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La Soul orpheline de Ray Charles
Publié dans L'Economiste le 14 - 06 - 2004

· Le Genius s'est éteint chez lui, à l'âge de 73 ans
· Il aura fêté son 10.000e concert et a été récompensé de 13 Grammys
Un vieil homme assis à son piano, lunettes noires, sourire éclatant, en osmose parfaite avec les notes qu'il égrène. C'était cela Ray Charles, et bien plus encore. La Soul Music s'est réveillée vendredi 11 juin orpheline. Ray Charles a tiré sa révérence, après des décennies de chant, de composition et de renouveau. “Le monde est plus silencieux tandis que nous sommes en deuil de Ray Charles”, a commenté le président de l'Académie du disque, Neil Portnow. “Avec son mélange de blues, de gospel, de jazz et de Soul, Ray Charles était le musicien américain par excellence. Avec un coeur aussi grand que son talent”, a-t-il ajouté.
Rien dans les premières années de sa vie, ne prédestinait Ray Charles à une aussi grande carrière. Sauf peut-être une série de malheurs, et un voisin jouant constamment du piano. En effet, Ray perd son frère, avec qui il était très complice, à l'âge de 5 ans. Deux années après, c'est la vue que Ray Charles perd. Il est ainsi placé dans une école spécialisée pour non-voyants, où il souffre du racisme. Mais c'est là aussi que Ray Charles apprend les premiers rudiments de musique. Il s'ouvre ainsi au gospel, qu'il avait vaguement pratiqué à l'église, le rhythm'n'blues, le swing et la country. A la fin des années 40, Ray Charles avait déjà fait un petit bout de chemin. Il avait réussi à détrôner le style religieux chanté dans les églises noires, et ce en le rythmant davantage. Ainsi, le gospel se jouait plus accéléré mais surtout avec plus de sensualité, ce qui n'est pas passé sans heurter certains fidèles. A ces critiques, le génie, en herbe, répondait: “Je joue de la seule façon dont Ray Charles sait jouer”. Le ton est donné. Ray Charles sent une certaine musique, et c'est celle-ci qu'il s'évertuera à interpréter. Après une brève phase d'imitation de son idole Nat King Cole, il impose au monde son style. Un style éraillé, immédiatement reconnaissable, tout comme sa façon de se balancer de gauche à droite au piano et son très large sourire. A partir de cet instant, il est propulsé sur le devant de la scène avec des titres légendaires. “I got a woman” en 1954 et l'entraînant “What'd I say” en 1959, le chanteur et compositeur enchaîne ensuite avec la ballade de blues “Georgia on my mind” en 1960, devenue depuis l'hymne officiel de son Etat natal, et le comique “Hit the road Jack” ou “I can't stop loving you” 1961. Pari gagné, Ray Charles est le premier chanteur-compositeur à avoir mêlé blues (musique du diable) et gospel (chant religieux par excellence).
Mais c'est l'Europe qui avait grand ouvert ses portes à Ray Charles. Comme beaucoup de musiciens afro-américains en ces temps-là, il se taille une réputation basée sur sa capacité de s'adapter à tous les répertoires. Il va même jusqu'à interpréter sa version du célébrissime titre “La Mama” de Charles Aznavour. L'Europe est donc devenue le tremplin qui a propulsé encore plus loin Ray Charles, dans l'univers des stars américaines.
Mais le “Genius” n'a pas échappé aux gouffres de la célébrité. Le fisc, la drogue et la prison le plongent dans l'oubli pendant plusieurs années jusqu'à son retour sur scène, en 1990, au Festival de jazz d'Antibes, dans le sud de la France.
Car Ray Charles est un grand habitué des festivals. Montreux, Nice, Marciac, Montréal… il n'en rate aucun. Il enflamme les planches des scènes, qui se déhancheraient presque au rythme de sa musique. C'était le cas en 1999, un 7 juillet, quand la ville de Casablanca a vibré aux rythmes de Soul de Ray Charles.
Le Genius a fêté son 10.000e concert au Greek Theater de Los Angeles au printemps dernier. Il a aussi été récompensé de 13 Grammys, les plus prestigieuses distinctions de la musique aux Etats-Unis.
L'an dernier, il a, pour la première fois d'une carrière de plus de 50 ans, dû annuler une série de concerts aux Etats-Unis en raison de douleurs à la hanche. Ray Charles s'est produit en public pour la dernière fois le 30 avril, aux côtés de Clint Eastwood, lorsque la ville de Los Angeles avait décidé de faire de ses studios d'enregistrement un monument historique.
Peu avant sa mort, il a participé à l'enregistrement d'un album de duos intitulé “Genius loves company”, avec Norah Jones, BB King, Diana Krall et Willie Nelson, entre autres.
Ainsi s'éteint Ray Charles, mais la légende continue, et comme l'a écrit le quotidien Le Temps, “c'est maintenant au tour des anges de trembler”.


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