Tout d'abord, pouvez-vous nous dire ce qui a inspiré la création du Festival Foot & Drums ? Quelle vision portez-vous à travers ce projet artistique centré sur le rythme du pas ? Foot & Drums est né d'une idée très simple. Je me suis dit qu'avant tous les instruments, même les tambours, il y avait le pas, le pied qui frappe le sol. Le pied, c'est le premier instrument. C'est le corps en lien direct avec la terre, le rythme le plus instinctif qui existe. Ce festival, c'est une manière de remettre le corps au centre, de rappeler que le rythme est quelque chose de très universel et très humain. Le pied raconte l'histoire des peuples, leur déplacement, leur fête, leur lutte. Et Foot & Drums, c'est exactement ça. Le festival met en dialogue des danses marocaines, subsahariennes, celtiques et espagnoles. Pourquoi avoir choisi ces traditions en particulier ? Pourquoi ces danses ? Parce que dans toutes ces traditions, le pied est essentiel. Dans les danses marocaines, comme le Ahidouss ou Ahwach, le pas crée le groupe. Dans les danses subsahariennes, il porte l'énergie vitale. Dans les danses celtiques, le pied devient carrément un instrument de musique. Et dans le flamenco andalou, il atteint une intensité émotionnelle incroyable. Evidemment, ces cultures sont différentes, mais elles parlent le même langage : celui du rythme. Au-delà des spectacles, le programme intègre des ateliers participatifs et une journée d'étude. Pourquoi cette ouverture à la recherche et la pédagogie ? J'ai produit des spectacles pendant plus de 25 ans, et je ne voulais pas d'un festival où l'on vient juste consommer un show. Foot & Drums est aussi un espace de rencontres. Les masterclasses, les ateliers, les conférences sont là pour permettre au public de comprendre, de pratiquer et surtout de poser des questions. C'est important pour moi que ce soit un festival qui transmet, pas simplement qui montre. Le festival explore le rôle du pied dans la mémoire, l'identité et la création. Comment ce thème a-t-il orienté la programmation artistique et scientifique ? Concrètement, cela veut dire que le corps garde une mémoire. Les pas que l'on danse aujourd'hui viennent de loin. Ils racontent une histoire, une culture, une manière d'être ensemble. Dans cette programmation, on a choisi des artistes pour qui le pas n'est pas décoratif, mais véritablement porteur de sens et d'émotion. Certaines performances semblent s'inscrire dans des démarches hybrides ou contemporaines. Quelle place accordez-vous à l'expérimentation dans ce festival ? Pour moi, la création contemporaine est essentielle. Je respecte les traditions, mais je n'aime pas qu'on les enferme. Au contraire, on encourage ici les rencontres, les fusions, les formes nouvelles… Les formes hybrides font partie même de l'ADN de Foot & Drums. Comment Top Event envisage-t-elle de pérenniser le festival dans les années à venir ? Peut-on s'attendre à une tournée ou à des éditions dans d'autres villes ? Oui, clairement, cette première édition est un point de départ. L'idée, c'est d'en faire un rendez-vous régulier, avec des créations, des résidences, et pourquoi pas, des éditions dans d'autres villes du Maroc, voire ailleurs. Foot & Drums a vocation à grandir. Quelles institutions ou partenaires vous accompagnent dans ce projet ? Ce festival est porté par Top Event, avec l'appui des partenaires culturels, institutionnels et privés que je remercie profondément. Ce festival est né d'une fascination personnelle durant de longues années. Avec du temps, du travail et des partenaires qui y ont cru, cette idée est devenue une réalité. M.C. / Les Inspirations ECO