L'année 2025 a marqué un tournant historique pour le tourisme international, avec une croissance solide malgré un contexte économique mondial incertain. Selon le dernier Baromètre mondial de l'ONU Tourisme, les arrivées internationales ont dépassé 1,52 milliard. Mais c'est au Maroc que l'on observe l'un des parcours les plus remarquables avec 19,8 millions de visiteurs accueillis, soit une progression de +14% sur un an. Une performance qui propulse le Royaume parmi les cinq premiers contributeurs à la reprise du tourisme mondial. Entre recettes record et stratégie nationale volontariste, le tourisme marocain illustre une résilience économique exemplaire. Le Baromètre mondial, publié par ONU Tourisme le 20 janvier 2026, confirme que l'industrie touristique a consolidé sa relance post-pandémie. Les 1,52 milliard d'arrivées internationales, enregistrées en 2025, marquent une croissance de +4% par rapport à 2024, ce qui équivaut à 60 millions de voyageurs supplémentaires. Ces chiffres représentent environ 88% des niveaux atteints en 2019, la dernière année de référence avant la crise sanitaire mondiale. Cette croissance s'inscrit dans un environnement de résilience. L'inflation dans les services, les tensions géopolitiques persistantes et les perturbations climatiques n'ont pas empêché la demande touristique mondiale de croître. L'amélioration de la connectivité aérienne (+7% de capacité selon l'IATA), les politiques de visa plus souples et la montée en puissance des classes moyennes dans les marchés émergents ont stimulé le rebond. Shaikha Alnuwais, secrétaire générale d'ONU Tourisme, note que cette dynamique devrait se poursuivre en 2026, avec une normalisation progressive des flux. En parallèle, les dépenses des voyageurs ont connu une forte hausse, avec 1.900 milliards de dollars de recettes touristiques directes et 2.200 milliards en incluant le transport international, soit un record historique pour le secteur. Une géographie touristique en recomposition La reprise mondiale reste cependant asymétrique. L'Europe, principale région de destination, a attiré 793 millions de touristes en 2025 (+4% sur un an), dépassant de 6% ses niveaux de 2019. L'Europe de l'Ouest affiche +5%, le Sud méditerranéen +3%, tandis que l'Europe centrale et orientale augmente de +6%, bien qu'elle reste en deçà de ses niveaux pré-Covid (-9%). Les Amériques stagnent (+1%), plombées par le ralentissement du marché américain au second semestre. L'Amérique du Sud (+7%) et l'Amérique centrale (+5%) tirent néanmoins leur épingle du jeu. Le bassin caribéen reste stable, freiné par l'ouragan Melissa. L'Afrique enregistre la meilleure performance régionale avec +8% d'arrivées (81 millions de visiteurs), et même +11% en Afrique du Nord. Le Moyen-Orient continue d'impressionner avec une fréquentation 39% supérieure à celle de 2019, atteignant près de 100 millions de visiteurs, bien qu'à un rythme de croissance plus modéré en 2025 (+3%). L'Asie-Pacifique, encore en phase de rattrapage, progresse pour sa part de +6%. L'Asie du Nord-Est affiche une hausse spectaculaire de +13%, tandis que l'Asie du Sud revient à ses niveaux d'avant la pandémie. Des pays comme le Bhoutan (+30%), le Japon (+17%) ou encore la Corée du Sud (+15%) enregistrent des progressions record. Le Maroc, locomotive du tourisme africain Au cœur de cette recomposition mondiale, le Maroc émerge comme un cas d'école. Le Royaume a accueilli 19,8 millions de touristes en 2025, contre 17,4 millions l'année précédente, selon les chiffres du ministère du Tourisme. Cette progression de +14%, en phase avec les données d'ONU Tourisme, constitue un record historique. Cette dynamique s'est accélérée dès l'été 2025. À fin août dernier, 13,5 millions de visiteurs avaient déjà été enregistrés, soit une hausse de +15% sur un an. Le Royaume a ainsi contribué de manière significative à la croissance du tourisme en Afrique du Nord, région qui surperforme par rapport aux autres continents. Une progression soutenue des recettes Le succès du Maroc se mesure également en valeur. Les recettes touristiques internationales ont dépassé les 124 milliards de dirhams (environ 13 milliards USD) sur les onze premiers mois de 2025, en hausse de +19% par rapport à 2024. Ce chiffre place le Royaume dans le top des destinations ayant connu la plus forte augmentation de recettes, aux côtés de la Corée du Sud (+18%), de l'Egypte (+17%) et du Japon (+14%). Cette performance ne découle pas uniquement du volume de visiteurs, mais d'un positionnement stratégique matérialisé par une hausse de la durée moyenne de séjour, une montée en gamme de l'offre hôtelière, une meilleure segmentation des clientèles internationales et la relance active du tourisme intérieur. Vers un tourisme de nouvelle génération Si l'année 2025 a consacré le Maroc comme acteur majeur du tourisme mondial, les défis pour 2026 restent nombreux. Le pays devra gérer la montée en charge des flux, veiller à la durabilité environnementale et renforcer la formation professionnelle pour répondre à une demande croissante. La perspective de la Coupe du monde 2030, coorganisée avec l'Espagne et le Portugal, constitue une formidable opportunité pour consolider les acquis, moderniser les infrastructures et inscrire le tourisme marocain dans une trajectoire de croissance qualitative, inclusive et résiliente. Une stratégie nationale structurée Le plan 2023-2026 du ministère du Tourisme a joué un rôle central dans cette transformation. Il s'articule autour de trois axes : la diversification de l'offre (tourisme culturel, rural, sportif, etc.), l'investissement dans les infrastructures et la transformation digitale du secteur. Des outils comme le programme «Go Siyaha» ont facilité le financement des PME touristiques et renforcé la chaîne de valeur locale. Par ailleurs, l'Office national marocain du tourisme (ONMT) a déployé des campagnes de promotion ciblées sur les marchés stratégiques, notamment l'Amérique du Nord, l'Afrique de l'Ouest, les pays du Golfe et les diasporas. La signature de nouveaux accords avec des compagnies aériennes low-cost et la réouverture de liaisons long-courriers vers l'Asie ont renforcé la connectivité du territoire.