À l'approche des grands rendez-vous footballistiques à venir, le Maroc transforme l'organisation sécuritaire de la CAN 2025 en véritable vitrine de savoir-faire opérationnel. La visite d'un haut niveau du FBI vient consacrer une approche désormais regardée comme une référence internationale. Derrière les tribunes pleines et l'ambiance festive des grands stades, se joue une mécanique invisible mais décisive. Celle de la sécurité des événements sportifs majeurs, devenue un enjeu stratégique à la fois opérationnel, technologique et diplomatique. À Rabat, cette question a pris une nouvelle dimension avec la visite officielle d'une délégation du FBI, venue s'imprégner du dispositif marocain déployé à l'occasion de la Coupe d'Afrique des nations 2025. La délégation américaine a effectué une visite de terrain au stade Moulay Hassan. Objectif : comprendre de l'intérieur la chaîne de sécurisation mise en place par les autorités, en coordination étroite avec les services centraux de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Du cheminement des supporters depuis les axes routiers et les transports publics jusqu'aux contrôles finaux à l'entrée du stade, l'ensemble du protocole a été passé en revue. Flux, filtrage, gestion des foules et prévention des incidents forment un continuum pensé pour garantir à la fois sécurité et fluidité, sans perturber l'expérience du spectacle sportif. Des moyens humains et technologiques intégrés Sur le terrain, les responsables américains ont pu observer l'ampleur des moyens déployés. Ressources humaines spécialisées, véhicules d'intervention rapide, dispositifs de vidéosurveillance avancés, drones, mais aussi unités à forte valeur ajoutée comme la police montée, les équipes cynotechniques, les brigades de détection d'explosifs ou encore les unités de maintien de l'ordre. Au-delà de l'inventaire des équipements, ce sont surtout l'intégration des outils et la coordination en temps réel qui ont retenu l'attention, en plus des centres de commandement fixes et mobiles. ces derniers, appuyés par des systèmes de communication et d'analyse électronique, permettent une lecture instantanée de la situation et une capacité de réaction graduée. La visite s'est poursuivie au Centre de coopération sécuritaire international de Rabat, véritable plaque tournante du dispositif déployé pour la CAN. Ce centre assure le lien opérationnel entre les services marocains et les officiers de police représentant les pays africains participants. La délégation américaine a pris connaissance des méthodes de travail, des outils technologiques et du rôle des policiers accompagnateurs des supporters étrangers, désignés sous l'appellation de spotters. Une session d'évaluation des mesures appliquées lors du match Maroc-Tanzanie a permis d'illustrer concrètement la logique de co-construction sécuritaire qui sous-tend le modèle marocain. Une reconnaissance à portée stratégique À l'issue de ces échanges, les membres de la délégation américaine ont salué le niveau des infrastructures sportives et la précision des dispositifs sécuritaires du Royaume. Ils ont surtout souligné la capacité du modèle marocain à concilier impératifs de sécurité, protection des participants et préservation de la dimension festive du football. Cette reconnaissance prend d'autant plus de relief que les Etats-Unis organisent cette année la Coupe du monde de football 2026, premier Mondial élargi à 48 équipes, qui imposera des standards de sécurité inédits à l'échelle mondiale. Dans cette perspective, l'expérience marocaine accumulée lors de la CAN 2025 apparaît comme un laboratoire grandeur nature, observé de près par les autorités américaines en amont de leur propre échéance. Elle s'inscrit aussi dans un calendrier stratégique où le Maroc et les Etats-Unis accueilleront successivement deux Coupes du monde, en 2026 puis en 2030 aux côtés de l'Espagne et du Portugal. Un enchaînement inédit qui confère à la coopération sécuritaire entre les deux pays une dimension opérationnelle immédiate, bien au-delà de l'échange protocolaire. Un savoir-faire exportable La visite du FBI, conduite notamment par Douglas Olson et Kevin Kowalski, marque une étape supplémentaire dans le renforcement de la coopération sécuritaire maroco-américaine. Partage d'expériences, évaluation des risques, gestion des situations d'urgence et recours aux technologies avancées constituent désormais des axes de travail communs. En filigrane, le Maroc affirme une position nouvelle. Celle d'un acteur capable non seulement d'assurer la sécurité de ses propres grands événements, mais aussi de contribuer à la réflexion internationale sur la sécurisation des manifestations sportives de masse. Un positionnement qui confère à la CAN 2025 une dimension économique et stratégique bien au-delà du rectangle vert. Faiza Rhoul / Les Inspirations ECO