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Le tourisme: Une affaire de santé aussi
Publié dans L'Economiste le 07 - 08 - 2020

«Le tourisme est un chêne centenaire plein d'oiseaux qui y migrent depuis des siècles, au fil des saisons, s'y reproduisent et s'y nourrissent» nous disait M. Giudicelli, professeur de marketing stratégique du tourisme sur les bancs de Paris I. «Mais le moindre bruit suspect, le moindre danger les fera fuir et ils s'envoleront tous» (Ph. Archives)
Avec un rythme annuel de croissance de 3% seulement par an de 2000 à 2019, et une participation au PIB de 7 points pour ce qui est du tourisme international et de 3 points pour ce qui est du tourisme interne, le secteur a eu bien de la peine à atteindre 25 millions de nuitées en 20 ans. Les effets de la Covid-19 rétrogradera cette performance au niveau des années 90. Les oiseaux se sont envolés. L'affaire est sérieuse.
Tourisme et artisanat emploient près de 3 millions de Marocains entre emplois directs et indirects. Derrière chaque emploi, se trouvent 3 à 4 membres de familles, souvent inactifs ou en âge de scolarisation. Il s'agirait donc de près de 10 millions de citoyens indirectement menacés de précarité.
Parler à ses clients
Lorsque l'avion est menacé de crash, le commandant de bord s'adresse tout d'abord à ses passagers. En l'occurrence, et s'agissant du tourisme, les passagers sont les marchés et les clients. On les rassure et les tient informés des mesures entreprises en vue d'un atterrissage imminent et sécurisé.
Le contexte Covid aurait effectivement nécessité tout d'abord que le pilotage touristique s'adresse aux marchés pour les informer de ce que la destination Maroc entreprend pour garantir leur santé, et raccourcir le délai de retour des oiseaux sur leur arbre. L'univers digital et audiovisuel planétaire est là pour cela. Cela coûte bien entendu de l'argent, mais tout au plus, 0,5 point de PIB.
Parfois, l'avion peut devoir changer de cap pour un atterrissage sans trop de dégâts, selon les vents, la météo, et l'état de l'appareil.
Une seule leçon
En tourisme, le changement de cap devrait concerner le produit en y introduisant de façon plus prononcée la labellisation, la certification internationale, la durabilité, et la prise en considération de la santé au cœur même du produit. De même la politique de prix, de placement et de promotion doit être réajustée en fonction des impératifs de la situation.
Si une seule grande leçon devait être sérieusement tirée de la crise Covid-19 au Maroc, ce serait celle de la nécessité impérieuse de mise en œuvre d'un Plan Maroc Santé 2030, voire 2040.
La France, qui dispose de 430.000 lits hospitaliers (contre 32.500 au Maroc) engage actuellement un grand chantier de mise à niveau de son infrastructure hospitalière. Nommé «Ségur» du nom de la rue où se situe le ministère de la Santé français, ce plan a pour objet d'améliorer la gouvernance, les investissements et le financement du système de santé français, dont la capacité d'accueil représente 13 fois le nôtre!
Dans une première étape que l'on pourrait situer en 2035, passer d'un à 4 lits pour 1.000 habitants, comme en Grèce, en Arménie, en Ouzbékistan ou encore en République Dominicaine ne me semble pas être impossible pour une Nation qui a relevé bien des défis au plan de ses infrastructures au cours de ces 20 dernières années.
Nous aurions voulu voir ne serait-ce que l'ébauche d'une telle ambition dans le projet de loi de finances rectificative, mais il n'en fut rien. Gageons que la prochaine loi de finances, et surtout le gouvernement qui sera issu des urnes de 2021, prendra ce chantier fondamental par les cornes. Nous n'en avons pas le choix!
La santé coûte cher, le manque de santé encore plus
Où placer la santé d'aujourd'hui? Dans notre pays, elle demeure un luxe que peu d'entre nous peuvent se permettre.
Alors que la Mongolie dispose de 7 lits hospitaliers pour 1.000 habitants, et que Cuba dispose de 5 lits pour 1.000 habitants, le Maroc dispose lui, et à ce jour, d'un lit hospitalier pour 1.000 habitants et de 7 médecins pour 10.000 habitants. Le Maroc de 2020 fait ainsi moins bien que le Maroc de 1960 qui disposait de 1,6 pour 1.000 habitants.
C'est la raison pour laquelle le Maroc ne peut se permettre, par défaut, d'ouvrir ses frontières au tourisme international cet été 2020.
Ainsi le cœur du problème n'est même plus dans la qualité de la gouvernance touristique stricto sensu, mais dans la qualité de l'environnement de base de son tourisme. La précarité de notre système sanitaire devient ainsi un frein non seulement à la santé de ses citoyens, dont l'espérance de vie ne dépasse toujours pas 76 ans (contre 84 ans au Japon), mais également un frein au développement économique, voire au développement tout court.
Pendant des mois, pas de pilote à bord
Nadia Fettah Alaoui, ministre du Tourisme, six mois pour réagir
En temps normal, le pilotage du secteur se résume en un exercice de veille et de fine tuning stratégique. Produit, prix, distribution et promotion sont observés, scrutés, en fonction de l'évolution des tendances et attentes des marchés. On s'adapte, on corrige et on stimule l'investissement. Mais c'est le pilote automatique qui fait l'essentiel du travail.
En temps de crise comme celle-ci, le rôle du commandant devient déterminant. Il est dans l'obligation de désactiver le pilote automatique, de s'imposer, de faire valoir son expérience, d'agir dans l'urgence absolue, de faire appel à son sang-froid, de réviser sa check-liste, de chercher des solutions, d'innover parfois (et non d'improviser), pour que son appareil reprenne de l'altitude et évite le crash.
Cet exercice ne fut pas concluant en ce qui concerne la crise que traverse notre tourisme. Ce n'est que six mois après le déclanchement de la pandémie, dont on savait tous qu'elle serait grave, qu'une première action va être lancée, un contrat-programme, jeudi 6 août 2020.


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