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«La vision 2020 doit se faire avec les agences de voyages»
Publié dans Les ECO le 30 - 08 - 2010

Les Echos quotidien : La Fédération des agences de voyage (FNAVM) dit avoir fait avancer le chantier de la transparence dans la répartition du quota concernant l'opération Hadj. Elle argumente par le fait que plusieurs agences, n'ayant pas respecté les règles, n'ont pas eu de quota cette année. En tant que voyagiste, adhérez-vous à ce discours ?
Faouzi Zemrani : Les membres de la FNAVM se gargarisent quant à la transparence et l'équité de leur commission pour la répartition du quota. Cet état de fait existe au sein de cette commission depuis qu'elle est dans sa composition actuelle, à savoir regroupant un représentant de chaque association régionale et participant au processus du début à la fin (élaboration des critères de sélection, élaboration du barème de notation, ouverture des plis et répartition du quota). Ce processus que j'ai eu l'honneur de mettre en place, malgré l'opposition farouche des membres, dans un souci de partage et d'implication de tous et afin de mettre un terme à toute intervention ou clientélisme, est excellent mais nécessite une totale neutralité de ses membres. En effet, il est anormal que ceux-ci soient, en même temps, juges et parties. Cela fausse le jeu, surtout dans la présélection des agences au moment de l'ouverture des plis.
Mettez-vous en cause l'efficacité de cette commission ?
On a vu des membres de cette commission tenter de dégommer des confrères. Sachant que sur la partie notation, ils seront les meilleurs. Tous les prétextes sont bons, notamment concernant des vices de forme ou des «non conformités».
Je suis sûr que, sauf cas extrême, tous ces motifs ont une explication cohérente allant du simple oubli à une interprétation erronée et méritent d'être revus et corrigés, moyennant un malus afin de permettre à tous de concourir et que les meilleurs l'emportent. L'objectif de cet exercice étant de sélectionner les meilleures agences à même de fournir les meilleures prestations, en sécurisant le consommateur final, à savoir le pèlerin. La mise en place d'un tel système répond, en premier lieu, à une volonté de mise à niveau de l'ensemble des opérateurs de la distribution du hadj afin de provoquer une concurrence saine, d'améliorer la prestation et de gagner des parts de marché.
Où en est le Fonds de garantie Hajj ?
En 2006 (opération Hajj 1427), nous avions créé un fonds de garantie Hajj par l'ouverture d'un compte séquestre obligeant toutes les agences participantes à y contribuer par le dépôt d'un montant de 50.000 DH par agence. Ce fonds servira en cas de défaillance d'une ou de plusieurs agences qui pourrait mettre en péril le pèlerinage de ses clients, comme cela s'est déjà vu dans le passé. Cette initiative, pour mutualiser le risque, permettra à terme de donner au secteur une crédibilité financière autre que la caution déposée
à la CDG, qui reste insuffisante et totalement inefficace en cas de sinistre. Ce fonds de garantie, basé sur une convention FNAVM - ministère du Tourisme, est aujourd'hui domicilié dans un compte séquestre et suscite bien des convoitises de la part des membres de la FNAVM. En 2009, le solde était de 5 millions de dirhams.
Cette somme d'argent existe-t-elle toujours ?
En principe, oui. Dans la convention avec le ministère du Tourisme, la FNAVM s'est engagée à constituer une Association professionnelle de solidarité Hadj (APSH), composée de toutes les agences ayant contribué. Cette association a pour mission la gestion de ce Fonds avec obligation d'établir un rapport financier annuel destiné à ses membres. Ce projet enclenché en 2008 avait pour objectif de professionnaliser le secteur de la distribution du tourisme religieux (Hadj & Omra) et d'éviter les scandales que nous continuons à vivre encore aujourd'hui et qui jettent le discrédit sur notre profession.
Au moment où le ministre du Tourisme parle
de concertations régionales autour de la Vision 2020, les voyagistes semblent complètement absents du débat. Pourquoi ?
La mission de la FNAVM est de contribuer au développement du tourisme national en assistant ses membres, que sont les associations régionales, par des conseils et une stratégie susceptibles de favoriser l'exercice de l'activité d'agent de voyage. Nous avons l'impression qu'aujourd'hui, tout ne tourne qu'autour du Hadj. Il est vrai que cet état de fait n'est pas nouveau, mais le phénomène ne fait qu'empirer tant et si bien que le mot «tourisme» a disparu du vocabulaire de la FNAVM. Même le site officiel de la fédération est estampé Hadj depuis 2009. De ce fait, la fédération s'est exclue du débat et ceci est préjudiciable pour l'avenir de notre profession. Les agents de voyages réceptifs ne se reconnaissent plus dans cette mouture. Alors, que reste-t-il à faire ? Créer une association de réceptifs pour faire entendre notre voix et alerter les pouvoirs publics sur les dangers de cette situation? Laisser les choses pourrir et reconstruire par la suite ? Abandonner et se laisser mourir ? Je lance le débat à toutes les personnes qui se reconnaissent dans cette situation car je reste persuadé que la Vision 2020 doit se faire avec les agences de voyages.
Quel rôle pourraient jouer les voyagistes dans le débat national lancé autour de la Vision 2020 ?
Notre profession est en train de vivre des moments très difficiles avec les changements opérés dans la distribution du voyage et qui ont contraint un grand nombre de Tours opérateurs (TO) à se regrouper ou à disparaître. Ceux qui ont réussi ce virage, ont actuellement leurs propres agences réceptives ou ont pris la majorité de l'actionnariat de certaines agences de voyage marocaines. Les autres ont fermé ou vivent leurs dernières heures, et nous avec. En France, notre principal marché, les agences de voyages subissent également la loi des gros TO et ont du mal à y faire face. «Selectour» et «Afat», malgré leur fusion, n'arrivent pas à satisfaire leurs membres qui sont de plus en plus phagocytés sur le net. Il est vrai que ce mode de consommation a le vent en poupe, mais il a montré ses limites dernièrement avec le nuage du volcan islandais lorsque les clients ont été livrés à eux même à défaut d'interlocuteur.
Les réceptifs marocains sont de véritables professionnels qui ont acquis un savoir-faire au fil des années, en confectionnant des produits répondant à la demande internationale. Malheureusement, comme pour l'artisanat, ces produits arrivent difficilement au consommateur final. Depuis des années, je ne cesse de répéter, que le salut passe par le net et l'ONMT a un rôle important à jouer à travers la mise en place d'un portail national dans lequel, nous pourrions achalander nos offres et pousser les clients à y acheter dans un esprit de commerce équitable. Nous pourrions également établir une relation avec les agences et les réseaux indépendants, implantés en province et desservis par des lignes point à point, soit par la RAM, soit par les compagnies aériennes low-cost. Certes, l'ONMT aura du mal à s'affirmer, connaissant le lobby des TO, mais notre position est précaire et il y va de l'avenir de toute une profession.
L'ONMT a annoncé récemment le lancement pour 2011 d'une nouvelle plateforme électronique de réservation auprès des hôtels. Ceci cadre-t-il avec vos attentes ?
J'ai appris par la Presse cette nouvelle, qui m'inquiète et qui m'interpelle au vu du contenu des articles. Apparemment, seuls les hôteliers, les agences de location de voitures, les compagnies aériennes et les guides touristiques pourront offrir leurs services via ce portail. Aucune allusion n'est faite aux agences de voyages. J'en suis étonné, car ni la FNAVM, ni l'ARAVM n'ont fait mention de ce projet aux membres que nous sommes ! La mise en place du portail ONMT est une excellente initiative, encore, faudrait-il que cela se fasse dans le respect des lois et règlements et surtout dans un souci de ne pas avantager un acteur au profit d'un autre. Si l'ONMT se positionne comme la vitrine de l'offre touristique marocaine, c'est une bonne chose mais les acteurs devront satisfaire à certains critères pour pouvoir apparaître sur ce site. La cohabitation est tout à fait possible si les règles du jeu sont respectées.
Que pensez-vous de cette nouvelle tendance adoptée par les professionnels du tourisme, notamment la création de nouvelles associations telles que l'ANIT et l'association des réceptifs
de Casablanca ?
La nature a horreur du vide. Si les associations existantes remplissaient leur mission, les professionnels ne ressentiraient pas le besoin de créer des doublons. Ceci est valable pour le «Club des réceptifs de Casablanca» dont la démarche est avant tout d'ordre économique dans le but de mutualiser leurs efforts pour être plus performants. Leur action est plutôt B to B, qu'associative et à ma connaissance leur objet social ne se substitue pas à celui de l'Association des voyagistes de Casablanca (AVC). Pour ce qui est de l'ANIT, elle est légitime et comble un vide. L'investissement est d'une importance capitale pour la politique touristique de notre destination et il n'a pas été suffisamment accompagné dans la Vision 2010, ce qui a provoqué le retard pris par le Plan Azur. L'ANIT serait l'interlocuteur idoine pour combler cette lacune et impulser une réelle dynamique pour la Vision 2020.
Le ministre du Tourisme a déclaré qu'il entendait donner à chaque région la chance de devenir une destination touristique à part entière. Pensez-vous que le secteur, avec son actuelle configuration, pourrait suivre les ambitions du ministre ?
L'offre touristique marocaine doit logiquement se décliner par région car elle est diversifiée et plurielle. Pour cela, chaque région doit prendre son destin en main et faire sa promotion sur tous les marchés émetteurs qu'elle est sensée intéresser et qu'elle a ciblés. La compétitivité des régions sera de nature à drainer plus de touristes et surtout permettra un taux de retour plus important. L'image que nous véhiculons aujourd'hui est trop stéréotypée dans l'esprit des touristes. Le mode de consommation ayant changé, le touriste voyage moins longtemps, mais plus souvent et le but sera de le pousser à «consommer Maroc», sous toutes ses facettes. Dans cette optique, les agents de voyage ont un rôle important à jouer dans la confection des produits régionaux. Les hôteliers ont une priorité à gérer au quotidien : la qualité. Ils devraient conforter les voyagistes et leur laisser le monopole de la commercialisation. À chacun son métier. L'autre volet qui a été occulté dans la Vision 2010 est l'animation sous toutes ses formes : spectacles, sports, musique, parcs d'attraction, etc. Un touriste qui s'ennuie ne revient pas. Les régions qui sauront occuper leurs touristes seront les championnes.
Sur quoi faut-il miser, selon vous, pour développer cet élan régional ?
La mobilisation générale de tous les acteurs avec une cohésion et une implication totale. Ce sont, normalement, les Centres régionaux du tourisme (CRT) qui doivent jouer le rôle de catalyseur pour libérer les énergies nécessaires qui permettront le développement régional. Je plaiderai pour qu'on leur donne tous les moyens de réussir leur mission.


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