La CAN entre dans sa phase critique avec le début ce vendredi des quarts de finale. Deux grosses affiches dont le point d'orge sera le choc à Rabat entre le Maroc, pays hôte, et le Cameroun, solide outsider, qui s'est forgé au fil des années une réputation de croque-mitaine pour les pays organisateurs. 17h00 : Mali – Sénégal (Stade Ibn Batouta – Tanger) Les Aigles du Mali et les Lions de la Téranga se retrouvent pour la seconde fois en phase finale de la CAN. Leur unique opposition remonte au dernier match de la poule B en 2004. A l'époque, le match s'était soldé par un nul (1-1). Pas de revanche à prendre donc pour l'un ou l'autre, mais des enjeux énormes pour les deux équipes. Le Mali n'a toujours remporté aucun match dans le temps réglementaire dans cette Coupe d'Afrique. Le Sénégal, de son côté, entend se remettre en selle après s'être loupé en 2023 lors de la défense de son titre (élimination dès les huitièmes de finale face au futur vainqueur, la Côte d'Ivoire). En dehors de la CAN, les deux équipes se sont affrontées à de multiples reprises. En 40 confrontations globales, le Sénégal a un net avantage avec Le bilan historique penche nettement en faveur du Sénégal, qui mène 19 victoires à 8 pour 13 matches nuls. 20h00 : Cameroun – Maroc (Stade Prince Moulay Abdellah – Rabat) C'est incontestablement le grand match de ce vendredi. «C'est un choc continental. En CAN ou au Mondial, le Cameroun a toujours été une grande nation qui a porté l'Afrique. Nous espérons montrer un bon visage du football africain», soulignait jeudi Walid Regragui, en conférence de presse d'avant-match, rappelant l'exigence mentale d'un tel rendez-vous. «À ce niveau de la compétition, la confiance et le mental sont primordiaux. La moindre erreur pourra se payer cher», a relevé le sélectionneur des Lions de l'Atlas. Les Lions de l'Atlas abordent ce quart avec des repères solides. Invaincus dans le tournoi, ils se sont qualifiés après avoir écarté la Tanzanie (1-0) et s'appuient sur une dynamique à domicile impressionnante — 37 matches sans défaite — , ainsi qu'un historique récent favorable face à son adversaire du jour. «Le Maroc a remporté ses derniers matches face au Cameroun. En tant que joueur, j'ai toujours eu de la réussite face au Cameroun», a rappelé Regragui. Sur le plan des confrontations direct, le Cameroun a lui aussi des arguments à faire valoir, surtout dans le contexte précis de la CAN. Les deux sélections se sont croisées à trois reprises en Coupe d'Afrique, et les Lions indomptables ne se sont encore jamais inclinés face au Maroc (2 victoires, 1 nul). L'une de leurs victoires camerounaises les plus mémorables face au Maroc reste celle en demi-finale de la CAN 1988 jouée au Maroc (1-0). Quelques jours plus tard, les Lions indomptables allaient soulever le trophée, le second de leur histoire. C'était aussi l'un des premiers d'une longue série d'exploits du Cameroun face aux hôtes d'une CAN. En effet, au cours de sa riche histoire dans la compétition (5 sacres, deuxième au palmarès), le Cameroun a éliminé un pays organisateur à sept reprises. Leur dernière victime : le Gabon en 2017, qui est aussi la date du dernier sacre du pays de Samuel Eto'o. Pour autant, «le passé ne garantit pas le présent», a rappelé ce jeudi David Pagou, le sélectionneur camerounais, bien conscient que les clés du match ne se trouvent pas dans l'historique des confrontations entre les deux équipes. «Dans un match opposant deux équipes de niveau équivalent, c'est souvent le mental qui fait la différence», estime le technicien camerounais. Même son de cloche du côté de Regragui. «Notre état d'esprit sera très important», a martelé le sélectionneur marocain, mettant en avant la qualité d'un entrejeu emmené par Bilal El Khannous, Ismael Saibari et Neil El Ainaoui. Sur le plan médical, le Maroc enregistre une bonne nouvelle avec le retour de Hamza Igamane, désormais «prêt à 100%». Sofyan Amrabat, en revanche, reste incertain, toujours gêné par une blessure à la cheville, même si «le staff médical déploie tout son possible afin de le récupérer rapidement». Côté camerounais, les hommes forts du premier tour seront de la partie : Bryan Mbeumo (Manchester United), Christian Kofane (Bayer Leverkusen), et surtout Carlos Baleba (Brighton), désigné Homme du match lors du huitième remporté (2-1) face à l'Afrique du Sud, n'ont pas pointé à l'infirmerie, et devraient donc être alignés pour ce choc qui promet des étincelles. Sami Nemli / Les Inspirations ECO