique à 200MB/s) et mobile, accompagner la transformation digitale... L'opérateur lancera, d'ailleurs, un important plan d'investissement en 2018. N.D.


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