À la veille de l'ouverture de la session ordinaire parlementaire du printemps, prévue constitutionnellement (article 40) le vendredi prochain, la course à la présidence de la Chambre des représentants bat son plein, puisque le mandat de Mustapha Mansouri est arrivé à son terme. Elu le 16 octobre, au début de la législature de 2007, à la tête de la Chambre, Mansouri sera donc en concurrence face à un autre prétendant pour pouvoir garder son poste. Les dispositions de l'article 37 de la Constitution prévoient, en effet, un deuxième tour pour l'élection du président, lors de la session d'avril de la troisième année de la législature. Avantage pour Mansouri, s'il ne décide pas à la fin de son mandat de prendre sa retraite politique, ses anciens ennemis du courant réformateur au sein de son parti, le Rassemblement national des indépendants (RNI), se sont jurés de le soutenir pour le mandat des deux années restantes. Radi, vétéran des députés Dans les coulisses du landernau politique, le nom du socialiste Abdelwahed Radi revient sur toutes les lèvres. A côté d'un Rachid Talbi Alami (RNI) ou d'un Abdelaziz Alaoui Hafidi (RNI), il est considéré comme le principal rival et ténor politique qui entrera en lice pour briguer le poste de président de ladite Chambre. L'homme n'en est pas à son premier mandat de parlementaire, ni à celui de président de la Chambre des représentants. Né en 1935 à Salé (un point à son avantage en cas d'égalité de suffrages, puisqu'il est plus âgé que les autres candidats potentiels), Radi est en effet plus qu'un familier de la scène politique. Actuel secrétaire général de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), il est depuis 1989 membre du Bureau politique du parti de la rose. Il a été successivement président de la Chambre des représentants au cours des septième (2002-2007) et sixième législatures (1997-2002). Point désavantageux aux yeux de ceux qui prônent le rajeunissement de la classe politique, Radi est le plus vieux député du pays, puisqu'il siège au Parlement depuis 1963 ! Une ancienneté politique qui lui a tout de même valu différents portefeuilles ministériels, notamment ceux de la Coopération (1983-1985) ou de la Justice (2007-2010). Face à ce concurrent, le candidat sur lequel le RNI se décidera aura tout même un avantage : le projet d'action commune, décidé début mars entre le RNI et l'UC (Union constitutionnelle) en vue des prochaines élections, peut se concrétiser dès la semaine prochaine, si les députés UC s'allient avec le candidat RNI. Reste ce que décideront les Istiqlaliens : se rangeront-ils du côté du RNI, leur allié dans le gouvernement, ou du côté de l'USFP, leur frère dans la Koutla ? Comment les représentants élisent leur président La semaine prochaine, la séance réservée à l'élection du président sera dirigée par l'un des vice-présidents, à condition que ce dernier ne soit pas lui-même candidat à la présidence. Il sera assisté par les secrétaires élus lors de la session d'octobre de la même année. Le président du ce bureau provisoire invite les représentants à élire le président de la Chambre et déclare ouverte la liste d'inscription des candidatures. Au cours de la même séance, il recueille les candidatures, dont l'annonce est faite par lui-même ou par son assistant, avant le passage au vote.Le président est élu au scrutin secret, par écrit, à la majorité absolue des membres composant la Chambre au premier tour, et à la majorité relative au second tour. Toutefois, en cas d'égalité de suffrages, le plus âgé des candidats est élu. Et en cas d'égalité des suffrages et de l'âge, il est procédé au tirage au sort. S'il est candidat unique, le président est élu à la majorité relative en un seul tour. Dernier acte de cette procédure, le président provisoire proclame le nom du candidat élu à la présidence de la Chambre des Représentants et l'invite à prendre place au fauteuil présidentiel. Fine !