Le 7 avril à 20 heures, le Théâtre national Mohammed V de Rabat accueillera un concert d'exception. Sous le titre «Deux regards vers l'éternité», l'Orchestre symphonique du Maroc réunit deux monuments du romantisme tardif, à la fois les Quatre derniers lieder de Richard Strauss et la Symphonie n°2 de Sergueï Rachmaninov. Une soirée où la musique devient méditation sur la beauté, la nature et la mort. Deux maîtres. Trois villes. Une seule nuit. Le Théâtre national Mohammed V proposera le 7 avril une célébration de l'éternité par la musique. «Deux regards vers l'éternité» veut offrir une plongée dans les ultimes confidences de deux géants de la musique: Richard Strauss et Sergueï Rachmaninov. Strauss, à la fin de sa vie, compose en 1948 ce qui restera son testament musical. Les Quatre derniers lieder, écrits pour soprano et orchestre, sont une méditation d'une transparence bouleversante. Sur des poèmes de Joseph von Eichendorff et Hermann Hesse, le compositeur célèbre la nature, le crépuscule, l'adieu. La voix soliste, d'une luminosité incomparable, porte ce chant de l'avant-dernier. En regard, la Symphonie n° 2 en mi mineur de Rachmaninov, composée en 1907, déploie une tout autre ampleur. Vaste fresque orchestrale d'une profondeur émotionnelle rare, elle traverse les abysses pour s'élever dans un lyrisme exalté. Le célèbre adagio, l'un des plus beaux mouvements jamais écrits, résume à lui seul l'art du compositeur russe. Et c'est le chef Oleg Reshetkin qui dirigera cette traversée. À la tête de l'Orchestre symphonique du Maroc, il a déjà prouvé sa capacité à servir avec exigence les grandes pages du répertoire. Pour cette soirée, il sera entouré de deux solistes d'exception. La soprano Ekaterina Reynal incarnera les Lieder de Strauss, avec cette voix capable de porter à la fois l'intimité du lyrisme et la démesure des ultimes confessions. Le violon solo Faiz Kashkarov, quant à lui, donnera la réplique dans les moments où l'orchestre laisse éclore des lignes mélodiques d'une beauté désarmante. Un programme pensé comme un diptyque L'intelligence du programme tient dans son dialogue. Strauss et Rachmaninov, contemporains, ont traversé le tournant du siècle et les bouleversements de leur temps. Leurs œuvres tardives portent une même gravité, une même nostalgie. Mais là où Strauss se fait épuré, presque transparent, Rachmaninov déploie une orchestration luxuriante, presque baroque dans sa profusion. Le concert s'inscrit dans la saison de l'Orchestre symphonique du Maroc, fidèle à sa mission de diffusion du grand répertoire.