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Presse: Libre… non, pas tout à fait!
Publié dans L'Economiste le 05 - 05 - 2005


· Reporters Sans Frontières décrit les contrastes
· Ce qui freine la presse privée
Au Maroc, huit journalistes sur dix ne se sentent pas libres d'écrire sur tous les sujets. C'est une situation inquiétante et curieuse que rapporte Reporters Sans Frontières (RSF) dans son bilan 2005. Inquiétante vu l'impressionnant manque de liberté que reflète cette conclusion. Curieuse parce qu'on ne sait pas si l'expression "être libre d'écrire sur tous les sujets" renvoie à la liberté de presse où à la liberté d'expression. Une fois cette distinction établie, on pourra alors apprécier la situation réelle de la presse au Maroc. Il se pourrait aussi que ce manque de liberté provienne d'une inhibition personnelle. Autrement dit une forte autocensure.
Ces chiffres proviennent initialement d'une étude du chercheur en communication Saïd Mohamed, menée en collaboration avec le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) et la Fondation Frederich Eibert.
Cette étude affirme que le code de la presse vient en tête des freins au développement de la profession au Maroc. Près de 56% des journalistes sondés se disent «insatisfaits» de cette loi.
Ce qui est curieux aussi dans ce sondage c'est qu'il annonce que les sujets désignés comme étant les plus difficiles à traiter sont les affaires politiques, notamment celles concernant "les membres du gouvernement" et "certaines personnalités publiques".
Si le terme "membres du gouvernement" veut dire "membres de l'exécutif", alors la situation n'est pas aussi alarmante. Le traitement de ce genre d'informations diffère d'un média à l'autre, selon la ligne éditoriale. Maintenant, si "personnalités publiques" renvoie à l'entourage royal, alors la situation est mitigée. Un des critères de la démocratie, selon les organisations internationales, est la capacité d'un peuple de critiquer ceux qui le gouvernent. Au Maroc, il était impensable que les affaires Royales soient traitées avec une liberté de ton. En raison de son pouvoir, l'institution Royale cristallise les débats. Une partie de la classe politique demande la révision des compétences du Roi pour pouvoir instaurer la démocratie.
Le Maroc, et c'est RSF qui le dit, présente une liberté contrastée. A côté de signes d'ouverture comme la libéralisation du paysage audiovisuel, l'Organisation cite les nombreux cas d'emprisonnement des journalistes. "Malgré un début d'année encourageant avec la libération de deux journalistes emprisonnés et la grâce accordée à tous les autres reporters (…), les condamnations à des peines de prison restent une arme utilisée par les autorités contre la liberté de la presse", affirme RSF dans son rapport. Deux journalistes ont été emprisonnés en 2004 pour «diffamation»: Anas Tadili, directeur de l'hebdomadaire Akhbar al-Ousbouaâ et Anas Guennoun, directeur de l'hebdomadaire Al Ahali.
Le code de la presse et la loi antiterroriste sont les deux principaux chemins qui mènent au "cachot". Le cas Ali Lmrabet, malgré les avis contrastés qu'il soulève, a été encore une fois cité comme un des exemples de l'atteinte à la liberté de la presse. Mais RSF considère que la libération de son correspondant sur grâce royale n'a pas apporté les fruits escomptés. Et pour cause, certains sujets tabous suscitent encore une réaction musclée des autorités. C'est le cas de l'expulsion de 2 journalistes français et 3 norvégiens qui enquêtaient sur la question du Sahara.
Que dira l'Organisation de la récente condamnation de Lmrabet à 10 ans de prison pour la même affaire justement? Nulle doute que cet événement sera le point saillant du prochain rapport.
Au Maroc, s'il y a bien une revendication qui urge, c'est la suppression des peines de prison dans le code de la presse et la révision du statut exceptionnel du journaliste dans les procès de diffamation.
A l'image de la vie politique et économique, la presse est en train de vivre une transition. Selon RSF, les journaux privés sont confrontés au manque d'indépendance de la justice, à la difficulté d'aborder des sujets sensibles comme la personne et la fortune du Roi, au maintien des peines de prison pour des délits de presse, au boycott publicitaire ainsi qu'aux pressions exercées sur les imprimeurs.
Cela dit, le Maroc demeure en avance sur ses compères arabes. En fait, le Maghreb et le Moyen-Orient, où le Royaume est classé, constituent un environnement hétéroclite. On est bien loin de la société policée en Tunisie, en Arabie saoudite ou en Syrie. Le Maroc est loin aussi des assassinats en Irak.
En Algérie, la liberté de presse, citée en exemple, est violemment secouée par les procès des journalistes comme le prouve la fermeture du journal le Matin et l'emprisonnement de son directeur Benchicou.


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