Le Maroc et le Sénégal se retrouvent à Rabat, les 26 et 27 janvier, pour une 15e session de la Haute commission mixte de partenariat. Au cœur des discussions : relancer un partenariat historique à l'aune des défis contemporains et des ambitions économiques communes. En parallèle, un Forum économique bilatéral vise à élargir les perspectives de co-développement, dans une dynamique Sud-Sud assumée. Le Maroc et le Sénégal s'apprêtent à donner un nouvel élan à leur partenariat multidimensionnel avec la tenue, les 26 et 27 janvier à Rabat, de la 15e session de la Haute commission mixte de partenariat. À la clé, une feuille de route politique, économique et humaine qui entend consolider les relations bilatérales et en explorer de nouveaux potentiels. En marge de cette session, un Forum économique maroco‐sénégalais réunira décideurs publics, investisseurs et entrepreneurs des deux rives, dans une dynamique de co-développement Sud-Sud affirmée. Cette relance de la coopération bilatérale a été confirmée lors d'un échange téléphonique, mercredi, entre le chef de gouvernement marocain Aziz Akhannouch et son homologue sénégalais, Ousmane Sonko. Les deux responsables ont salué la solidité des relations unissant Rabat et Dakar, sous la conduite éclairée du Roi Mohammed VI et du Président Bassirou Diomaye Faye. Une relation marquée par une volonté commune d'inscrire le partenariat dans les grands défis contemporains, notamment la souveraineté économique, l'industrialisation, l'inclusion sociale et la transition énergétique. Un cadre économique à réinventer Sur le plan économique, si les échanges commerciaux entre les deux pays ont connu une progression constante ces dernières années, avec une valeur dépassant les 370 millions USD en 2024, la structure de ces échanges demeure encore perfectible. Les exportations marocaines vers le Sénégal sont dominées par les produits manufacturés, tandis que le Maroc importe principalement des produits halieutiques et agricoles. Ce forum économique vise ainsi à refonder les bases du partenariat sur des secteurs porteurs à forte valeur ajoutée. Les discussions devraient également porter sur la co‐industrialisation, la coproduction, et l'accès aux financements mixtes pour les projets stratégiques. Le Forum prévu en parallèle de la Haute Commission réunira une délégation de chefs d'entreprise sénégalais avec leurs homologues marocains, sous l'égide des ministères de l'Economie, du Commerce et des Affaires étrangères. Ce sera l'occasion de renforcer les alliances interentreprises, de signer de nouveaux protocoles d'accords et de poser les bases d'une intégration économique régionale au sein de la CEDEAO, dans laquelle le Maroc ambitionne de jouer un rôle pivot. Cette orientation s'inscrit d'ailleurs dans la vision royale pour une Afrique souveraine, interconnectée et résiliente. Elle vient également conforter la stratégie africaine du Maroc, déjà à l'œuvre dans plusieurs secteurs au Sénégal (banques, assurance, télécoms, promotion immobilière, éducation et formation professionnelle). Par ailleurs, et au-delà des questions économiques, la 15e session de la Haute commission traitera d'enjeux culturels, éducatifs, diplomatiques, environnementaux et sécuritaires. Plusieurs accords bilatéraux actualisant le cadre juridique de coopération sont attendus, notamment dans le domaine de la mobilité des talents, de la coopération universitaire, de la sécurité alimentaire et de la gestion des ressources en eau.