Au-delà des stades, la Coupe d'Afrique des Nations 2025 a soumis les systèmes de transport et de mobilité du Maroc à une épreuve décisive. Aéroports, réseaux urbains, axes routiers et logistique interurbaine ont été confrontés à des flux inédits, faisant de l'événement un stress test grandeur nature. Un bilan qui éclaire sur la maturité des infrastructures marocaines, tout en révélant les enseignements clés pour les grandes échéances à venir. Quand les derniers supporters ont quitté les stades et que le dernier coup de sifflet a retenti, un autre verdict s'est imposé, celui de la mobilité marocaine sous contrainte extrême. La Coupe d'Afrique des Nations 2025 n'a pas seulement été un événement sportif majeur, elle a constitué un test grandeur nature pour les transports, les aéroports et la mobilité interne du Royaume, soumettant les infrastructures à des pressions horaires et géographiques exceptionnelles. Record d'affluence dans les aéroports, hub stratégique confirmé L'impact le plus spectaculaire s'est manifesté dès l'atterrissage des avions. Sous l'effet d'un afflux concentré de supporters, de délégations et de médias internationaux, l'aéroport Mohammed V de Casablanca a franchi pour la première fois le cap historique des 11 millions de passagers en 2025, soit une progression de près de 9,3% par rapport à 2024. Cette performance place l'aéroport à 31% du trafic national et confirme sa place de hub aérien central du Royaume. Ce niveau record d'activité, généré en partie par la tenue de la CAN, n'est pas un simple chiffre symbolique. Il atteste de la capacité du système aérien national à absorber des pics de trafic soutenus, tout en maintenant un niveau de service conforme aux standards internationaux, un défi logistique loin d'être anodin pour une destination en développement. En parallèle, plusieurs plateformes aéroportuaires régionales – notamment Marrakech, Agadir, Tanger, Rabat et Fès – ont enregistré une nette progression de leur trafic pendant la période de la CAN, avec des volumes en hausse par rapport à l'année précédente, selon les données communiquées par l'Office national des aéroports (ONDA). Au sol, fluidité et amélioration des connexions La pression de la CAN n'a pas seulement permis de tester les aéroports. La mobilité terrestre a également été au centre des attentions, et ce, dès l'arrivée des visiteurs. À l'aéroport de Rabat-Salé, l'ONDA a déployé un ensemble de mesures visant à faciliter l'accès à la capitale : fréquence élevée de bus entre l'aéroport et le centre-ville (un bus toutes les 15 minutes), kiosques d'information et circuits dédiés pour fluidifier les mouvements autour des zones de transit. Cette amélioration de la gestion des flux passagers s'est traduite, dans plusieurs villes hôtes, par des ajustements opérationnels des dispositifs de mobilité urbaine, incluant le renforcement ponctuel de l'offre de transport public, l'adaptation des fréquences de tramway et de busway selon les sites, ainsi que l'optimisation de certains axes routiers en lien avec les lieux de compétition et d'hébergement. Réponse intégrée, coordination et réglementation La fluidité observée ne doit rien au hasard. Elle reflète un niveau élevé de coordination entre autorités nationales et locales ainsi qu'avec les opérateurs de transport en vue d'accompagner les flux en temps réel. Dans les aéroports, des aménagements visuels, des fan zones temporaires et des dispositifs d'information multilingues ont transformé les terminaux en espaces d'accueil adaptés à des voyageurs internationaux, tout en favorisant la sécurité et l'efficacité des contrôles aux frontières. Sur le plan routier, les réseaux autoroutiers qui relient les villes hôtes – Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger ou Agadir – ont prouvé leur robustesse, permettant des déplacements interurbains fluides malgré des volumes importants de trafic. L'événement a ainsi servi de banc d'essai réel pour mesurer les capacités de circulation sur les grands axes nationaux. Vision stratégique de long terme La CAN 2025 s'inscrit dans un continuum d'investissements initiés bien avant l'événement et qui s'intègrent dans des plans ambitieux en perspective du Mondial 2030. L'approche du Maroc en matière de transports repose sur le renforcement des hubs aéroportuaires, l'extension du réseau ferroviaire à grande vitesse, l'amélioration des transports urbains et l'optimisation des connexions avec les principales zones économiques. Certains de ces projets, tels que la future Ligne à grande vitesse (LGV) Kenitra-Marrakech – qui réduira significativement les temps de trajet interurbains et reliera des plateformes clés – sont encore en phase de développement mais témoignent d'ores et déjà d'une vision intégrée de mobilité durable et performante. Au terme de la CAN, le système de transport marocain apparaît non seulement résilient, mais également prêt à absorber des échéances encore plus ambitieuses. La maîtrise simultanée des flux aériens, ferroviaires et routiers n'a pas seulement permis un accueil sans faille : elle a renforcé la crédibilité du pays comme hôte capable de gérer des événements internationaux complexes. La CAN 2025 aura donc servi de stress test logistique sans précédent, révélant à la fois les forces d'un modèle moderne et les axes d'amélioration pour les prochaines étapes d'une stratégie de mobilité nationale ambitieuse. Royal Air Maroc. Transporteur officiel et maillon central de la chaîne de mobilité Dans cette équation logistique, le transport aérien a joué un rôle déterminant, et Royal Air Maroc (RAM) s'est imposée comme l'un des acteurs clés du dispositif. Désignée transporteur officiel de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 par la Confédération africaine de football, la compagnie nationale s'est retrouvée en première ligne pour accompagner les flux générés par la compétition, en particulier depuis et vers le continent africain. Ce statut officiel n'a pas relevé du symbole. Il a placé la RAM au cœur de la mécanique opérationnelle de l'événement, avec la responsabilité d'absorber, sur une période courte et fortement concentrée, des volumes élevés de passagers composés de supporters, de délégations, de médias et d'acteurs institutionnels. La CAN a ainsi constitué un stress test grandeur nature pour la compagnie, tant sur le plan de la gestion des fréquences que sur celle de la coordination avec les infrastructures aéroportuaires et les autorités de contrôle.