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Coronavirus - La crise économique et sociale est là: Préparons vite l'après-Covid-19!
Publié dans L'Economiste le 25 - 03 - 2020

Aujourd'hui plus que jamais, l'urgence est à la maîtrise de la crise sanitaire doublée d'un Tsunami économique, lequel pourra rester encore plus longtemps et laisser aussi des cadavres sur sa route.
L'heure est à la mobilisation générale. Au lieu de se résigner face à cette situation inédite, il va falloir faire preuve de résilience, d'optimisme, voire anticiper l'après-Covid-19. C'est d'ailleurs l'esprit même de la forte mobilisation des contributeurs au Fonds spécial de gestion du coronavirus (quelque 23,5 milliards de DH), dont l'élan de solidarité et de générosité pourrait éviter la faillite de plusieurs entreprises et sauver des milliers d'emplois et de ménages.
Dans ce même état d'esprit, l'ONG Tizi Paris, un réseau non partisan de jeunes leaders, chercheurs et universitaires dont la mission est de stimuler l'émergence d'une meilleure gouvernance au Maroc, vient de rendre publique une analyse intitulée: «Pacte économique et solidaire (PES)». Il s'agit d'un exercice prospectif dont l'objectif est de «faire face à la crise économique post-Covid-19».
D'emblée, les auteurs de l'étude précisent que la crise actuelle nécessite trois réponses distinctes. Un triptyque qui repose sur les volets organisationnel, sanitaire et économique. Pour la composante organisation, elle focalise le ralentissement de la propagation du virus, notamment par le confinement et la restriction généralisée des déplacements sur la voie publique. Le volet sanitaire se base sur la préparation et la gestion du système de santé. Quant à la composante économique, elle se décline à travers la mise en place d'un plan de sauvegarde.
Il va sans dire, la crise actuelle aura des conséquences multiples sur plusieurs secteurs d'activité. «A court terme, une crise économique et sociale avec quelque 4 millions d'emplois en danger», prévoit l'analyse de Tizi Paris. C'est dire que les impacts économiques et sociaux sont forts, avec 30 à 40% de l'emploi total menacé surtout en milieu urbain.
Parmi les secteurs d'activité les plus impactés, les commerces fermés dans leur majorité, les entreprises des BTP, le tourisme à l'arrêt, le transport & logistique, ou encore le textile habillement, l'automobile, l'aéronautique… dont l'export a fortement chuté. Même l'offshoring est impacté.
Au total, 3 à 4 millions d'emplois sont menacés. Globalement pour les entreprises, la tendance est à la fermeture et à l'arrêt de l'activité avec des ruptures dans l'approvisionnement en matières premières, l'incapacité de sourcing et d'importation. Le tout sur fond de baisse de la demande locale et d'arrêt de l'export.
Pour les ménages, les premiers effets sont déjà là avec des baisses des revenus pour les indépendants et pertes d'emploi pour des salariés. Par conséquent, les transferts des urbains vers les ruraux (solidarité familiale) s'estompent. Il en est de même pour les transferts de devises de la diaspora (MRE) envers leurs familles et proches au pays d'origine (Maroc).
Evidemment, cette situation se traduit par un manque à gagner considérable pour l'Etat (notamment la baisse des impôts liée à la consommation, les taxes, la TVA, l'IR…). S'y ajoute une baisse de l'investissement de l'Etat dans le secteur productif.
■ Quatre risques majeurs pour les mois prochains…
L'après Covid-19 devra laisser des séquelles. Selon l'analyse de l'ONG Tizi Paris, il y a au moins quatre risques majeurs pour les prochains mois: Des faillites chez les entreprises, une cels précarité sociale encore plus accrue. Plus inquiétant encore, sur le plan politique, cela pourrait se traduire par «des risques de fortes tensions sociales, avant une année 2021 décisive». L'étude précise qu'il y aura «risque de devoir instaurer l'Etat d'urgence pour les mois à venir, voire la suspension des processus électoraux afin de faire face à des profils politiques adéquats et capables de gérer les crises» quelles qu'elles soient. Le dernier risque est inhérent à l'Etat avec une potentielle cessation des paiements si la crise actuelle se prolonge encore plus longtemps. Surtout qu'il n'y a pas de consensus scientifique à date sur la durée de la pandémie, même si les premiers retours de Chine (Wuhan) sont positifs.
■ Plans de sauvegarde économique
Face à la pandémie, plusieurs pays ont mis en place des plans de sauvegarde économique. Outre le Maroc, qui a fait preuve de réactivité et a été précurseur avec la création d'un comité de veille économique en plus de la forte mobilisation et élan de solidarité (23,5 milliards de DH au 23 mars) qui ont suscité des réactions positives auprès des médias internationaux, des pays ont mis en place des fonds spéciaux tels que la France (45 milliards d'euros), l'Italie (35 milliards d'euros), l'Espagne (117 milliards d'euros), l'Allemagne (300 milliards d'euros), l'Angleterre (12 milliards de livres sterling)… Parmi les mesures phares prises au Maroc, un moratoire pour les échéances des crédits bancaires accordés aux entreprises, la garantie des entreprises par l'Etat, des revenus forfaitaires pour les travailleurs impactés, le décalage des taxes et impôts ou encore la priorisation de la santé et du secteur social…
Une série d'actions à lancer immédiatement!
L'ONG Tizi Paris préconise un pacte économique solidaire et multidimensionnel à quatre objectifs pour le Maroc. Désormais, il va falloir poursuivre cet état d'esprit de mobilisation générale ainsi que l'élan de solidarité sans précédent. L'enjeu est de continuer à mobiliser massivement des moyens publics et privés pour lutter contre le Covid-19. Et surtout «évaluer la marge de manœuvre de l'Etat à court terme».
Parallèlement, préconisent les experts, il va aussi falloir mettre en place des filets sociaux pour les ménages les plus vulnérables que ce soit du secteur formel qu'informel. Le bouclier social permettra d'éviter une crise et des tensions. Les ménages fragiles sont estimés à quelque 2 millions, soit 8 millions de personnes, y compris les indépendants de l'informel.
Cette catégorie de la population mérite des aides directes avec un revenu minimal jusqu'à la fin de l'alerte en plus du moratoire sur les échéances de crédits à la consommation et immobiliers ainsi que la gratuité des services essentiels (redevances eau et électricité par exemple). Sur ce registre, les experts préconisent un ciblage sur la base du RSU (Registre social unifié) pour fournir un revenu de solidarité d'au moins 500 DH par mois à quelque 2 millions de ménages. L'idéal est d'accorder un revenu de 2.000 DH par ménage, sur une période allant de 3 à 6 mois. Une aide provisoire et non ouverte aux ménages comptant un salarié.
Autre levier, préserver le tissu économique à tout prix, a fortiori les TPE et les PME ou encore les secteurs les plus exposés et en danger. Les indépendants formels sont estimés à 1 million alors que ceux de l'informel représentent 2 millions (dont 1,4 million hors agriculture).
Pour les grandes entreprises, il est préconisé de préparer «un plan de survie» pour les secteurs les plus touchés, notamment le tourisme, le transport aérien, l'industrie automobile… Le 4e et dernier objectif consiste à assurer la continuité des secteurs essentiels (santé, agriculture, alimentation…) et se préparer en cas de prolongations de l'épidémie. Plus encore, il va falloir se préparer dès maintenant «au scénario du pire» à moyen et long terme pour assurer la solvabilité de l'Etat d'ici fin 2020 tout en évaluant l'impact sur les coûts, les recettes…
Transparence du Fonds spécial
L'analyse de l'ONG Tizi Paris insiste sur l'extrême importance de la transparence qui devra entourer la gouvernance du Fonds spécial de gestion du coronavirus. Parmi les pistes avancées, la mise en place d'une plateforme Internet dédiée pour un maximum de transparence en communiquant régulièrement sur l'utilisation des fonds.
Les analystes recommandent également à l'Etat de recourir aux services d'une agence de communication spécialisée avec l'envoi de SMS massifs, la mobilisation pour une opération de donations envers des personnalités, des fortunés, des artistes, des sportifs, des stars, des dirigeants de grands groupes, des ambassadeurs de la diaspora dans les pays d'accueil…
Par ailleurs, des mécanismes devraient être vite trouvés pour faciliter les dons en ouvrant aux nouveaux moyens de paiements, le mobile money, le digital, sites acceptant les chèques bancaires et espèces en provenance des MRE…
Mettre en place aussi des mécanismes orientés entreprises pour accueillir les dons en nature (agriculture, produits de première nécessité, produits d'hygiène, carburant, télécoms, savon, masques, gels hydro-alcooliques…) Il est aussi recommandé d'encadrer les importations de pétrole pour qu'il n'y ait pas d'impact sur le prix final consommateur.
A.R.


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