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Grippe H1N1: Le Maroc, un foyer épidémique?
Publié dans L'Economiste le 04 - 02 - 2019

Les habitants de Fès commencent sérieusement à s'interroger sur la situation épidémiologique de la ville. En fait, le Maroc entier s'interroge sur ce sujet brûlant qui s'est invité, ce jeudi, en conseil de gouvernement.
Pour rappel, depuis mercredi dernier, de nouveaux cas suspects de grippe H1N1 ont été détectés. Il s'agit de la situation sanitaire de cinq patients pris en charge dans des cliniques privées et au sein du CHU Hassan II de Fès.
D'autres cas seraient signalés à Rabat et Casablanca. Toutefois, «la situation est normale et il n'y a pas de quoi s'inquiéter», tempère Anass Doukkali, ministre de la Santé. L'Economiste revient sur un sujet qui inquiète. Décryptage.
■ Encore un décès… au CHU Hassan II de Fès
Contacté hier par L'Economiste, un haut responsable du Centre hospitalier universitaire a confirmé «le décès d'une vieille femme, survenu le 26 janvier, à la suite des complications dues à cette pathologie». «Nous avons reçu deux cas de grippe H1N1 dans des situations graves. Une femme a été sauvée et l'autre est décédée», indique-t-il. A la question «est-ce qu'il y a d'autres personnes atteintes du H1N1?», il a répondu que «ce virus ne peut être confirmé que par la preuve virologique, via un prélèvement de ce typage». Pour l'instant, seuls deux cas ont été signalés au CHU. «Il y a beaucoup plus de psychose qu'autre chose», rassure le responsable du Centre. Et d'ajouter: «Nous avons un dispositif qui est lancé chaque fois qu'il y a un cas suspect, avec des prélèvements de gorge, vérification du virus, et transfert à l'Institut Pasteur pour analyse». Pour rappel, ce dispositif est le même depuis la première vague de la grippe H1N1, dépistée en 2004. Autrement, les services sanitaires ne pourraient pas isoler tout patient présentant des signes de grippe. «Spécialement pour la pathologie H1N1, son terrain d'attaque est constitué de personnes fragiles, principalement les vieux… Chez les jeunes, elle peut passer comme une simple grippe», explique un médecin du CHU.
■ «La situation est sous contrôle», rassure Doukkali
Frissons, fièvre, douleurs musculaires, nez qui coule…ce sont les symptômes de l'influenza, mais pas nécessairement ceux de la grippe porcine. En effet, «sur les 20% de Marocains qui ont une grippe de saison, 83% sont diagnostiqués de type H1N1».
Les propos sont de Anass Doukkali, ministre de la Santé. Selon lui, «le plan de surveillance sentinelle est mis en place depuis 2004». Ainsi, les services sanitaires suivent de près l'évolution de la grippe, comme étant une épidémie annuelle. Elargie à 375 centres de santé, cette surveillance permet, dans un premier niveau, de connaître la tendance de l'influenza au Maroc. «Elle est la même que la tendance mondiale communiquée par l'OMS (104 pays)», rassure Doukkali.
Et d'ajouter: «nous avons un deuxième niveau de surveillance clinique et virologique». En ce sens, le ministère fait appel à des cabinets privés ainsi que des cliniques pour un échantillonnage. Car, il est important d'avoir un sondage. «Ce dernier a permis de diagnostiquer 20% de cas de grippe, et dont 83% de type H1N1», précise le ministre.
■ Le H1N1… «un virus banalisé»
Selon Doukkali, «la panique actuelle n'a pas lieu d'être. Car, le H1N1 est devenu banalisé». Pour lutter contre la psychose, son département continuera de communiquer.
Par ailleurs, Doukkali a recommandé de se faire vacciner contre le virus, particulièrement les personnes atteintes de maladies chroniques, les femmes enceintes et les enfants âgés entre 6 mois et 5 ans, ainsi que les personnes âgées de plus de 65 ans et celles atteintes de maladies chroniques spécifiques. «Une campagne de vaccination est menée tous les ans…et systématiquement au profit des professionnels (le personnel de santé). Car, le vaccin permet d'atténuer les effets de la grippe», explique le ministre. Pour le reste, pas d'inquiétude puisque les délégations de la santé remontent l'information même au niveau des cliniques. En outre, le suivi et la vérification sont de mise. Ceux-ci ont permis de diagnostiquer des personnes qui souffraient surtout de pneumopathies avec des infections respiratoires aiguës sévères, pas de grippe porcine. «Il y en a d'autres qui avaient la grippe H1N1, mais pris en charge à temps et guéries», renchérit le ministre. Et de conclure : «La grippe est bénigne mais pour les personnes à risque, elle est dure à juguler, il faut la suivre…Mais pas de crainte, la situation est sous contrôle».
Panique, mobilisation, et stock de sécurité…
Grosse panique, mercredi dernier, dans deux cliniques privées. La raison: 3 nouveaux cas suspects de grippe porcine ont été signalés. Ceci intervient après le décès, vendredi dernier, d'une jeune femme (34 ans) enceinte de grippe H1N1, après l'aggravation de son état. Son bébé est décédé deux jours plus tard. Jeudi, à l'heure où nous mettions sous presse, nous avons appris que les analyses opérées sur deux patients (un homme et une femme) écartent toute infection de ce type.
Toutefois, les deux malades souffrent d'une bronchite aiguë. Par ailleurs, nous n'avons pas pu infirmer ou confirmer la maladie du 3e patient auprès de la deuxième clinique. En revanche, un médecin sous couvert d'anonymat dénonce «l'absence du traitement Tamiflu ainsi que celle d'un plan de veille et de vigilance dans de telles circonstances». Pour lui, «il est anormal de ne pas avoir anticipé cette vague de grippe, ni de disposer de stock de sécurité du Tamiflu».
Ailleurs, à Rabat, trois personnes atteintes de grippe H1N1 sont hospitalisées dans deux cliniques. Pour le «Réseau marocain pour la défense du droit à la santé et droit à la vie», «le virus A (H1N1) est plus agressif et plus contagieux que ceux de la grippe saisonnière». «Les scientifiques ont démontré que la grippe A avait eu des conséquences près de quatre fois plus graves que la grippe saisonnière», alerte le Réseau.
Tamiflu: Le Maroc vient de passer commande...
Pour Anass Doukkali, «pour l'heure, il n'y a pas d'alerte ni de mise en quarantaine…mais beaucoup de communication et de sensibilisation». «La vaccination peut se faire encore», poursuit-il. En outre, le Maroc a passé commande pour le Tamiflu, auprès des laboratoires Roche. «Ce traitement ne figure pas dans le protocole thérapeutique du ministère. En revanche, des médecins le recommandent quoiqu'il n'est plus efficace au terme de 48 heures d'incubation», rappelle le ministre.
Pour répondre à cette demande, le Royaume «s'approvisionnera avec des quantités supplémentaires». Est-ce qu'il sera vendu en pharmacie? «On le souhaite aussi…mais au moins qu'il puisse être disponible chez les grossistes pharmaceutiques dans toutes les régions, c'est déjà important», espère le ministre de la Santé. Affaire à suivre…
Y.S.A.


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