Dans un marché de l'influence encore marqué par l'informel et le manque de transparence, Meriam Bessa veut imposer un nouveau standard. Fondatrice de L'Atelier Digital et cofondatrice de la plateforme Hypeo, elle mise sur l'intelligence artificielle pour structurer un secteur en pleine croissance en Afrique et au Moyen-Orient. Son parcours débute au sein de grandes multinationales. Après des études en France, elle évolue chez L'Oréal, Unilever et Avon. Mais en 2016, à la naissance de son premier enfant, elle décide de changer de cap. Le pari est réussi : elle décroche ses premières commandes et fonde L'Atelier Digital. Pendant près de dix ans, son agence accompagne de grandes entreprises dans leurs stratégies digitales, notamment en marketing d'influence. Mais rapidement, un constat s'impose : le secteur fonctionne encore de manière artisanale. Campagnes gérées manuellement, échanges dispersés entre WhatsApp et e-mail, absence de centralisation des données... "C'était le chaos", explique-t-elle. La plateforme repose sur l'intelligence artificielle pour automatiser l'ensemble du processus d'influence. Là où une campagne pouvait prendre plusieurs jours, Hypeo permet de réaliser les mêmes étapes en quelques minutes. Elle propose également un système de matching intelligent entre marques et influenceurs, basé sur la data, et permet aux créateurs de contenu d'accéder directement à des opportunités. Mais au-delà de la technologie, l'ambition est plus large : structurer un marché encore fragile. Selon Meriam Bessa, le secteur souffre de plusieurs problèmes majeurs. L'informel reste dominant, les relations manquent de transparence et les processus sont inefficaces. Elle insiste également sur la nécessité de réduire les intermédiaires et d'améliorer la lisibilité des budgets. Pour y parvenir, elle plaide pour une meilleure formalisation du métier d'influenceur et une transparence accrue — une évolution qui pourrait encourager davantage d'investissements de la part des marques. L'ambition de Hypeo est claire : s'imposer d'abord au Maroc, puis se développer en Afrique et au Moyen-Orient. À terme, l'objectif est de construire une plateforme suffisamment solide pour attirer de grands groupes internationaux.