En déployant un dispositif sécuritaire d'une rare sophistication, alliant innovation technologique, coordination institutionnelle et coopération internationale, le Royaume a posé les jalons d'un nouveau modèle africain de gestion des grands événements. Une démonstration silencieuse mais déterminante de maîtrise stratégique. Parmi les enseignements les plus saillants de cette édition 2025 de la CAN, figure l'aspect sécuritaire et institutionnel. En effet, la réussite de cette Coupe d'Afrique des Nations tient aussi à un dispositif de sécurité intégré d'envergure, pensé et exécuté par les autorités marocaines, et en particulier par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), qui a su coordonner des moyens humains, technologiques et internationaux avec une grande précision. Le 22 décembre 2025, au moment du lancement officiel de la compétition, la DGSN a publié un communiqué détaillant l'adoption d'un dispositif global et intégré de sécurité, couvrant la sécurisation des stades, des zones d'accueil, des axes routiers, des frontières aériennes et des fan zones. Ce plan n'a pas simplement consisté en la présence de forces sur le terrain, mais en une architecture de sûreté complète, articulant dispositifs physiques, coordination interinstitutionnelle et systèmes de surveillance avancés. D'ailleurs, une des innovations majeures de cette stratégie a été l'inauguration d'un centre de coopération policière africaine, une initiative pionnière sur le continent. Hébergé à Salé en amont de la compétition, ce centre regroupe des représentants des services de sécurité marocains, des officiers des pays qualifiés pour la CAN, ainsi que des délégations d'organisations internationales comme l'Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL). Il est devenu un maillon clé de la coordination sécuritaire transnationale, facilitant l'échange d'informations, la planification des interventions et la synchronisation des équipes sur le terrain. Sur le plan opérationnel, la DGSN a déployé une combinaison de technologies de pointe et de présence humaine structurée. Selon des analyses spécialisées, plus de 6.000 caméras mobiles et fixes ont été reliées à des plateformes de commandement de dernière génération dans les métropoles hôtes permettant un monitoring en temps réel des flux de supporters et des zones sensibles. Ces systèmes ont permis d'anticiper les mouvements de foule, de gérer les artefacts logistiques et de répondre immédiatement à toute anomalie ou incident potentiel. L'intégration du numérique à la police de terrain s'est aussi traduite par la mise en place de centres de coordination fixes et mobiles, connectés entre eux et capables de recevoir et transmettre des données instantanément, assurant une cohésion d'action entre les unités de terrain et les cellules stratégiques. Les communications ont ainsi été fluides entre les forces déployées aux abords des stades, celles en charge de la circulation, et les équipes en charge des frontières et des points d'accès internationaux. Cette approche intégrée a été reconnue au-delà des frontières marocaines. Du 4 au 6 janvier 2026, une délégation du Federal Bureau of Investigation (FBI) des Etats Unis s'est rendue au Maroc pour observer et étudier les dispositifs de sécurité déployés dans le cadre de la CAN. La visite, qui s'est déroulée notamment au Stade Prince Moulay Abdellah, à Rabat, a permis à des responsables américains de revoir de près l'usage combiné de drones, de caméras haute définition et de centres de commandement numériques dans la sécurisation des matchs, reflétant l'intérêt international pour les modèles de sécurité marocains appliqués aux grands événements sportifs. Sur le plan institutionnel, la sécurité de la CAN 2025 s'inscrit aussi dans des dynamiques de coopération renforcée entre le Maroc et plusieurs pays européens. Des réunions de haut niveau ont eu lieu entre les dirigeants des services de police marocains, espagnols et allemands, afin d'échanger sur les meilleures pratiques en matière de lutte contre le terrorisme, de sécurité des manifestations publiques et de coordination des dispositifs lors de grands événements internationaux. Ces échanges, qui s'inscrivent dans une continuité diplomatique plus large, traduisent l'ambition de faire de la collaboration sécuritaire un levier de stabilité régionale. Au niveau local, la DGSN a multiplié les actions visant à renforcer la confiance publique dans les dispositifs mis en place, notamment en dotant les policiers de repères visuels spécifiques et en assurant une présence visible mais contrôlée dans les zones à forte affluence. Cette présence n'a pas été perçue comme intrusive, mais comme protectrice, contribuant à un environnement serein dans les villes hôtes. Par ailleurs, la CAN 2025 a été l'occasion pour le Maroc de mettre en avant des capacités sécuritaires modernisées au regard des défis contemporains. L'inauguration en décembre 2025 de l'Institut supérieur des sciences de la sécurité à Ifrane, un centre de formation de haut niveau pour les forces de sécurité, illustre l'engagement du pays à renforcer ses compétences opérationnelles et intellectuelles face à des enjeux complexes tels que la gestion des foules, la cybersécurité, la lutte contre le terrorisme et la coopération internationale permanente.