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INDH: Une nouvelle génération d'initiatives
Publié dans L'Economiste le 13 - 12 - 2018

■ Un institut national pour le développement humain
Si auparavant l'INDH faisait son bilan le 18 mai de chaque année, c'est à travers des forums et séminaires de 2 jours que l'Intérieur compte évaluer les projets réalisés et les actions à mener. Dès 2019, les différents intervenants (acteurs de la société civile, organes de gouvernance…) seront désormais conviés à réfléchir sur des projets d'envergure et défendre leurs idées (voir aussi notre article «l'INDH met à niveau son logiciel» L'Economiste du 15/11/2018).
En clair, l'idée est de développer des plateformes de propositions et des agoras de pensées collectives. «Nous allons aussi créer un institut national pour le développement humain», annonce Dardouri. Et d'ajouter: «le Royaume est doté d'une véritable ingénierie en ce sens et doit absolument capitaliser ses expériences».
Des expériences à démultiplier grâce aux comités locaux de développement humain, chargés de préparer un diagnostic participatif et d'identifier les besoins exprimés par la population. Il en est de même pour les comités provinciaux qui devront élaborer le programme de développement humain étalé sur plusieurs années et le contrat-programme y afférent. Ces comités seront également chargés de l'exécution des projets et la réalisation de rapports sur leur mise en œuvre.
Enfin, les comités régionaux de développement humain veilleront à assurer la cohérence globale des initiatives provinciales. Ils devront allouer les fonds de l'Initiative en tenant compte de la priorité des programmes adoptés.
■ 18 milliards de DH seront mobilisés sur cinq ans
La 3e phase de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH) met les jeunes au centre des préoccupations nationales. C'est ce qui ressort de la pédagogie amorcée depuis la semaine dernière par le staff de Mohamed Dardouri, wali-coordinateur de l'initiative royale.
En tournée dans les différentes régions du royaume afin d'expliquer la finalité et les objectifs de la nouvelle phase de l'INDH (2019-2023), mobiliser les agents de l'administration territoriale, et charger la société civile «sérieuse, formée, encadrée, et spécialisée».
Dans sa démarche, Dardouri est accompagné des cadres de l'Intérieur, mais aussi de bureaux d'études de renom tel Valyans, et d'une prestigieuse agence de communication (109). Le but étant de fédérer toute la communauté autour de la «bataille du développement humain». L'Economiste revient sur les principaux projets de la nouvelle étape de l'INDH, présentés jeudi à Oujda et samedi à Fès.
■ Un langage réaliste pour convaincre
Alors que le malaise économique et social frappe de plein fouet des pays d'Europe, et se traduit notamment par des gilets jaunes qui ne décolèrent pas en France (mais également en Belgique et Hollande), le Maroc prend un nouveau tournant visant le développement des capacités des jeunes, l'éducation, la santé, et l'emploi.
«Et c'est un travail qui doit commencer dès la naissance, et même bien avant», explique le nouveau wali-coordinateur de l'INDH. Pour lui, l'expérience marocaine, dans ce chapitre, est unique en Afrique. En effet, l'Initiative, lancée par le Souverain en mai 2005, est aujourd'hui plébiscitée par les pays frères et amis qui veulent s'en inspirer pour endiguer le chômage et la pauvreté.
A ce titre, le stand de l'INDH dans les «Africités» de Marrakech a enregistré un record d'affluence et surtout une forte demande d'expertise. «Ceci étant, le Maroc n'a pas totalement réussi (on est classé 98e en matière d'indice du développement humain), mais il a fait de grands pas par rapport à d'autres pays de la région», souligne Dardouri.
C'est assez rare de rencontrer un responsable de l'administration territoriale qui ne maquille pas ses propos devant élus et société civile. Le ton ferme, le wali en charge du développement humain se veut à l'image de la 3e étape de l'INDH lancée par le Roi en septembre, «pragmatique, ciblée et efficace». «Il faut que l'humain soit réellement qualifié pour trouver une place dans le monde de demain», dit-il.
■ Une redéfinition des objectifs et des attributions
Rattrapage des déficits en infrastructures de base et services sociaux, accompagnement des personnes en situation de précarité, amélioration des revenus, insertion économique des jeunes, impulsion du développement des futures générations. Tels sont les objectifs de la 3e phase de l'INDH, exposés samedi dernier aux représentants de la société civile, élus et agents d'autorité de la région Fès-Meknès. Ces derniers savent désormais qu'ils seront évalués, appréciés,…par rapport à la réalisation des programmes de l'INDH.
«Pour la région de Fès-Meknès, à titre d'exemple, il y a 100 cercles et districts. Le chantier INDH est une affaire de tous: gouverneurs, collectivités territoriales, ONG, universitaires et opérateurs économiques», estime Dardouri. Pour lui, les projets doivent répondre aux besoins des populations. Cumulant une expertise de 13 ans, l'INDH a créé un ADN et une culture de gouvernance basée sur la démarche participative.
Aujourd'hui, l'ambition est d'instaurer une plateforme de projets inclusifs et à fort impact. En fait, la nouvelle vision s'appuie sur l'accompagnement des projets d'éducation, formation, et santé. «Certes, nous avons atteint un taux de scolarisation de 97%, mais ceci en dépit de la qualité….En matière de santé, si l'espérance de vie est de 76 ans, nous rencontrons encore des problèmes de santé chez la femme enceinte et les enfants de moins de 5 ans», reconnaît Dardouri. Ainsi, une redéfinition des objectifs, attributions priorités est conduite afin de «consolider les acquis, endiguer les faiblesses et améliorer les indices». L'essentiel, selon Dardouri, est de travailler sur l'humain, dès sa naissance, afin de préparer l'élite de demain.
■ L'insertion des jeunes en priorité
Le mot d'ordre étant de favoriser le ciblage des projets qui redonneraient de nouveaux espoirs à la jeunesse marocaine. «Et surtout de la confiance en l'avenir». Ainsi, l'enveloppe consacrée à la 3e phase de l'INDH s'élève à 18 milliards de DH sur une période de cinq ans (2019-2023). Elle sera financée à hauteur de 60% du budget général de l'Etat, 30% du ministère de l'Intérieur à travers la Direction générale des collectivités locales et 10% de la coopération internationale.
Avec les 50 milliards de DH du Fonds de développement rural (FDR), le Maroc devrait engager des chantiers à fort impact. Pour le volet INDH, le budget sera réparti selon quatre programmes. Le premier, de 4 milliards de DH, sera destiné à combler les déficits enregistrés dans les infrastructures et les prestations de base au niveau territorial.
Le but est de préserver les acquis des deux premières phases de l'INDH, tout en poursuivant l'action afin de remédier à une partie du manque relevé par la carte de pauvreté, particulièrement en ce qui concerne l'accès aux infrastructures et aux services de base. Les 2e et 3e programmes seront dotés de 4 milliards de DH chacun. L'un servira à accompagner les personnes en situation de précarité.
L'autre sera consacré à l'amélioration des revenus et à l'intégration des jeunes au niveau économique. A ce titre, l'appui de la CGEM, l'Anapec et d'autres partenaires serait d'un grand apport. L'INDH prévoit la création d'espaces pour la réception et l'orientation des jeunes.
Le dernier programme, de 6 milliards de DH, vise l'appui pour le développement humain des générations montantes. Signalons que la réalisation de ces programmes se fera en partenariat avec les ONG sérieuses et structurées. Les opportunistes ou celles cherchant une rente doivent s'abstenir. Pour rappel, le lancement de l'INDH en 2005 a propulsé la création de plus de 14.000 associations au niveau national.
Youness SAAD ALAMI


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