L'économie marocaine vient de perdre une de ses plus grandes figures, avec la disparition de Hassan Ouriagli, président-directeur général du groupe Al Mada, décédé à Paris où il était hospitalisé depuis plusieurs jours. Polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées, le défunt a marqué le paysage économique national par un parcours construit entre conseil stratégique, responsabilités de haut niveau et grandes orientations d'entreprise. Reconnu pour sa rigueur intellectuelle et sa vision de long terme, Hassan Ouriagli aura contribué à la structuration de secteurs clés de l'économie et à l'affirmation d'une approche de l'investissement attentive à son impact économique et social. Hassan Ouriagli, président-directeur général du groupe Al Mada, est décédé à Paris, où il était hospitalisé depuis plusieurs jours. Sa disparition a suscité une vive émotion dans les milieux économiques, au Maroc comme à l'international, tant son parcours a marqué le champ de la finance et de l'investissement. Né à Rabat en 1962, Hassan Ouriagli appartenait à une génération de dirigeants formés à l'exigence intellectuelle et à la méthode. Diplômé de l'Ecole polytechnique et de l'Ecole nationale des ponts et chaussées, il débute sa carrière en France, dans le conseil stratégique, où il accompagne de grands groupes dans leurs projets de transformation et de structuration. Au début des années 2000, il fait le choix de revenir au Maroc pour rejoindre les structures de l'Omnium Nord-Africain (ONA), où il prendra part aux travaux ayant conduit à la fusion ONA-SNI. À différents niveaux de responsabilité, il participe aux grandes évolutions du paysage financier national, dans un contexte de recomposition des outils d'investissement et de montée en puissance du capital marocain. Appelé à la tête de la SNI au milieu des années 2010, Hassan Ouriagli engage une réorientation stratégique profonde, marquée par une redéfinition du rôle de la holding et de ses priorités. Cette évolution se matérialise par l'adoption de l'identité Al Mada, traduisant une ambition affirmée en faveur de l'investissement de long terme et d'un ancrage renforcé sur le continent africain. Pendant plus d'une décennie, il conduit le groupe avec une ligne directrice constante : accompagner la structuration de secteurs clés de l'économie, soutenir l'industrialisation et favoriser l'émergence d'acteurs capables de porter des projets d'envergure. Banques, assurances, industrie, énergie, infrastructures et mines figurent parmi les domaines où son action a laissé une empreinte durable. Dirigeant discret, peu enclin à l'exposition médiatique, l'homme était reconnu pour sa rigueur intellectuelle, son sens de l'analyse et sa capacité à inscrire les décisions économiques dans une perspective de long terme. Il défendait une conception de l'investissement attentive à son impact social et territorial, convaincu que la performance économique devait s'inscrire dans une dynamique de développement plus large. La disparition de Hassan Ouriagli prive le Maroc d'une figure majeure de son paysage économique contemporain. Elle referme le parcours d'un bâtisseur patient, attaché à la cohérence stratégique et à l'action de fond, dont l'empreinte restera associée aux grandes mutations de l'économie nationale.