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Technocrates, gouvernement d'union nationale…: Le Maroc peut-il se permettre ces changements en plein Covid-19?
Publié dans L'Economiste le 28 - 05 - 2020

Pendant que des partis politiques multiplient les initiatives pour se remettre en selle, des idées sont avancées. C'est le cas d'une proposition qui consiste à constituer un gouvernement de technocrates dont le but est de combattre la Covid-19 et conduire à bon port le plan de relance économique. Elle est relayée par une pétition qui circule sur les réseaux sociaux. Ce qui a fini par sortir le PJD de son silence.
En effet, son secrétariat général, qui s'est réuni la semaine dernière, refuse en bloc ces initiatives. En effet, cette instance de décision «rejette tout discours visant à porter atteinte à l'option démocratique, sous prétexte d'une plus grande efficacité dans la lutte contre les conséquences de la pandémie du coronavirus», selon le communiqué de presse, publié à l'issue de cette rencontre présidée par Saâdeddine El Othmani.
Cette réunion est venue au lendemain d'un débat animé à la Chambre des représentants, faisant suite à l'intervention du chef du gouvernement devant les parlementaires des deux Chambres sur la question de la gestion de l'état d'urgence sanitaire. Au cours de la séance des discussions devant les députés, Saâdeddine El Othmani a essuyé des tirs croisés, notamment en provenance de l'opposition. C'est le cas du PAM qui lui reproche de ne pas exercer toutes ses attributions.
Ainsi, selon Abdellatif Ouahbi, les principales décisions se prennent dans le cadre du Comité de veille économique (CVE), présidé par le ministre des Finances. Le chef du gouvernement ne serait là que pour valider les décisions au niveau de ce Comité.
Devant cette charge, le chef du gouvernement a tenté, tant bien que mal, de se justifier. Le CVE est une structure technique, dont le président, Mohamed Benchaâboun, a été désigné par ses soins, a-t-il affirmé. Qu'importe, ces développements ne pouvaient pas rester sans échos, souligne une source proche du dossier.
En tout cas, l'idée d'un recours à un gouvernement de technocrates commence à faire réagir les politiques. Ainsi, après le PJD, c'est Nabil Benabdallah qui a donné son avis sur la question: «c'est une idée farfelue et sans consistance, à laquelle je n'accorde aucune importance. Je ne comprends pas ce genre de proposition qui veut mettre au frigo les institutions du pays. C'est très dangereux», a affirmé le secrétaire général du PPS. Selon l'ancien ministre, au contraire, aujourd'hui, plus qu'avant, le projet de développement économique et social, confirmé et audacieux, doit comprendre comme composante essentielle le renforcement de la démocratie et non pas sa mise à l'écart».
Il préconise de «laisser la vie politique se dérouler normalement. Il faut que tous les partis politiques aient le courage de se remettre en cause. Il n'y a pas de modèle de développement sans démocratie».Toutefois, il n'écarte pas que ces initiatives s'inscrivent dans le cadre de ce qu'il a appelé des «ballons d'essai», tout en rappelant que le dernier remaniement était motivé notamment par la recherche des compétences. Les résultats sont là, dit-il.
De son côté, Driss Lachgar avance la proposition d'un gouvernement d'union nationale pour faire face à la pandémie. Pourtant, son parti est membre de la majorité. Des politiques jugent «déplacée la revendication du premier secrétaire de l'USFP, à moins qu'il veuille lui-même intégrer l'exécutif au même titre que les autres chefs de partis». Une mauvaise séquence qui intervient dans un contexte de crise à l'intérieur du bureau politique.
Certains de ses membres réclament une réunion de cette instance exécutive pour discuter des sujets d'actualité, particulièrement celui du camouflet du projet de loi relatif aux réseaux sociaux, qui a été finalement retiré, sous la pression de l'opinion publique et des partis politiques de la majorité comme de l'opposition.
Tour d'horizon des avis sur un gouvernement d'union nationale:
■ L'Istiqlal s'y oppose: Le parti de Nizar Baraka estime que cette question n'est plus d'actualité. Son secrétaire général est formel: «la logique d'un gouvernement d'union nationale est dépassée. Car, nous sommes dans un contexte d'unité nationale dans le combat contre le Covid-19 et ses impacts socio-économiques, conduit par SM le Roi».
■ Idem pour le PJD: Le niet du parti de Saâdeddine El Othmani a été catégorique. Mais dans cette affaire, la formation n'a pas chargé son secrétariat général d'exprimer son opposition. Ce sont ses lieutenants qui sont montés au créneau pour rejeter publiquement cette offre. D'ailleurs, la tension entre le PJD et l'USFP est vive. On l'a vu au moment de la polémique sur le texte relatif aux réseaux sociaux.
■ Le PAM plus nuancé: Son secrétaire général Abdellatif Ouahbi rejette l'idée d'un gouvernement d'union nationale «pour seulement changer le chef de l'exécutif. Par contre, dans le cas d'un report des élections de 2021,il serait légitime de le réclamer. L'équipe aux commandes actuellement n'aura plus de raison de continuer à gouverner».
Mohamed CHAOUI
Avis partagés sur un éventuel report des élections
Le mot est lâché. En fait, Abdellatif Ouahbi a été le premier à s'attaquer au tabou de l'éventualité d'un report des élections. Il s'est interrogé sur les conditions propices à l'organisation de plusieurs échéances prévues en 2021 (élections professionnelles, communales, régionales, Chambre des conseillers et législatives pour couronner le tout).
Toutefois, avant d'arriver aux urnes des différents scrutins, il est impératif de préparer et d'adopter les lois électorales. Ce processus sera ponctué de réunions régulières entre le ministre de l'Intérieur et les responsables des partis politiques. Dans ces conditions et avec une crise qui touche déjà des pans entiers de l'activité économique, l'agenda électoral sera-t-il tenu?
■ L'Istiqlal tient à l'agenda électoral: Le parti de la balance exclut l'éventualité d'un report des échéances électorales. Noureddine Médiène, chef du groupe parlementaire de l'Istiqlal à la Chambre des représentants, pense qu'après le Covid-19, les partis politiques devront s'impliquer davantage dans la préparation des élections. L'objectif est d'organiser toutes les élections prévues l'année prochaine, selon l'agenda arrêté. En outre, il précise qu'une année qui nous sépare de ces rendez-vous est suffisante pour adopter les lois électorales. Pour convaincre, il rappelle que les concertations entre le chef du gouvernement et les patrons des partis politiques avaient démarré juste avant l'avènement de la pandémie. Dès cette semaine, Saâdeddine El Othmani démarre les concertations avec les formations politiques et les centrales syndicales autour de la relance économique post-Covid-19. C'est une opportunité supplémentaire pour aborder la reprise des pourparlers pour préparer les élections.
■ Trop tôt pour se prononcer, selon le PPS: Le secrétaire général du PPS estime qu'il est prématuré de se prononcer sur les élections de 2021. «Si tout va bien, il n'y aura aucune raison de changer le calendrier de ces échéances. C'est ce que j'espère. Maintenant, il faut souhaiter que ni chez nous ni ailleurs, les choses ne vont s'aggraver», dit-il.


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