La copropriété s'impose aujourd'hui comme un enjeu central du Maroc urbain, à mesure que les villes se densifient et que les projets immobiliers se multiplient. La gouvernance des copropriétés conditionne la qualité de vie des résidents, la valeur du patrimoine et la durabilité des investissements. Le label «Syndic Pro Certifié» est justement censé poser un socle minimal de sérieux et de conformité. Longtemps cantonnée à un sujet technique, la copropriété s'impose aujourd'hui comme un enjeu stratégique. À mesure que le Maroc multiplie les grands chantiers urbains, logements, villes nouvelles, infrastructures, préparation d'événements internationaux, une question centrale émerge : qu'advient-il de ces projets, dans la vie de tous les jours, une fois livrés ? Comme la majorité des citoyens vivent en copropriété, la question de la gestion au quotidien des biens se pose avec acuité. «Entre immeubles, résidences fermées, ensembles mixtes, ces biens communs structurent le quotidien de millions de citoyens, avec des enjeux très concrets tels que l'entretien, la sécurité, la propreté ou encore la gestion des équipements communs», rappelle Dalila Ennaciri, présidente de l'Association marocaine de copropriété (AMCOP). Dans ce contexte, la gouvernance des copropriétés devient déterminante. Une gestion structurée permet aux immeubles de vieillir correctement, de préserver la valeur du patrimoine et d'assurer un cadre de vie stable. À l'inverse, une copropriété mal gérée peut se dégrader rapidement, entraînant conflits, impayés et dévalorisation accélérée des investissements, publics comme privés. Un rôle plus structurant Le décalage entre la complexité croissante des résidences modernes et des modes de gestion encore largement artisanaux est aujourd'hui pointé du doigt. Ascenseurs multiples, parkings souterrains, systèmes de sécurité, équipements collectifs sophistiqués nécessitent des compétences, des outils et une vision à moyen terme que tous les syndics ne possèdent pas encore. Face à ce constat, l'AMCOP entend jouer un rôle structurant. L'association mise sur la professionnalisation du métier de syndic, à travers la formation, la diffusion de bonnes pratiques et le lancement d'un label, «Syndic Pro Certifié», censé poser un socle minimal de sérieux et de conformité. «L'objectif est de rendre cet acteur, qui est le syndic professionnel, responsable de la bonne gestion et de la valorisation d'un patrimoine immobilier et de le protéger en tant qu'acteur économique», insiste Dalila Ennaciri. Pour y prétendre, un syndic doit disposer d'un siège social identifié, être une entreprise légalement responsable et s'appuyer sur un outil de gestion et de comptabilité structuré. Au-delà de la technique, l'enjeu est économique et social. L'immobilier constitue une part majeure de l'épargne des ménages marocains. La capacité à bien gérer les copropriétés conditionne donc non seulement le «bien-vivre ensemble», mais aussi la confiance des investisseurs et la durabilité des politiques urbaines. Un sujet longtemps invisible, désormais au cœur des mutations du Maroc urbain. La gouvernance des copropriétés n'est donc pas un simple sujet administratif. Elle conditionne le bien-vivre ensemble, mais aussi la capacité des familles à préserver et transmettre la valeur de leur investissement immobilier. Maryem Ouazzani / Les Inspirations ECO