Selon l'agence de presse du pouvoir judiciaire, les autorités ont justifié ces exécutions en accusant les deux hommes d'« appartenance aux Moudjahidines du peuple d'Iran (MEK) dans le but de porter atteinte à la sécurité de l'Etat », de « participation à des opérations armées et à la fourniture d'explosifs », ainsi que d'« implication dans plusieurs actions à Téhéran ». Vahid Bani Amerian, âgé de 33 ans, ingénieur en électricité titulaire d'un master en management, avait été arrêté pour la première fois en janvier 2014. Il a été interpellé à plusieurs reprises depuis 2017 et a passé au total environ six ans en détention. Abolhassan Montazer, 66 ans, diplômé en architecture, était un ancien prisonnier politique sous le régime du Shah. Il avait également été arrêté à plusieurs reprises entre 2017 et 2019. Sa dernière arrestation remonte au 20 décembre 1402 (calendrier persan). Il avait passé au total près de onze ans dans les prisons de la République islamique. Par ailleurs, le lundi 10 avril, les autorités ont également exécuté Mohammad Taghavi et Akbar Daneshvarkar. Le lendemain, Babak Alipour et Pouya Ghobadi ont été pendus à leur tour à la prison de Qezel Hesar. Vahid Bani Amerian était connu pour son engagement constant contre le régime, que ce soit en liberté ou en détention. Abolhassan Montazer, qui avait déjà connu la prison sous le Shah, a passé de longues années derrière les barreaux après la révolution, tout en apportant son soutien à d'autres prisonniers politiques. Ces exécutions s'inscrivent dans un contexte de répression accrue. Les autorités semblent chercher à contenir les tensions internes en recourant à des mesures extrêmes. Toutefois, de nombreux observateurs estiment que de telles actions risquent au contraire d'alimenter la colère populaire et de renforcer la détermination des opposants. Pour une partie de la société iranienne, ces hommes incarnent des figures de persévérance et d'engagement. Leur parcours résonne particulièrement auprès des jeunes générations, déjà fortement mobilisées lors des récents mouvements de contestation. Ces dernières semaines, plusieurs jeunes, dont Amir Hossein Hatami, Saleh Mohammadi, Mehdi Ghasemi et Saeed Davoudi, ont également été exécutés, suscitant une vive émotion et renforçant les inquiétudes quant à une intensification de la répression.