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Ramadan des Autres
"Restos du cœur»: Un élan de solidarité en Algérie
Publié dans L'Economiste le 10 - 10 - 2006

A l'occasion du mois de Ramadan, L'Economiste publie une série d'articles sur cette période spéciale. Chaque jour, un pays est à l'honneur. Des mythes aux rites en passant par la spiritualité, l'animation et la cuisine… Un voyage ramadanesque.
· Couffin de Ramadan, Colis du cœur, restos de «Rahma»… L'entraide gagne du terrain
· Plus de 115.000 couffins distribués depuis le début du mois
· Zlabia, Chorba frik, Bourek: Le f'tour à Alger, Oran, Constantine
L'ambiance ramadanesque à Oran s'apparente à celle de Casablanca et de Rabat. Pour une Algéroise basée à Casablanca, Ramadan en Algérie a beaucoup de similitudes avec le Maroc (ambiance dans les rues, mosquées, animation, TV...). En même temps, et au même titre que le parler, les habitudes pendant le mois sacré diffèrent, selon que l'on est dans l'Algérois (Triangle Alger, Cherchell, Blida) ou dans l'Oranais (Oran-Sidi Belâabès).
Le changement est d'abord dans les habitudes culinaires.
Cette année, le mois sacré s'annonce difficile pour une grande partie de la population algérienne, car il coïncide avec la rentrée scolaire. En sus des frais de scolarité et autres fournitures, les ménages à revenu limité se plaignent de la flambée des prix des produits de grande consommation (surtout les fruits et légumes). A Tlemcen par exemple, près de 30.000 familles nécessiteuses ont été recensées cette année pour recevoir des aides.
Depuis le début du mois, des provisions sont distribuées aux démunis. Une initiative qui s'inscrit dans le cadre de l'opération «Colis du cœur».
Autre initiative de solidarité, le Couffin de Ramadan. Cette opération de distribution de denrées alimentaires a commencé dans la plupart des régions. Contrairement aux années précédentes, le Couffin de ramadan a été exclusivement distribué à domicile, cette année. Ce que n'apprécient pas de nombreux ménages, eu égard à la gêne que cela occasionne dans les quartiers.
Jusque là, quelque 115.653 couffins de Ramadan ont été distribués, depuis le début de l'opération de solidarité.
Rien que dans la wilaya d'Alger, 47.480 couffins ont été livrés depuis la première semaine de Ramadan à quelque 63.335 familles.
Dans un certain nombre de communes, certains ménages démunis ont reçu une aide pour pouvoir s'approvisionner durant ce mois.
La paupérisation de larges couches de la société est plus apparente pendant le Ramadan que durant le reste de l'année.
A la rupture du jeûne, de longues files se forment devant les restaurants «Rahma» (ndlr: la Clémence) l'équivalent des «Restos du cœur» français. Certains établissements distribuent entre 400 et 500 repas par jour.
Les bénéficiaires ne sont pas seulement des SDF, mais également des chômeurs, parfois des familles entières.
Dans le quartier populeux de Belcourt, commune de Sidi M'Hamed, l'on n'arrive pas à faire face à la demande. Plus de 1.000 paniers-repas y sont distribués quotidiennement.
C'est dire qu'un esprit d'entraide, de charité et de compassion s'installe durant le mois sacré.
Dans les rues d'Alger, les marchés sont plus animés et plus fournis en fruits et légumes que d'habitude. Les commerçants transforment souvent leurs magasins en boulangeries proposant dattes et Zlabia, gâteau sucré fait de farine. Les autres produits très populaires vendus par ces boulangeries temporaires sont le Maqrout, le Kalb Ellouz (des cerneaux d'amandes), et toutes sortes de pains, de biscuits et petites brioches.
Le trafic devient plus dense l'après-midi dans le centre-ville d'Alger. Les accrochages, disputes et joutes verbales, sur fond de klaxons interminables, font partie du décor. Les partisans de la sérénité trouvent plutôt leur compte dans les mosquées.
A quelques minutes du coucher du soleil, les rues se vident et les automobilistes s'activent. Ils appuient sur le champignon pour rentrer le plus vite possible chez eux. Dans l'arrière-pays comme à Alger, «il est inadmissible de ne pas rompre le jeûne chez soi».
La table du f'tour est bien garnie. La cuisine et la pâtisserie sont raffinées et réputées dans l'Algérois, surtout à Blida. Le f'tour commence par les dattes et le lait. Suit la Chorba Frik, une soupe à base de concentré de tomate et de pois-chiche. Le tout mélangé au frik, blé vert concassé. C'est très répandu à Alger et à Oran (l'équivalent de la harira marocaine). Autre soupe typiquement algéroise la Chorba Mkadfa, un potage mélangé aux pâtes.
A Constantine, la soupe est plutôt légère. Elle est à base de tomate, de courgettes, pomme de terre et morceaux de viande. La tradition à Alger et Blida pendant le Ramadan est de consommer en même temps la Chorba et Bourek, l'équivalent des briouates au Maroc, farci de viande hachée.
Après la soupe, place au plat de résistance. Dans les principales villes, il existe une préférence pour la Maâkouda pendant le mois sacré. Un remontant à base d'oignons, de persil et œufs frits et très peu de farine. Il en est de même pour la Taktouka ou «Sfiria». Un mets de poulet ou de viande ou les deux ensemble avec des beignets à base du pain de mie ou des biscottes et fromage râpé.
Après le dîner vient «Lham Lahlou». Un plat sucré à base d'abricots secs, de pruneaux, de morceaux de pomme cuits avec de la cannelle et eau de fleur d'oranger. Le dessert est généralement composé de fruits et de Mhalbi. C'est du riz en poudre, une sorte de flan servi dans des coupelles avec amandes et pistache dessus. Ce dessert est aussi servi lors du Shour.
Entre-temps, c'est le café et le thé qui sont servis à volonté tout au long des soirées ramadanesques. Les Algérois sont de grands consommateurs de café, alors que les Oranais raffolent du thé vert à la menthe. Les sucreries et gâteaux ne sont pas en reste. Zlabia (friandise faite de semoule et de farine, cuite à l'huile et trempée dans du miel, l'équivalent de la Chebbakia) et Kalballouz (de la semoule au sirop) raflent la vedette à Alger au même titre que les Qtayefs, pâte fraîche et vermicelle fourrée d'amandes (l'équivalent de pastillas).
Les soirées sont plus animées que d'habitude, quoique les personnes âgées soient très nostalgiques du Ramadan des années 70 et début 80. «C'était différent et plus chaleureux», répète-t-on.
Cette année, tous les soirs, causeries, concerts et spectacles sont organisés dans les grandes villes.
Que ce soit à Constantinople, Blida, Oran ou Alger, les cafés ne désemplissent pas le soir… d'hommes. Les femmes, quant à elles, ne se rendent pas au café. «Une femme au café, c'est très mal vu chez nous!», précise une Algéroise. De même que les jeunes filles ne se rendent pas aux mosquées pour les Taraouihs. «C'est aussi très mal perçu. Les mosquées, c'est plutôt pour les personnes d'un certain âge, pas pour les jeunes filles», poursuit l'Algéroise.
En revanche, les femmes sortent beaucoup dans les villes. «Comme elles ne reçoivent pas chez elles, elles assistent aux spectacles».
Côté animation, Alger s'éveille le soir et le centre-ville bat son plein. Hôtels, salles de spectacles et centres culturels concoctent une programmation spéciale.
Les Algériens renouent avec les pièces de Théâtre, avant-première de films, vernissages, soirées chaâbi (Ramadan coïncide avec le retour en force du chaâbi). Le Théâtre national algérien (TNA) abrite cette année un festival dédié à ce style: madih, raï, hawzi, gharnati… Le gharnati et le maâlouf sont particulièrement affectionnés à Blida, Tlemcen et Alger. Le raï, c'est plutôt à Oran.
La musique et les rythmes kabyles résonnent à leur tour dans les salles.
Tout au long du mois sacré, les planches accueillent, en alternance, concerts de musique et représentations théâtrales qui débutent dès 21 heures. Des chanteurs syriens, libanais, égyptiens, marocains… sont invités à Alger. «Les Algérois aiment beaucoup Latifa Raafate, Doukkali et Belkhayate. Ils se produisent à guichets fermés», témoigne une Algérienne.
En Algérie, télévision et Ramadan font bon ménage. Sitcoms, sketchs, feuilletons religieux, pièces de théâtre et autres émissions culturelles animent les foyers pendant tout le mois.
La Nuit sacrée venue, des concours de psalmodies ont lieu dans les mosquées et les Taraouihs ont un cachet plus solennel. Les femmes embaument les maisons d'encens et de bois de santal et préparent les gâteaux pour l'Aïd: les incontournables Al Makroute, Tcharek, et Samssa.
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Remitti, feue la doyenne du raï
LE raï à Oran est ce que le foot ball est au Brésil. Ce style musical, fusion entre le folklore de l'Ouest algérien et l'est du Maroc (Oujda), s'est imposé d'abord dans le Maghreb puis dans la France et le monde grâce au talent de certains de ses ambassadeurs: Khaled, Cheb Mami, Sahraoui & Fadéla, Remitti, Raïna Raï, etc.
Rimiti, décédée en mai dernier, reste la doyenne de cette vague de chanteurs iconoclastes. De son vrai nom Saâdia Bediaf, Cheikha Remitti naît en 1923 à Bouni, dans les monts de Tessalah, près de Sidi-Bel-Abbès. Après une enfance pauvre et une jeunesse dispersée, orpheline, elle réfugie à l'âge de 20 ans dans la région de Relizane, où elle se lance dans la chanson.
Active sur la scène musicale plusieurs décennies, Cheikha Remitti enregistre chez Pathé son premier album en 1952 sur lequel on peut entendre «Charrag Gattaa». Une chanson qui suscite la controverse et récolte rapidement un grand succès.
Les thèmes qu'elle chante à l'époque sont alors tabous, tel que «la Camel» dans les années 60. Ce qui la contraint à quitter l'Algérie durant les années 70 pour s'établir en France. Ses nombreuses prestations et sa participation lors de la grande Soirée du raï au Festival de la Villette, en 1986, lui permettent de conquérir peu à peu le public européen. Au gré de concerts prestigieux donnés dans les grandes capitales mondiales, la diva de Bel-Abbes devient la principale ambassadrice du raï (New York, Paris, Londres, Amsterdam, Stockholm, Genève, Madrid, Milan, Berlin, Le Caire…). Elle reçoit entre temps le Grand prix du disque 2000 de l'Académie Charles-gros. Quelques mois avant sa mort, elle donné un concert au Festival de Casablanca, en juillet 2005.
"En 2005, la flambée du prix du baril a permis à l'économie algérienne d'enregistrer une progression du PIB supérieure à 5%. La hausse du cours du pétrole s'est aussi accompagnée d'importantes recettes extérieures à près de 34 milliards d'euros. Les réserves en devises étrangères a atteint fin 2005 trois fois le principal de la dette extérieure.
Néanmoins, l'usage à court et à moyen terme de cette manne a alimenté les interrogations à l'intérieur et à l'extérieur du pays. La Banque mondiale avait mis en garde le gouvernement algérien sur les risques de dilapidation de cette manne ainsi que la nécessité de réformes pour réduire les inégalités sociales et améliorer les infrastructures. Face à des critiques sur l'opacité de la gestion et la création d'un fonds de stabilisation (les lois de Finances 2005 et 2006 ont tablé sur l'hypothèse d'un baril à 19 dollars, alors que les prix ont atteint les 70 dollars en 2006), les pouvoirs publics ont lancé un plan de relance de l'économie.
Appelé aussi Plan Marshall, cet instrument de relance a été doté d'un budget de 46,5 milliards d'euros sur la période 2005-2009. La moitié de ce montant est destinée à des projets d'infrastructures ainsi qu'à la réalisation de 1 million de logements sociaux. La privatisation des entreprises publiques est un autre grand chantier en Algérie. Or plus d'1 millier d'entreprises étatiques n'arrivent pas à trouver preneur.
Le chômage est un autre handicap de la société algérienne. Dans un contexte où le taux de chômage dépasse les 20%, voire 30% chez les moins de 35 ans, l'informel constitue le principal débouché de milliers de jeunes."


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