Le PDR 2022-2027 de Casablanca-Settat affiche un taux d'avancement supérieur à 55%, selon Abdellatif Maâzouz. Sur 471 projets programmés d'ici 2027, pour 43,81 MMDH, 210 ont déjà été votés. Au-delà des chiffres, le rythme d'exécution ainsi que les débats autour des absences et de la 48e résolution mettent en lumière les enjeux de gouvernance et de coordination pour atteindre les objectifs fixés pour la période. Le Programme de développement régional (PDR) 2022-2027 de Casablanca-Settat affiche désormais un taux d'avancement supérieur à 55%. L'annonce en a été faite par Abdellatif Maâzouz lors de la session ordinaire de mars 2026 du Conseil de la région, tenue lundi au siège régional. À mi-mandat, ce seuil constitue un indicateur central de la trajectoire d'exécution de la feuille de route régionale, dans un territoire qui concentre une part majeure de la richesse nationale et des investissements structurants du Royaume. Au-delà du chiffre, ce taux traduit un niveau d'engagement budgétaire et opérationnel significatif. Il intervient dans un contexte où les attentes sont élevées, tant sur le plan des infrastructures que de la réduction des disparités territoriales. Casablanca-Settat est à la fois locomotive économique et espace de fortes tensions urbaines et sociales. Le rythme d'exécution du PDR est donc scruté comme un baromètre de la capacité institutionnelle de la région à transformer la planification stratégique en réalisations concrètes et mesurables. La question n'est plus celle de la programmation, mais celle de la matérialisation. À ce stade, plus de la moitié des actions inscrites ont franchi des étapes décisives, qu'il s'agisse de validation, de contractualisation ou de lancement effectif des travaux. Cette progression intervient alors que plusieurs projets structurants entrent dans leur phase opérationnelle, ce qui devrait mécaniquement accélérer le taux d'exécution dans les prochains mois. 471 projets programmés pour 43,81 MMDH Le président du Conseil régional a rappelé que le nombre total de projets engagés d'ici la fin du mandat actuel, en 2027, s'élève à 471, pour un budget global de 43,81 milliards de dirhams (MMDH). Cette masse critique positionne le PDR parmi les plus importants leviers d'investissement territorial du pays, avec un effet d'entraînement attendu sur l'investissement privé et la dynamique locale de l'emploi. Dans le détail, 210 projets ont déjà été votés pour un montant de 29,47 MMDH. Ils constituent le socle opérationnel du programme et concentrent l'essentiel des engagements déjà sécurisés. Parallèlement, 261 projets, représentant 14,34 milliards, restent à voter. Cette ventilation met en lumière une dynamique progressive d'approbation, mais aussi un enjeu de sécurisation financière et institutionnelle pour les projets encore en attente de validation formelle. Rapporté au taux d'avancement annoncé, ce portefeuille traduit une exécution soutenue. Toutefois, l'écart entre projets votés et non votés rappelle que la seconde moitié du mandat sera déterminante pour consolider les engagements, accélérer les procédures et éviter tout ralentissement susceptible d'impacter le calendrier global du PDR. Le PDR 2022-2027 couvre un spectre large : infrastructures routières, équipements sociaux, eau et assainissement, développement économique, attractivité industrielle, mobilité et aménagement urbain. L'objectif affiché est double. Il s'agit, d'une part, de soutenir la compétitivité d'un pôle économique stratégique; et, d'autre part, de corriger les déséquilibres entre métropole et provinces périphériques, souvent moins dotées en infrastructures structurantes. Les conventions signées et les financements mobilisés traduisent une coordination accrue avec les départements ministériels et les établissements publics. Sur le terrain, plusieurs chantiers structurants ont été engagés, notamment dans les zones à forte pression démographique. Cette montée en cadence répond à une exigence d'efficacité, mais aussi à un impératif de crédibilité vis-à-vis des citoyens et des partenaires institutionnels. Gouvernance régionale : le débat sur les absences La session de mars 2026 n'a pas été uniquement consacrée aux indicateurs d'exécution. Elle a également ravivé un débat sensible sur les absences répétées de certains élus. Plusieurs intervenants ont appelé à l'application stricte des dispositions de l'article 65 de la loi organique 111.14, qui prévoit la déchéance automatique en cas d'absences non justifiées à trois séances consécutives ou cinq sur une année. Ce rappel juridique intervient dans un contexte où la gouvernance régionale est observée comme un facteur clé de réussite du PDR. L'efficacité d'un programme de 43,81 MMDH repose aussi sur la régularité des délibérations, la transparence des décisions et la responsabilité des représentants élus. Pour certains membres du conseil, l'enjeu dépasse la simple discipline interne : il touche à la crédibilité institutionnelle de la région. Tensions autour de la 48e résolution Les débats ont atteint un point de tension lors de l'examen de la 48e et dernière résolution inscrite à l'ordre du jour, relative à la désignation de représentants au sein du groupement des collectivités territoriales, chargé de la gestion de la nécropole Al-Ihssane, à Médiouna. Des divergences sont apparues sur les candidatures proposées, la répartition des sièges et le mode d'élection. Face à l'absence d'accord, la séance a été prolongée d'une heure, puis maintenue ouverte avec une reprise annoncée dans un délai de quinze jours. Aucun vote définitif n'a été acté à l'issue des discussions, laissant la résolution en suspens. Cet épisode illustre la dimension politique inhérente aux décisions régionales, y compris sur des dossiers de gestion territoriale. Il rappelle que la performance d'un PDR ne dépend pas uniquement de la capacité budgétaire ou technique, mais aussi de la qualité du dialogue interne et de la capacité à trancher dans des délais compatibles avec les impératifs de gestion publique. Quoi qu'il en soit, avec plus de 55% d'avancement et 43,81 MMDH programmés, Casablanca-Settat affiche une dynamique réelle à mi-parcours. Mais la seconde moitié du mandat concentrera les enjeux les plus sensibles : transformation rapide des projets votés en réalisations tangibles, validation des 14,34 milliards encore en attente et maintien d'une gouvernance stable capable d'absorber les tensions internes. La capacité du Conseil régional à maintenir le cap jusqu'en 2027 dépendra de l'accélération effective des chantiers, de la fluidité des arbitrages et de la mobilisation continue des partenaires publics. Dans une région qui pèse lourd dans l'équilibre économique national, chaque indicateur d'exécution devient un signal observé bien au-delà de l'enceinte du conseil. Abdelhafid Marzak / Les Inspirations ECO