10.000 dollars d'amende pour la fédération algérienne    Classement : La Tunisie rentre bredouille    Ankara défie Bruxelles    Nouvelle économie: les territoires, faiseurs de nations    Internet mobile: L'effet accélérateur du smartphone    Casa malade de ses moyens de transport    Les budgets des collectivités territoriales enregistrent un excédent de 5,4 MMDH    Managem et Injaz Al-Maghrib présentent le bilan de leurs programmes de formation à l'entrepreneuriat    Les projets de loi relatifs aux soulaliyates adoptés en commission à la Chambre des représentants    Avant Trump, Clinton n'était pas épargné par la diplomatie britannique    « Renvoyez-la! »: Le ton de la campagne Trump est donné    Réunion du Bureau de la Chambre des représentants    Bouillon de culture    Troisième marche du podium pour le Nigeria    De "captain" Mahrez à la révélation Bennacer Le carré d'as algérien    Hicham El Idrissi : Il ne faut pas compter sur des joueurs qui ne veulent plus jouer pour le KACM    La syphilis regagne du terrain    Drame d'Imlil. Peine capitale pour les trois principaux accusés    Turquie: 17 morts dans l'accident d'un minibus de migrants    Contrairement à Nicki Minaj, 50 Cent et Janet Jackson chanteront en Arabie Saoudite    "Les Enfants de la mer", un film d'animation écologiste et spirituel    Le court-métrage en fête à Ifrane et Azrou    OMS: l'épidémie d'Ebola est une "urgence" sanitaire mondiale    Fouzi Lekjaa nommé 2ème vice-président de la CAF    Projection du film «Tel Aviv on Fire» à l'IF d'Oujda    El Akademia Master class : L'Orchestre national des jeunes du Maroc régale    Migration illégale. Comment retenir les mineurs au Maroc    Procès Imlil. La Cour met l'affaire en délibéré    Pour renforcer sa contribution au marché financier marocain : L'AMMC se dote d'un conseil scientifique    Gnaoua Festival : Berlin en transe en août prochain    Le 10è festival «Timizart» d'argent du 18 au 22 juillet à Tiznit    Algérie-Sénégal : La CAF change l'arbitre de la finale !    Le FMI appelle à des réformes ambitieuses du marché du travail    Instagram masque les likes dans six pays    World's Coffee Growers Seek to Set Minimum Price to Help Poor Farmers    Apollo's Code: Meet the Computer Programmer Who Landed Us on the Moon    Le Néerlandais de Ligt signe à la Juventus Turin    Terres soulaliyates. La commission adopte trois projets de loi    Nezha Hayat décorée par le Roi d'Espagne Felipe VI    Carola Rackete, capitaine du Sea-Watch 3, s'explique devant les magistrats    Objectif Downing Street : Ultimes plaidoyers des deux candidats    Promotion de l'emploi dans le secteur de l'aviation civile : L'ONDA et l'Anapec s'allient    Accès à l'eau potable : L'AFD et l'ONEE signent un accord de 101 millions d'euros    Loi-cadre sur l'Education: PJD et Istiqlal, porte-drapeaux de l'obscurantisme ?    Une saga nommée «Megri»    Une faille d'Android permet aux hackers d'accéder à vos photos    Présentation du projet de politique publique intégrée pour les personnes âgées    Biennale d'art contemporain. Rabat, capitale artistique de la rentrée !    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Le caviar en voie d'extinction
Publié dans L'Economiste le 07 - 12 - 2004

· Le braconnage tue la mer Caspienne, plus grande réserve mondiale
· L'esturgeon n'a pas le temps d'atteindre l'âge de reproduction
· L'Iran, premier producteur mondial, craint la disparition du fossile vivant
Les amateurs de caviar devront débourser encore plus à Noël pour les oeufs d'esturgeon, mais les pêcheurs iraniens de la Caspienne préviennent que le véritable prix à payer pour la raréfaction de la ressource risque bientôt d'être sa disparition totale. C'est de la Caspienne, plus grande mer intérieure au monde, que provient 90% du caviar disponible sur le marché international. Mais les réserves d'esturgeons s'épuisent dramatiquement et certaines espèces, tels les délicats bélugas et osciètres, flirtent avec l'extinction. «Il y a quinze ans, le bateau aurait été rempli à ras bord au bout d'un après-midi en mer, aujourd'hui on peut passer une semaine sans rien prendre», se désole Hedayat Mohammadi, un pêcheur qui écume les eaux aux larges de Bandar Anzali (nord-ouest de l'Iran) depuis 26 ans.
De ce côté de la Caspienne, on pointe un doigt accusateur sur les autres riverains, l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan, la Russie et le Turkménistan.
«Après l'effondrement de l'URSS, les trafiquants et les miséreux des nouvelles républiques se sont mis à piller les fonds. Il n'y a plus de contrôle de l'Etat pour contrer la pêche illégale, il n'y a pas d'effort de conservation», se lamente Mohammad Pourkazemi, scientifique à la tête du Centre iranien de recherche sur l'esturgeon.
«Prenez l'Azerbaïdjan, ils pêchent massivement l'esturgeon rien que pour sa chair. Le poisson n'a même pas le temps d'arriver à la puberté», abonde un vétéran des pêcheries locales, Farrokh Sharifi. L'âge de la reproduction et donc de la production de caviar s'étale selon les variétés entre 9 et 18 ans. Mais le pire est à venir, prédit Farrokh Sharifi: «La véritable catastrophe surviendra quand ces pays finaliseront leurs contrats pétroliers et se mettront à exploiter les gisements». Les viviers de la République islamique, qui détient 50% du marché du caviar de la Caspienne et en a exporté 65 tonnes, pour 35 millions d'euros, entre mars 2003 et 2004 selon les chiffres officiels, relâchent jusqu'à 18 millions de jeunes esturgeons chaque année. Mais la proportion de ceux qui atteignent l'âge adulte est infime. L'Iran dépenserait quelque 10 millions de dollars par an pour reconstituer les stocks du «fossile vivant», qui fut le contemporain des dinosaures. Le marché est placé sous strict monopole étatique. La plus grande part de la production est destinée à l'exportation. La consommation domestique est limitée à 100 grammes par personne et par an, au prix prohibitif de 3 millions de rials (340 USD) le kilo. A l'international, le caviar iranien se vend en moyenne 830 dollars le kilo.
Mais une incursion à Bandar Anzali, plaque tournante de l'industrie du caviar, révèle que le caviar de contrebande peut se négocier aisément entre 1,5 et 2 millions de rials (de 170 à 230 dollars).
Bien connu sur la place, l'ancien trafiquant Hamid Gharavi estime à au moins 30 tonnes par an le caviar qui part illégalement pour les Emirats arabes unis ou la Turquie. «Le braconnage rapporte tellement que non seulement de nombreux pêcheurs, mais aussi des policiers et des officiels sont impliqués», dit Hamid Gharavi. Un employé des pêcheries publiques gagne environ 24 millions de rials (2.750 dollars) par an, un braconnier sept fois plus, dit-il. Mais les responsables reconnaissent que la plupart des trafiquants s'en tirent bien mieux. Ils soulignent aussi la nécessité de faire comprendre, à l'étranger notamment, la gravité de la situation.
- L'Iran dépenserait quelque 10 millions de dollars par an pour reconstituer les stocks d'esturgeons. Le marché est placé sous strict monopole étatique. Et la consommation domestique limitée à 100 grammes par personne et par an, au prix prohibitif de 3 millions de rials soit 340 dollars le kilo. A l'international, le caviar iranien se vend en moyenne 830 dollars le kilo. Mais le caviar de contrebande, lui, peut se négocier aisément entre 1,5 et 2 millions de rials soit de 170 à 230 dollars


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.