L'emprunt obligataire AWB visé par l'AMMC    Les Algériens ne veulent pas Tebboune    Le vivarium du jardin zoologique de Rabat désormais ouvert au public    Algérie: Abdelmadjid Tebboune, ex-Premier ministre de Bouteflika, élu président    Algérie : Abdelmadjid Tebboune, nouveau président    Football: Qui sont les joueurs africains les mieux payés?    Les Jugements sont exécutoires    Marrakech. Arrestation d'un homme pour possession et trafic de drogue    Et de 6 pour Lydec qui se voit décrocher le « Top Performer RSE » !    Participation massive au championnat du Maroc de lutte    Quelque 5.000 participants attendus au "10 km de M'diq"    Présidence de la CGEM: Le binôme Alj-Tazi confiant    Le Parlement italien légalise le Cannabis light !    Vidéo Commune de Dar Bouazza : Abattus comme des chiens…    Eliminatoires Mondial-2022 : La date du tirage au sort fixée    Les 100 femmes les plus puissantes du monde, selon Forbes    Karim El Aynaoui : « Atlantic Dialogues », une invitation à formuler des réponses urgentes aux grands défis communs »    Nouvelle défaite cruelle de l'OCK    Prison locale de Bouizakarne : Journée sportive pour les détenus mineurs    Asilah : 12 millions de dirhams pour réhabiliter et fermer l'actuelle décharge publique    Les prémices d'un nouvel espoir    Iberia annonce une ligne Madrid-Fès pour l'été 2020    Les Guinéens contre le 3ème mandat d'Alpha Condé…    Habib Sidinou, un président sobre et altruiste    Le Raja s'impose difficilement, le Wydad facilement    Twitter rêve de réseaux sociaux plus ouverts et de conversations en ligne moins énervées    Espagne: Les 3 footballeurs accusés de viol écopent de 38 ans de prison chacuns    Maghreb : BMCE Bank of Africa lance «Dynamic Currency Conversion»    L'opposition et la Constitution «adoptent» le PLF    Neutralité carbone en 2050: l'UE s'engage, mais sans la Pologne    Ce que la Turquie pense du Polisario    Présidé par SM le Roi : Adoption de plusieurs textes en Conseil des ministres    Fares appelle à l'élaboration de rapports et études annuels sur la détention préventive    CDG : 2,5 millions DH d'aides financières à 121 micro-entrepreneurs    Edito : Triomphe    Officiel ! RAM intègre le 31 mars 2020 Oneworld    Une première, deux conventions collectives dans l'enseignement privé    La Gambie annonce l'ouverture prochaine d'un consulat général à Dakhla    Académie française: Abdeljalil Lahjomri reçoit le Grand Prix de la francophonie    G-B : La Livre sterling s'envole après la victoire des Tories    L'art Gnaoua inscrit au patrimoine immatériel universel    Expo: La symphonie en bleu de Saâd Hassani    Festival du film de Marrakech: Moins de glamour et plus de cinéma    Un colloque pour débattre du rôle de la darija    Robert Redford: Je ressens une grande connexion avec le Maroc
    Quelles sont les causes de violence conjugale au Maroc?    La Fédération de rugby minée par une crise sans précédent    One Piece Stampede, le premier film de la Toei Animation à être diffusé au Maroc    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





MEDays: Le monde face à la subversion et aux incertitudes
Publié dans L'Economiste le 20 - 11 - 2019

Le président Macky Sall recevant des mains de Fatima El Hassani, président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, le Grand Prix des MEDays 2019. La cérémonie s'est déroulée en présence du ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Mohcine Jazouli (Ph. Medays)
Montée des populismes, jeu de puissances dans les relations internationales, fissures au sein des institutions multilatérales, défis de la croissance et du commerce, crises sociales… C'est sur un monde trouble où les fractures de la société s'accentuent et se multiplient dans l'ombre d'enjeux politiques et géopolitiques incertains que s'est penchée la 12e édition des MEDays, qui s'est clôturée ce week-end.
Plus de 200 intervenants étaient invités à décrypter les enjeux d'une crise globale de confiance s'amplifiant, laissant de plus en plus place à l'incertitude et l'instabilité. Placé sous le thème de «Crise globale de confiance: faire face à la subversion et aux incertitudes», chefs d'Etat et de gouvernement, dirigeants d'organisations et d'entreprises internationales, acteurs de la société civile et médias et discuté en plénières, en tables rondes ou en ateliers autour des possibles solutions de gouvernance mondiale face à un système international en crise.
En guest-star de cette édition: le président du Sénégal Macky Sall, le président du Sierra Leone Julius Maada Bio, le ministre des Affaires étrangères de la Palestine Ryad Al Malki, Saeb Erakat, négociateur en chef et secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) ou encore le Premier ministre de la République de São Tomé et Príncipe, Jorge Lopes Bom Jesus.
«Il n'est pas aisé de tracer des parallèles entre les crises sociales ou politiques qui agitent la planète aujourd'hui, mais toujours est-il que nous voyons en Afrique, en Europe, en Asie et aux Amériques: l'agitation des peuples. Ce vacillement de pouvoirs établis doit nous interpeller», rappellera Brahim Fassi Fihri, président des MEDays, dans son discours d'ouverture.
Vacillement des pouvoirs mais également de rapports de force: «Entre une Europe désunie où l'esprit solidaire se dissout dans la montée du populisme, une Russie qui s'impose en devenant une puissance énergétique de plus en plus influente, une première puissance mondiale qui s'isole et se renferme sur elle-même tandis que la Chine est sur les rangs du leadership mondial, autant de paramètres qui redessinent les contours préétablis de la gouvernance mondiale et nous poussent à considérer une éventuelle fin d'hégémonie occidentale et un déplacement du centre de gravité vers l'Est», précise-t-il, prédisant la fin du «nouvel ordre mondial» aujourd'hui dépassé.
Redessiner une carte du monde, passe indubitablement par l'Afrique, continent de toutes les promesses. Plusieurs panels étaient consacrés au continent: banques, services financiers et assurances en Afrique: Quels nouveaux gisements de croissance?
Pour une Union africaine indépendante: Comment sortir le continent de la perfusion financière? Energies et électricité: Connecter le continent, améliorer la sécurité, financer les projets et gagner en compétitivité… autant de thèmes qui ont mobilisé des experts du continent et d'ailleurs: ministres, directeurs d'instituts de recherches, élus et grands patrons. D'autres foyers de tensions ont également eu leur part des débats: Amérique latine, Asie du Sud-Est, Moyen-Orient et Europe centrale.
Parole de président
Dans son allocution, le président du Sénégal Macky Sall a dénoncé un paradoxe qui met à nu un monde d'extrême opulence face à un monde d'extrême pauvreté entre les Etats mais également au sein de ces mêmes Etats. Citant une étude récente, Macky Sall a rappelé que 8% seulement de la population du monde détiendrait 80% de sa richesse. Face à cela, plus de 850 millions de personnes vivent encore dans des conditions d'indigence absolue. Une situation qui rend peu probable, selon le président, la réalisation de l'objectif de développement durable d'éradication de la pauvreté d'ici 2030, promut par le Pnud. Macky Sall a également dénoncé l'hégémonisme civilisationelle: «…Quand certains se croient investis de la mission de prescrire aux autres la façon d'être et d'agir, c'est quelque chose que nous vivons quotidiennement dans nos Etats d'Afrique», précise-t-il, rejetant fermement ce qu'il nomme «L'injonction civilisationnelle». Concernant le continent, Sall appelle à un rééquilibrage des rapports de force avec le reste du monde. «Dans une Afrique en quête d'émergence, il ne peut y avoir ni chasse gardée, ni exclusivité, ni exclusion».
La déclaration de Tanger
La 12e édition du Forum MEDays s'est clôturée par l'adoption de la traditionnelle Déclaration de Tanger appelant à une réforme inclusive de la gouvernance politique et économique mondiale pour refléter davantage les réalités géopolitiques du XXIe siècle. Une réforme inclusive à même de permettre aux pays africains d'être représentés à leur juste valeur, compte tenu de leur importance démographique, culturelle et sociale, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies.
Le document appelle également à une intégration plus poussée de l'Union africaine et une réforme approfondie de ses mécanismes de financement et des moyens déployés au service des politiques de sécurité, d'industrialisation et de représentation diplomatique commune des Etats membres de l'Organisation des Nations unies.
S'agissant de l'accord de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), la Déclaration de Tanger souligne l'importance pour les leaders des pays africains de faire du continent africain un continent de mobilité et d'opportunité par des mesures d'accompagnement de l'application dudit accord, plaidant dans ce sens en faveur de la constitution d'un fonds temporaire de compensation des pertes de droits de douane pour les Etats africains moins développés et à la mise en place d'un pacte de lutte contre l'évasion fiscale des entreprises multinationales.
Le document appelle à la lutte contre les discriminations juridiques et légales à l'égard des femmes, rappelant ainsi que la parité est une condition sine qua non du développement, non seulement en Afrique mais dans l'ensemble des continents.
Concernant le conflit israélo-palestinien, la Déclaration de Tanger rappelle que la sécurité et la coopération dans la région ne sauraient être assurées dans le long terme sans une solution juste, équilibrée et mutuellement agréée pour deux Etats, un palestinien et un israélien vivant côte à côte dans les frontières de 1967, avec Al Qods comme capitale de la Palestine.
Enfin, en termes de cybersécurité, le document préconise la constitution d'une politique continentale africaine en accord avec les principes de la liberté d'expression et les pactes de l'ONU sur les droits civils et politiques, et ce afin de prendre en compte les menaces qui pèsent sur la qualité de l'information.
A.Bo


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.