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Casablanca veut détrôner Marrakech
Publié dans Les ECO le 24 - 06 - 2010

Pour le grand public, le positionnement du Grand Casablanca s'arrête à son étiquette de poumon économique du Royaume. La cité blanche entend certes continuer à jouer ce rôle, mais désormais, ses grandes ambitions sont d'une toute autre nature, celles de devenir une grande métropole touristique à l'image de Barcelone, Madrid ou Marseille. Le plan devant conduire à la réalisation de ce rêve est en marche. Aujourd'hui déjà, Casablanca commence à faire figure de leader sur l'échiquier touristique national. Selon son Conseil régional du tourisme (CRT), la ville a réussi à se hisser au deuxième rang en matière de recettes touristiques, après Marrakech. En 2008, la progression de son activité touristique a été la plus forte (+8% en nuitées et +9% en arrivées), alors que celle de la plupart des destinations était en régression. En 2009, les arrivées de touristes se sont établies à 674.000 (dont 520.000 de non résidents) et les nuitées à 1.455.500, avec un taux de remplissage de 64% pour les hôtels 3 étoiles et de 66% pour les 4 étoiles. De janvier à fin avril dernier, Casablanca a également été performante (+18% en nuitées et +17% en arrivées). Là encore, selon le CRT, c'est la plus forte progression nationale. L'objectif de 1,5 million de touristes assigné à la ville ne sera sans doute pas atteint. Mais pour les professionnels du milieu touristique, il n'y a aucun doute que dans les années à venir, la cité blanche deviendra un acteur de poids à même de voler la vedette à Marrakech. Comment compte-t-elle s'y prendre ? Quelles sont ses armes ? Décryptage.
Appétits internationaux
Le challenge touristique de Casablanca est assez singulier. L'objectif poursuivi est de développer un tourisme urbain (complètement différent du positionnement traditionnel du Maroc). Il s'agit de faire de la réputation économique de la ville un levier à un tourisme d'affaires. Casablanca pourra ainsi attirer les grands congrès et manifestations professionnelles internationaux, servir de plaque tournante de shopping et de destination santé, notamment pour l'Afrique subsaharienne. Pour les professionnels, ce rêve est accessible, car la ville a les attraits indispensables. Ses connexions avec l'Afrique vont être une contribution et permettront d'attirer une nouvelle clientèle, qui avait l'habitude d'aller se faire soigner ou de faire son shopping en Europe. Celle-ci sera intéressée pour plusieurs raisons, notamment la problématique visa qui va faire en sorte qu'elle trouvera à Casablanca, la sérénité qu'elle ne retrouvait plus à Paris, à Bruxelles ou à Madrid. À cela s'ajoutent les touristes du Golfe et les nationaux qui feront de Casablanca leur univers de loisirs. Le grand deal est donc de faire du tourisme casablancais un tourisme qui se recycle toute l'année. Les touristes d'affaires et la clientèle «destination santé» occuperont le terrain pendant une bonne partie de l'année. Puis l'été venu, ce sera le tour des touristes shopping, des MRE et des clients moyen-orientaux. Il y a aussi le tourisme de croisière,
Saïd Mouhid : Directeur général du CRT de Casablanca
Le Plan de développement régional de Casablanca s'attaque à un tourisme urbain. Nous ne sommes pas dans le tourisme classique des villes impériales (exotique), ni dans le tourisme balnéaire, même si nous avons une côte extraordinaire. Nous raisonnons tourisme d'affaires et métropolitain. C'est pourquoi la réalisation des chantiers peut être parfois compliquée. Nous calquons notre modèle de développement touristique sur celui des métropoles d'excellence comme Barcelone et Marseille, qui ont une similitude avec Casablanca (ville avec un formidable patrimoine architectural, en bord de mer). Le potentiel de Casablanca, c'est que c'est avant tout le hub du Maroc, le premier centre industriel et financier. Nous sommes à la croisée des autoroutes, des chemins de fer et nous avons le premier grand port du pays. Tout cela constitue des conditions favorables au développement du tourisme d'affaires. Mais il faut également un certain nombre d'infrastructures nécessaires, car la qualité de la ville est un facteur prépondérant pour le type de tourisme sur lequel on se positionne. Si les rues et les façades ne sont pas éclairées ni propres, s'il n'y a pas de théâtres ni de jardins publics, si le transport public et la signalétique ne sont pas au point...on ne peut pas développer un tourisme d'affaires. La mise à niveau de la ville est donc fondamentale.


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