Présidente de l'AMCOP La gouvernance des copropriétés influence directement la valeur des immeubles, de leur attractivité locative à leur revente. Selon Dalila Ennaciri, présidente de l'AMCOP, une gestion rigoureuse préserve le patrimoine et le cadre de vie, tandis qu'un défaut de suivi accélère la dégradation. Les impayés, l'entretien insuffisant et les limites du cadre juridique restent des défis majeurs. Pour y remédier, le secteur mise sur formation, bonnes pratiques et structuration professionnelle. En quoi la gouvernance influence-t-elle directement la valeur ? Un immeuble bien gouverné se loue plus facilement, se revend mieux et attire des résidents plus stables. À Casablanca, Rabat ou Marrakech, on observe des écarts très nets entre des résidences pourtant construites à la même époque. La différence, ce n'est pas le bâti, c'est la gouvernance. De plus, elle se situe au croisement de plusieurs priorités nationales : l'image du pays, la qualité de vie des citoyens et la durabilité des investissements. Le Maroc construit beaucoup et mieux, mais la vraie question est celle de l'après-livraison. Une copropriété mal gérée peut dégrader, en quelques années, des investissements lourds. À l'inverse, une copropriété bien organisée préserve la valeur du patrimoine et le cadre de vie. Quels sont les principaux dysfonctionnements observés sur le terrain et comment y remédier ? Les copropriétés sont devenues plus grandes et plus techniques, mais leur gestion n'a pas toujours suivi. Souvent, on intervient quand ça casse, sans plan d'entretien ni vision à moyen terme. À cela s'ajoutent les impayés, qui paralysent les copropriétés et accélèrent leur dégradation. Nous travaillons sur la formation, les référentiels de bonnes pratiques et l'installation d'une culture de gestion plus rigoureuse : transparence financière, outils adaptés, procédures claires. L'objectif est d'élever le niveau réel sur le terrain, pas de produire des textes théoriques. Quid du cadre juridique actuel ? Le cadre juridique a posé des bases, mais il doit évoluer. Certaines procédures, notamment pour le recouvrement des charges, sont tellement lourdes qu'elles pénalisent l'intérêt collectif. Il faut plus de pragmatisme, de rapidité et des dispositifs spécifiques pour les copropriétés en grande difficulté. D'ailleurs, la priorité pour 2026 reste de pouvoir rassembler les syndics professionnels, structurer le métier et être une force de proposition. L'AMCOP veut devenir un acteur central, capable de porter les réalités du terrain et de contribuer concrètement à l'évolution du secteur. Maryem Ouazzani / Les Inspirations ECO