Radical. Les menaces à peine voilées de Benkirane    Relance économique : les associations de microcrédit bénéficieront aussi des garanties de la CCG    Dernière plongée pour Sindika Dokolo    Le Qatar va sanctionner l'auteur des frottis forcés à l'aéroport de Doha    PSG: Neymar forfait jusqu'à la trêve internationale    Education : 66 % des enfants marocains sont incapables de lire un texte simple selon la Banque mondiale    Casablanca: mini-tsunami à Ain Diab    La 17ème édition du festival des Andalousies Atlantiques d'Essaouira sera virtuelle    Safae et Hanae répondent à la femme prétendant être leur vraie mère (VIDEO)    Dialogue libyen : les efforts marocains salués par le Parlement arabe    Attentat de Nice: nouveau rebondissement    En 9 mois, les tribunaux du Royaume ont enregistré plus d'un million d'affaires    Mais où est donc Charlemagne ?    Casablanca : 12 ans de prison ferme pour avoir abusé d'une mineure    Covid-19: la mort rôde partout, surtout à Casablanca    1ère édition de «Talents Africains» : Attijariwafa bank allie les jeunes et compétences pour l'avenir du continent    Algérie : Une économie au bord de la banqueroute    Météo: temps brumeux ce vendredi au Maroc    Casablanca-Settat : les détails du plan stratégique 2020-2022 du CRI    Vaccin grippal : le Ministère de la Santé rationne les quantités et met les pharmaciens en difficulté    Malaisie. Mahathir veut tuer des millions de Français    Et revoilà Benkirane, le retour!    Nizar Baraka présente ses condoléances à la famille de Mohamed Melihi    Condoléances du Roi Mohammed VI à la famille de feu Mohamed Melehi    BAM: hausse du crédit bancaire en septembre    Le Maroc dénonce l'attaque perpétrée à Nice    Air Arabia. une liaison Casablanca – Rennes pour la première fois    Mohamed Melehi est décédé mercredi : Un pionnier de l'art contemporain emporté par la Covid-19    Procès à distance: 8.775 audiences du 27 avril au 23 octobre    Mort de Driss Ouhab: les journalistes lui rendent hommage (PHOTOS)    Attaque dans une église à Nice: plusieurs morts et blessés (VIDEO)    Ahmed Amsrouy Belhassane, un grand capitaine de l'industrie s'en va    CRI de Casablanca-Settat : 37 MMDH d'investissements approuvés à fin septembre    Vers la création de la Chambre de commerce maroco-kényane    Botola Pro / D1 : Youssef Fertout s'engage avec le Rapide Club Oued Zem    Covid-19: Confinement général en France (VIDEO)    Coronavirus: nouvelles guérisons au Raja    Hamza Sahli, un marathonien ambitieux pour graver son succès aux JO deTokyo    S.M le Roi félicite Mme Bouchra Hajij suite à son élection à la tête de la CAVB    Paris: l'artiste-peintre marocain Mohamed Melehi succombe au covid-19    Vernissage à la Villa des arts d' une exposition rétrospective de l' artiste-peintre Bouchaib Habbouli    a Zambie se dote d'un consulat général à Laâyoune    Sahara marocain: quand les médias « algésariens » inventent de toute pièce une fake news    Abderrahman Ziani: La vivacité colorée    Que la paix soit sur l'ensemble de l'humanité    Ligue des champions : les résultats de la soirée    Laftit: une série de compétences propres seront transférées aux régions    Atteinte aux religions et prophètes : Le Conseil supérieur des ouléma dénonce    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Entretien avec Othman Ktiri, l'entrepreneur marocain qui a réussi en Espagne
Publié dans Le Site Info le 20 - 09 - 2020

Né à Palma de Majorque, le groupe Ok Cars Mobility, fondé et dirigé par le Marocain Othman Ktiri, est un spécialiste de la mobilité urbaine qui offre des solutions innovantes de location ou de vente de véhicules. L'entreprise, considérée comme une success-story dans sa région, compte s'implanter prochainement au Maroc.
Vous êtes ingénieur agronome de formation. Comment avez-vous atterri dans le secteur de l'automobile et dans l'entrepreneuriat en général ?
À priori, il n'y a aucun lien logique entre ma formation académique et mon parcours professionnel. J'ai atterri à Palma de Majorque pour effectuer des stages en relation avec mes études. Dans cette île, j'ai travaillé pour des enseignes de la grande distribution, française comme espagnole. J'ai ensuite négocié un léger virage pour m'initier au volet commercial en intégrant un groupe français d'automobile. C'est auprès de ce constructeur automobile de renom que j'ai découvert ma passion pour l'univers des quatre roues et ma vocation entrepreneuriale. Une sorte de révélation, en quelque sorte. Après deux ans au sein de cette entreprise, j'ai décidé de me lancer dans le monde entrepreneurial et de vivre ma propre aventure. C'est ainsi que j'ai intégré le business de l'automobile.
Et c'est sur un territoire insulaire, donc limité sur le plan géographique, que vous avez lancé un business en relation avec l'automobile et la mobilité. Curieux comme choix, non ?
Effectivement, c'est paradoxal car le schéma classique aurait voulu que j'évolue professionnellement dans l'un de mes deux pays, à savoir le Maroc ou la France. Or, j'ai coûté de l'argent à mes deux pays, et c'est l'Espagne qui récolte les fruits de ma formation et de mon expérience. Palma de Majorque est une ville balnéaire et une destination touristique privilégiée.
Comment cette vocation entrepreneuriale a-t-elle vu le jour ?
Je crois que c'était un cheminement naturel, compte tenu de mes origines et de mon entourage familial. Ma mère gère une pharmacie à Casablanca et mon père est entrepreneur. L'entrepreneuriat est une affaire de famille chez nous. J'étais aussi motivé par ce besoin de créer et d'apporter une valeur ajoutée à des secteurs qui sont a priori saturés. Toutefois, grâce à mon expérience, j'ai démontré que j'étais capable d'innover et relever le challenge même dans une activité telle que la distribution automobile et la location de voitures, que l'on considère comme saturée. Ok Cars a pu se faire une place et décrocher une part de marché assez importante. Il s'agit d'un travail de longue haleine, que je mène depuis quinze ans, qui demande logique, cohérence mais aussi une bonne dose d'improvisation.
Quelle était votre expérience à vos débuts ?
Je me souviens que, lorsque j'ai démarré mon business, j'étais seul dans un minuscule bureau ; au fil des ans, l'entreprise s'est naturellement agrandie, sans jamais mettre la charrue avant les bœufs et sans faire appel au financement des banques, du moins au début. J'ai adopté un business model qui me permettait de ne pas faire appel au financement des établissements bancaires, misant plutôt sur la capacité financière des clients et des fournisseurs. Comme j'étais un «trader de véhicules», l'activité en elle-même me permettait de me passer du cash et d'encaisser ma commission une fois la transaction conclue. En 2010, quand j'ai décidé de me lancer dans la location de voitures, il était primordial de faire appel à un financement des banques et de solliciter un prêt. Je dis toujours aux entrepreneurs en herbe que j'ai commencé avec zéro euro, mais nous avons tendance à oublier qu'une bonne formation et un parcours éducatif de qualité sont des atouts qui font pencher la balance en notre faveur et, sur ce point, je m'estime chanceux.
Fait-il bon entreprendre en Espagne ?
En Espagne, on distingue deux types d'hommes d'affaires. Il y a «el emprendedor», celui qui entreprend, innove, prend le risque et met au point un produit ou service inédit d'une manière ou d'autre, à ses risques et périls. L'autre terme désigne «el empresario», qui est un chef d'entreprise. En général, la politique économique est favorable aux porteurs de projets et aux entrepreneurs. Il existe des organismes semi-publics dont la mission principale est d'épauler les entités entrepreneuriales pour trouver des débouchés à l'international, la formation, etc. Après, nous n'avons aucun soutien financier direct, ni même de politique fiscale favorable. Mais le climat est propice à l'entrepreneuriat, et j'en suis aujourd'hui au stade de la reconnaissance, après avoir connu une longue période de doutes, de critiques désobligeantes voire de rumeurs malsaines.
Cars Mobility est aussi une entreprise qui s'inspire des pratiques entrepreneuriales de la Silicon Valley...
Nous sommes une entité comptant 700 collaborateurs et leur bien-être fait partie des préoccupations du management. Nous estimons que les employés passent un temps considérable sur leur lieu de travail, il est donc primordial que cet espace soit accueillant et chaleureux. D'une manière ou d'une autre, nous proposons des classes de yoga au profit des collaborateurs du groupe et nous fournissons des recommandations sur la nutrition et les régimes alimentaires sains. De même, nous avons mis en place une politique horaire flexible afin que les salariés puissent concilier vie professionnelle et personnelle. Sur un autre registre, nous avons créé la fondation Ok Cars, qui mène des actions auprès de la communauté locale. Son objectif est de contribuer à l'amélioration du quotidien des personnes défavorisées dans notre communauté et d'être solidaires à travers la participation à de nombreux projets sociaux, bénéfiques pour la société au sein de laquelle nous évoluons. Enfin, nous avons relevé le pari de la mobilité propre et espérons introduire davantage de véhicules électriques dans notre flotte afin de contribuer au respect de notre environnement.
Vous êtes présents en Espagne et au Portugal. À quand le Maroc ?
Je suis très sollicité par des opérateurs marocains afin que le groupe s'installe au Maroc. Et là, je tiens à relever un point important. Contrairement à l'administration espagnole, laquelle, en termes d'appui à l'entrepreneuriat, est en quelque sorte assez neutre, l'administration marocaine est très active et je tiens à la féliciter pour son dynamisme et sa politique encourageante en matière de capitaux étrangers. Notre plan d'extension prévoit des implantations dans le pourtour méditerranéen. Notre présence se fera par le biais de deux modèles, à savoir une présence du groupe ou une franchise. C'est cette dernière formule que nous avons choisie pour le Maroc. Nous estimons être en mesure de proposer un service inédit puisque nous avons atteint un seuil de synergie entre la location et la vente qui nous permet d'être compétitifs. De plus, nous élargissons la gamme de voitures proposées au Maroc, à travers une diversité dans la flotte et des véhicules premium, outre des technologies et applications qui rendent la conduite plus agréable. 
Amal Baba Ali, DNES à Séville / Les Inspirations Éco


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.