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Marchés financiers : La gestion d'actifs a de beaux jours devant elle
Publié dans Les ECO le 22 - 02 - 2016

Le comportement futur des marchés financiers, la mise en place très attendue du marché à terme des OPCI ainsi que des ETF sont autant de facteurs qui poussent les professionnels à penser que 2016 sera une bonne année pour la gestion d'actifs. Toutefois, des défis restent à relever.
L'industrie des OPCVM se porte bien en ce début d'année 2016. L'évolution moyenne de l'ensemble de la catégorie des fonds est restée positive. D'ailleurs, malgré la baisse du marché actions, les fonds investis dans cette classe d'actifs ont marqué une hausse. Le même constat a été établi en 2015. Face à des rendements des bons du Trésor qui sont restés quasi-stables à 3,54% (+7pb) pour le 10 ans et 3,92% (-18 pb) pour le 15 ans, ainsi qu'une performance du marché des actions de -7,2% à fin 2015 (contre une hausse en 5,6% en 2014) et des volumes toujours faibles, le marché de la gestion d'actifs s'est bien comporté l'année dernière. En effet, les actifs sous gestion ont poursuivi une croissance continue pour atteindre 330,1 MMDH au terme de l'année écoulée, enregistrant une évolution annuelle de 9,8%. Les fonds actions et diversifiés ont enregistré de meilleures performances que celle du Masi avec en moyenne -3% et 2,7% respectivement. De leur côté, les fonds obligations ont offert des rendements qui restent compétitifs (avec 4% pour l'OMLT et 3% pour l'OCT) par rapport aux produits classiques comme les comptes sur carnet et dépôts à terme, et ce malgré la léthargie du marché obligataire.
Le Trésor en situation confortable !
D'ailleurs, le marché des bons du Trésor devrait rester, en 2016, sur la même tendance qu'en 2015, à en croire les professionnels de la gestion d'actifs. La loi de Finances 2016 donne clairement un signal, celui que les taux ne devraient pas évoluer fortement, sauf en cas d'imprévu. En effet, l'analyse des charges et dépenses prévisionnelles du Trésor, présentées dans le cadre du Projet de loi des finances, laisse apparaître une poursuite de la bonne discipline budgétaire qui devrait se traduire par une légère baisse des dépenses totales de 0,35% combinée à une hausse plus importante des recettes ordinaires (en particulier la composante fiscale) de 2%. Devrait s'opérer une atténuation du déficit du Trésor qui se situerait aux alentours de 37 MMDH, en 2016, contre 42 MMDH prévus pour l'exercice 2015. Compte tenu des tombées prévisionnelles (dettes internes et externes) de 95 MMDH, et d'un financement externe de 18 MMDH, le Trésor devrait intervenir sur le marché intérieur de la dette pour un volume brut de 114 MMDH. Dans ce contexte, le Trésor exercerait moins de pression sur le marché des adjudications pour renouveler les tombées arrivées à échéance. Avec l'amélioration de son déficit conjuguée à la faiblesse de ses tombées prévisionnelles, la croissance de son offre en bons du Trésor (BDT) devrait également décélérer.
Des opportunités à saisir en actions
La structure du marché des titres de créance devrait également être caractérisée, en 2016, par la poursuite de la décélération de l'encours des crédits bancaires; les banques de la place devraient de moins en moins faire appel au marché de la dette privée avec l'amélioration notable de leur situation de liquidité. Ainsi, l'offre des certificats de dépôt devrait poursuivre sa baisse entamée en 2015. En revanche, pour le marché actions, les professionnels restent plutôt optimistes. «Certaines valeurs présentent un fort potentiel d'évolution cette année comme les agroalimentaires, et les immobilières .
En bref, ce sont les valeurs à fort rendement qui seront demandées sur le marché au vu des rendements de plus en plus bas du marché obligataire», nous confie, à juste titre, Said Haho, directeur général d'Africapital Management, d'autant plus que le lancement prochain du marché à terme, des organismes de placement collectif en immobilier (OPCI) et des fonds indiciels (ETF) devrait créer davantage de dynamisme sur le marché marocain, selon le spécialiste, et c'est à ce moment-là que bien des opportunités seront à saisir.
Défis à relever
En effet, «Nous sommes actuellement cantonnés aux produits classiques. Il y a un besoin réel de pouvoir proposer d'autres qui ne peuvent qu'être bénéfiques pour dynamiser le marché. D'abord, le marché à terme va permettre d'améliorer la qualité du marché boursier marocain, et surtout pouvoir faire de l'ingénierie financière et proposer aux clients des produits ayant une forte valeur ajoutée. Aujourd'hui, on manque d'outils pour pouvoir proposer cela. De même, pour les ETF, car aucun gérant ne peut aujourd'hui répliquer à 100% la performance du Masi, pour des raisons de contraintes de gestion ainsi que de ratios réglementaires à respecter», explique Haho.
Le marché à terme, les OPCI ainsi que les ETF vont donc permettre de rajouter cette composante ingénierie financière à la palette de produits que proposent déjà les sociétés de gestion d'actifs à leurs clients. Autant de facteurs qui portent à croire que la gestion d'actifs a de beaux jours devant elle. Toutefois, les professionnels de la gestion d'actifs devraient se préparer davantage au démarrage effectif de ces produits, qui nécessitent une ingénierie financière particulière ainsi qu'une technicité avancée, notamment sur le plan des ressources humaines. Par ailleurs, deux autres problèmes devraient se poser, celui de la fiscalité de ces produits ainsi que leur vulgarisation auprès des investisseurs, notamment particuliers.


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