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Startups : levée record en 2024, mais la croissance reste sous tension
Publié dans Les ECO le 02 - 07 - 2025

Porté par une levée record de près de 95 millions de dollars, le Maroc signe en 2024 sa meilleure performance en matière de financement de startups, selon le Morocco startup ecosystem report, publié par l'UM6P. Une dynamique inédite qui confirme l'attractivité croissante du Royaume auprès des investisseurs tech.
Le Maroc s'offre une percée spectaculaire dans le paysage tech africain. En 2024, les startups nationales ont levé près de 95 millions de dollars, soit trois fois plus qu'en 2023. Une performance d'autant plus remarquable qu'elle intervient dans un contexte mondial tendu, marqué par la frilosité persistante des investisseurs.
Pourtant, derrière cette embellie chiffrée, le dernier Morocco startup ecosystem report, publié par l'Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), met en lumière les fragilités persistantes d'un écosystème encore jeune, caractérisé par une rareté des financements de croissance, un manque de sorties, une concentration régionale et des déséquilibres structurels.
Une année exceptionnelle portée par quelques locomotives
Le chiffre est sans précédent : 94,96 millions de dollars levés en 2024 par les startups marocaines, contre 33,26 millions en 2023 et 26,2 en 2022. Cette envolée propulse le Maroc au 6e rang africain en termes de financement, derrière les géants que sont le Nigeria, l'Afrique du Sud, l'Egypte et le Kenya. Selon le rapport de l'UM6P, cette performance a permis au Royaume d'échapper à la tendance baissière qui a frappé le reste de l'Afrique du Nord, notamment l'Egypte.
Mais cette dynamique cache une concentration extrême du capital. Trois startups à elles seules concentrent 64,7% des montants levés. En tête, Nuitée, jeune pousse de la TravelTech nationale, a réalisé un tour de table record de 48 millions de dollars en série A, soit à elle seule plus de la moitié des fonds levés dans l'année.
Le reste des financements s'est réparti entre d'autres champions en devenir comme YoLa Fresh, qui a sécurisé 7 millions de dollars pour sa plateforme de distribution de fruits et légumes et Inyad, une fintech orientée PME.
TravelTech en tête, FinTech en volume
Porté par le succès de Nuitée et le poids du tourisme dans l'économie nationale, le secteur de la TravelTech a capté 53,3% du total des investissements. Derrière, la logistique et la mobilité suivent avec 12%, tirées par l'intérêt croissant pour le positionnement géographique du Maroc en tant que hub régional.
La FinTech, quant à elle, ne représente « que » 11,6% des montants, mais arrive en tête en nombre de transactions, témoignant d'un fort dynamisme, notamment autour de modèles agiles comme Tookeez, ORA Technologies ou Inyad. D'autres secteurs plus récents dans l'écosystème marocain commencent à émerger.
L'AgriTech progresse, soutenue par les ambitions du Maroc en matière de modernisation agricole, et attire près de 10% des fonds. La DeepTech, encore balbutiante, représente 10% du volume des deals, avec un soutien notable de fonds spécialisés comme UM6P Ventures, en pointe sur les technologies de rupture.
L'amorçage fonctionne, la croissance coince
Si l'amorçage continue de bien fonctionner, avec une forte activité en pré-seed (4,03 M$), seed (14,99 M$) et pre-Series A (7 M$), la situation se gâte au moment de changer d'échelle. Le financement Series A plafonne à 6,42 M$, alors même que les besoins de startups en phase d'expansion dépassent largement les 5 à 10 millions de dollars.
Le rapport de l'UM6P souligne qu'il n'existe aujourd'hui que très peu d'investisseurs locaux capables de prendre le relais sur ces montants, ce qui pousse les startups les plus prometteuses à s'adresser à des fonds étrangers, voire à envisager une implantation hors du pays.
Ce « trou d'air » entre l'amorçage et la croissance constitue un véritable piège de maturité, où les startups bien lancées risquent de se retrouver sans carburant au moment d'accélérer. Une dynamique que le rapport décrit comme un « early-stage trap » courant dans les écosystèmes en construction.
Le chaînon manquant des exits
Une autre faiblesse majeure réside dans l'absence d'un véritable marché des sorties. En trois ans, le Maroc n'a connu que quatre exits significatifs, un chiffre bien en deçà des standards africains. À titre de comparaison, l'Egypte en a enregistré plus de 20 sur la même période.
Cette situation empêche le recyclage du capital et freine la capacité des fonds nationaux à lever de nouveaux véhicules. Les rares exits observés restent modestes et le fait d'acteurs étrangers, comme l'acquisition de Kifal Auto par le nigérian Autochek en 2022 ou celle de Mubawab par le groupe EMPG.
Pour l'UM6P, stimuler la culture du M&A local et faciliter les IPOs tech reste un chantier prioritaire. Sans cela, les investisseurs institutionnels resteront frileux et les rendements espérés difficiles à matérialiser.
Quelle suite pour l'écosystème marocain ?
Pour l'UM6P, les leviers sont clairs. Il faut accélérer la montée en puissance des fonds growth, créer des passerelles vers l'exit, notamment par le M&A national, encourager les investissements à impact régional et genré, et miser sur des secteurs stratégiques comme l'IA, le climat ou la DeepTech. Des acteurs comme Al Mada Ventures, Innov'X ou encore le Fonds Mohammed VI pour l'Investissement pourraient jouer un rôle catalyseur.
«Sans un marché plus profond sur les phases avancées, même les startups les plus performantes risquent de devoir se tourner vers l'extérieur», prévient le rapport. À l'inverse, avec les bons instruments, le Maroc peut espérer un bond qualitatif dans les deux à trois prochaines années, avec l'émergence de scale-ups solides et d'un premier unicorn local.
Casablanca capte l'essentiel, les autres régions en marge
Le rapport note également une hyper-centralisation du financement à Casablanca, centre de gravité de l'écosystème. Les initiatives régionales (Technoparks, CRI, centres entrepreneuriaux universitaires...) peinent à corriger ce déséquilibre. Les startups en région doivent souvent répondre à des problématiques locales, quand les investisseurs recherchent des modèles rapidement scalables. Ce décalage entre ancrage territorial et attentes financières constitue un frein à l'émergence de champions hors des grands centres.
Sanae Raqui / Les Inspirations ECO


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