À fin septembre 2025, le déficit commercial du Maroc s'est aggravé de 17,6%, atteignant près de 259 milliards de dirhams, sur fond d'importations en forte hausse et d'exportations à la traîne. Si le compte courant reste déficitaire à -28,8 milliards, la montée en puissance des recettes de services et l'amélioration de la position extérieure globale offrent des signaux de stabilisation partielle. Malgré une conjoncture internationale en voie de stabilisation et une dynamique positive des services, le solde commercial du Royaume continue de se dégrader à un rythme soutenu. Selon les dernières données de l'Office des changes, le déficit de la balance commerciale a atteint 258,94 milliards de dirhams (MMDH) à fin septembre 2025, en hausse de 17,6% par rapport à la même période de 2024. Ce creusement est le résultat d'une progression plus rapide des importations (+9,2%) comparée à celle des exportations (+3,6%), confirmant la prépondérance des déséquilibres structurels dans les échanges extérieurs du Royaume. Importations vs exportations Les importations de biens ont totalisé 600,6 milliards de dirhams, soit une hausse de 50,8 milliards en glissement annuel. Cette augmentation résulte notamment d'une poussée des achats de produits énergétiques (+9,3%), dans un contexte de normalisation des prix mais de hausse des volumes importés. Les biens d'équipement enregistrent également une forte progression (+12,8%), reflet d'une relance de l'investissement productif et industriel. Les biens de consommation (+6,5%) et les produits alimentaires (+5,1%) poursuivent leur tendance haussière, renforçant le caractère structurel du besoin d'importation. Les exportations ont atteint 341,7 milliards de dirhams, contre 329,7 milliards à la même période en 2024. Si certains secteurs enregistrent des performances soutenues notamment l'automobile (+10,2%), l'aéronautique (+15,4%) et le textile-habillement (+5,7%), d'autres reculent nettement. Les ventes de phosphates et d'engrais diminuent de 8,7%, conséquence directe de la baisse des cours internationaux. L'agriculture et l'agroalimentaire cèdent 3,2%, pâtissant d'une campagne marquée par des aléas climatiques. Cette hétérogénéité des performances illustre les limites de la diversification actuelle du tissu exportateur. Services : moteur de stabilisation externe Face à la dégradation du solde des biens, celui des services continue de jouer un rôle amortisseur. Les recettes touristiques bondissent à 97,2 milliards de dirhams (+10,4%), tirées par la fréquentation liée à la CAN 2025 et une saison estivale favorable. Le transport international (+13,7%), porté par le fret maritime et aérien, conforte cette dynamique. Au total, le solde des services affiche un excédent de 101,7 MMDH, en progression de 9,4%, contribuant à atténuer le déficit courant. Transferts et IDE : résistance et fragilités Les transferts des Marocains résidant à l'étranger (MRE) atteignent 82,1 MMDH (+1,7%), se maintenant comme pilier du compte courant. En revanche, les investissements directs étrangers chutent de 11,2%, pour s'établir à 16,5 milliards. Ce repli s'explique par une base comparativement élevée en 2024 et par une conjoncture internationale marquée par l'attentisme des investisseurs. L'attractivité du Maroc reste forte, mais la concrétisation des flux reste sujette à des délais d'exécution. Malgré ces tensions sur le solde courant, les réserves officielles de change se stabilisent à un niveau jugé confortable, assurant une couverture de 5,4 mois d'importations de biens et services. Par ailleurs, la position extérieure nette du Royaume continue de s'améliorer, bénéficiant de l'accumulation d'avoirs extérieurs et d'une politique prudente en matière d'endettement externe. Globalement, les données à fin septembre 2025 illustrent une réalité à double vitesse : d'une part, la dégradation persistante du solde commercial rappelle la dépendance structurelle du Maroc aux importations énergétiques, alimentaires et d'équipements. D'autre part, la résilience des services, la solidité des transferts et le maintien des réserves confortent la stabilité extérieure globale.