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"Le travail temporaire est la réponse organisée et sûre à un besoin de flexibilité"
Philippe Marcel, PDG d'Adecco pour l'Europe de l'Ouest et l'Afrique
Publié dans L'Economiste le 10 - 03 - 2000

En visite au Maroc à l'occasion de l'extension du réseau d'Adecco, M. Marcel livre ses réflexions sur l'évolution de la profession. Il dévoile également la stratégie de son groupe au Maroc.
L'Economiste: Contrairement à l'Europe et l'Amérique du Nord, le travail temporaire continue à être mal perçu au Maroc. Comment interprétez-vous cette situation et quel est le rôle des entreprises de travail temporaire pour améliorer cette image?
- M. Philippe Marcel, PDG Adecco: Généralement, cette mauvaise perception est due à l'ignorance de la réalité de ce métier. Prenons l'exemple de l'Europe. En 1993 par exemple, le travail temporaire (TT) était interdit en Espagne et en Italie. Il a été autorisé au Portugal la même année et en 1994 pour l'Espagne. Pour l'Italie, ce sera en 1997. Ce que nous constatons, c'est que là où le TT était interdit, la profession s'organise. Au Maroc, l'environnement juridique et législatif sur l'intérim ne s'est pas encore précisé. Nous sommes sûrs que ce cadre se mettra en place. Car fondamentalement, le TT a un rôle utile à la fois sur les plans économique et social. Nous sommes prêts à travailler avec les différents partenaires sociaux pour trouver une formule qui s'adapte aux spécificités marocaines et qui donne satisfaction à tout le monde. Car, en regardant les différentes législations européenne et américaine, nous constatons qu'elles ont la même ossature, avec des adaptions en fonction du pays. Nous pensons qu'il est un peu dommage de mettre en place une législation sans regarder ce qui se passe ailleurs.
- Est-ce que le niveau de développement du travail temporaire renseigne sur le développement d'une économie?
- Vous savez, le travail temporaire existe quel que soit le niveau de développement d'un pays. Simplement, dans les pays où le cadre législatif est clair, ce travail est organisé. Dans le cas contraire, c'est le travail au noir qui domine. Ce dernier aussi existe un peu partout. Cependant, ce que l'on constate, c'est que le noir est moins important du moment que le TT est encadré. Autrement dit, l'intérim est un moyen d'organiser, sur le plan législatif, la flexibilité du marché du travail. Cela permet alors d'apporter une sécurité juridique à la fois à l'entreprise utilisatrice et à l'intérimaire. En somme, le TT est la réponse organisée et sûre à un besoin de flexibilité exprimé sur le marché. Au Maroc, la profession a aussi besoin de s'organiser et de se moraliser.
- Le réseau d'Adecco au Maroc vient de se renforcer avec l'ouverture d'une nouvelle agence à Rabat. Le marché a-t-il émis suffisamment de signaux justifiant cette extension?
- Je pense que oui. Le Maroc présente de bons fondamentaux. C'est ce qu'il faut pour que le marché du travail temporaire se développe.
- Il faut noter aussi que le taux de chômage est élevé
- Que le taux de chômage soit élevé ou pas, cela ne change pas grand-chose. Quand nous regardons le contexte économique marocain, le rôle du pays en Afrique du Nord et ses relations avec l'Europe, il est sûr, qu'en dépit de la sécheresse de cette année, à long terme et sur les bases des fondamentaux, le Maroc justifie notre extension.
- Y a-t-il d'autres ouvertures programmées au Maroc?
- Nous avons deux objectifs. Une expansion géographique. Nous allons donc nous installer sur des villes comme Fès, Tanger et Marrakech. Le second objectif est d'être présents sur l'ensemble des créneaux ayant trait aux ressources humaines. Aujourd'hui, nous menons une réflexion sur l'ouverture d'un cabinet de recrutement au Maroc. Plusieurs possibilités nous sont offertes. Il y a celles de racheter un cabinet qui a envie de s'adosser à notre groupe ou de recruter un professionnel de la place et le former pour qu'il devienne le patron de notre activité "Recrutement des cadres".
- Avez-vous déjà établi des contacts avec des cabinets?
- Nous n'avons encore rien entamé pour l'instant. C'est une opération que nous allons lancer certainement au courant de cette année.
- Qu'en est-il de votre présence au Maghreb?
- Pour l'instant, nous sommes installés uniquement au Maroc. Nous avons des projets sur la Tunisie. En Afrique, nous sommes implantés complètement à l'autre bout, en Afrique du Sud. Nous nous développons au fur et à mesure que la demande s'exprime. Sur le plan mondial, nous sommes leader sur le marché des ressources humaines.
- Contrairement à d'autres groupes, l'histoire du votre est jalonnée d'acquisitions et de fusions. Pourquoi?
- Notre stratégie est double. Elle comprend une croissance interne basée sur le développement du réseau d'agences dans les différents pays où nous sommes implantés et l'acquisition d'entreprises importantes, soit dans les pays où nous sommes faiblement présents, soit dans des secteurs d'activité que nous souhaitons développer. Je prends des exemples. Aux Etats-Unis, nous avons acheté les entreprises TAD en 1998 et Olstein en 1999. Au Japon, où nous étions classés quatrième, nous avons effectué l'acquisition de la société Career Stas (1998). Aujourd'hui, nous nous y plaçons au deuxième rang.
Adecco souhaitait aussi développer son activité informatique. Nous avons acheté l'entreprise anglaise Delphi (1998). Nous sommes aujourd'hui numéro un mondial de la délégation du personnel dans le domaine informatique.
L'entreprise mise aussi sur une croissance interne. En Italie, par exemple, nous avons ouvert 150 agences en 1999. Nous avons embauché du personnel et nous l'avons formé.
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5.000 agences à travers le monde
Adecco compte près de 5.000 agences à travers 55 pays. L'Europe est le continent qui abrite le plus grand nombre d'implantations avec plus de 2.550 agences (1.133 rien qu'en France). Le Vieux Continent est suivi de l'Amérique qui accueille près de 1.600 agences, principalement aux Etats-Unis (1.339). En bas de la liste, figurent l'Asie-Pacifique (près de 200 agences), l'Afrique avec 20 agences et le Moyen-Orient (6). Le groupe emploie 19.000 permanents, et chaque jour plus de 450.000 collaborateurs intermédiaires dans 100.000 entreprises.
Pour cette année, Adecco table sur un chiffre d'affaires (CA) prévisionnel de 100 milliards de Francs français. Au Maroc, où le groupe se fixe l'objectif d'une agence par an, l'entreprise souhaite dépasser 100 millions de DH.
Propos recueillis par Aniss MAGHRI


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