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Santé financière de l'ANP : un équilibre global masquant des fragilités structurelles
Publié dans Les ECO le 15 - 12 - 2025

Le diagnostic financier de l'ANP brosse le portrait d'une institution globalement saine, mais contrainte de gérer une diversité de situations portuaires parfois antagonistes. C'est cette équation que la transformation de l'ANP devra solutionner.
La transformation de l'Agence nationale des ports (ANP) en société anonyme intervient dans un contexte où ses fondamentaux financiers apparaissent globalement solides, mais marqués par des disparités internes significatives. En 2024, l'ANP a réalisé un chiffre d'affaires de 2,8 milliards de dirhams, en progression continue, traduisant la vitalité de l'activité portuaire nationale.
Cette performance est soutenue par un trafic de marchandises ayant frôlé les 100 millions de tonnes (hors Tanger Med), une activité de croisière en reprise post-Covid, et une dynamique soutenue dans les flux de passagers et de véhicules. Le résultat net, à 408,7 millions de dirhams en 2024, reflète une bonne maîtrise des charges et une amélioration des marges opérationnelles.
L'Agence affiche également une capacité d'autofinancement robuste, s'élevant à 1,124 milliard de dirhams, ce qui lui permet de soutenir un programme d'investissements ambitieux sans dépendre excessivement de l'endettement. Ce dernier reste maîtrisé, avec un ratio d'endettement inférieur à 45%, loin des seuils d'alerte.
Des déséquilibres territoriaux persistants
Malgré ces résultats encourageants, une analyse approfondie révèle des disparités préoccupantes entre les différents ports placés sous la tutelle de l'ANP. Selon le diagnostic relayé par la Cour des comptes, seuls trois ports (Casablanca, Jorf Lasfar et Agadir) génèrent des bénéfices nets. Les autres, au nombre de 31, sont déficitaires, certains ne parvenant pas à couvrir leurs frais d'exploitation.
Cette situation crée une pression structurelle sur la trésorerie de l'Agence, qui doit jouer un rôle de péréquation en finançant les infrastructures déficitaires avec les excédents générés par les grands ports. Parmi les ports déficitaires, plusieurs souffrent d'un sous-emploi chronique, d'une mauvaise intégration logistique avec les zones économiques environnantes ou encore de retards dans les projets de modernisation.
Cette carte à deux vitesses risque de compromettre l'efficacité globale du système portuaire national si aucune stratégie de rééquilibrage n'est enclenchée. Le risque, à moyen terme, est de voir certaines plateformes se transformer en «ports dormants», coûteux à entretenir, sans réelle utilité économique.
Vers un nouveau modèle de gouvernance financière
Pour pallier ces déséquilibres et accompagner la mutation vers la société anonyme, le projet de loi prévoit la création d'une direction de la performance et de l'efficience des investissements. Cette entité devra auditer en continu la rentabilité des ports, optimiser les affectations budgétaires et renforcer l'évaluation des projets en amont. Elle aura aussi pour mission d'identifier des leviers de valorisation des actifs sous-utilisés ou en perte de vitesse.
Parallèlement, la nouvelle gouvernance dotée d'un conseil d'administration incluant des membres indépendants introduira davantage de transparence dans la gestion financière. Des outils d'analyse comparative entre ports, une cartographie des risques budgétaires, et des indicateurs de performance territoriaux permettront de mieux piloter les arbitrages financiers.
Un modèle en transition, entre autonomie et régulation
La transformation en société anonyme vise également à ouvrir l'ANP à de nouvelles sources de financement. L'objectif est de permettre, à terme, des partenariats public-privé sur certaines composantes non stratégiques, comme les terminaux de croisière ou les zones logistiques adjacentes.
Toutefois, le capital restera entièrement détenu par l'Etat, garantissant la continuité des missions d'intérêt général. Enfin, la Cour des comptes insiste sur la nécessité d'adopter une stratégie pluriannuelle de péréquation territoriale. Cela passe par une révision des mécanismes de tarification, une mutualisation des ressources entre ports, et une priorisation plus rigoureuse des investissements selon leur retour économique et territorial.


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