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Patrick EROUART-SIAD et le parcours de Noé N'Diaye
Publié dans Le Soir Echos le 26 - 08 - 2010

Grand voyageur, à la fois conteur et journaliste, Patrick Erouart-Siad a écrit le texte de «L'album Maroc» paru chez Géo en 2007 et qu'accompagnaient les photographes de Philippe Lafond. Erouart-Siad qui vit aujourd'hui à New-York a passé son enfance à Djibouti, s'est marié à Paris en 1990 avec une Américaine dont le père est romancier et poète et dont la belle-mère Grace Paley, décédée en 2007, était considérée comme une nouvelliste hors-pair. C'est ainsi que, dans certains destins, le talent circule et attire tel un aimant irrésistible.
L'image de l'Occident telle que des romanciers africains la restituent ou la suggèrent à leurs lecteurs fournirait un beau sujet d'enquête littéraire. Un roman s'impose comme signe propitiatoire. C'était le premier roman de Patrick Erouart-Siad, «Cahiers de la Mort-Colibri», paru en 1987 aux éditions du Seuil, deux ans après un reportage en Afrique du Sud raconté dans «Blanc honoraire» (éditions Ramsay).
Le voyageur pertinent et passionné qui avait voulu rencontrer Johnny Clegg, le Bantou blanc et son comparse Sipho Mchunu, étoiles de la scène musicale sud-africaine, cet observateur en état d'alerte, partagé entre la sympathie et la stupeur, nous avait rappelé que «jusqu'à la puberté, les enfants des zones blanches sont pris en charge par d'adorables Noires qui, de ce fait, viennent s'installer dans les zones résidentielles blanches sans avoir le droit d'y amener leurs propres enfants au-dessus de l'âge de trois ans, et encore moins cela va de soi d'y établir leur mari».
Il n'est pas indifférent que «Cahiers de la Mort Colibri» vienne après Blanc honoraire, dans une œuvre qui s'enrichit ensuite d'un ouvrage consacré à la Guinée-Bissau. «Les Cahiers» nous racontent le chassé-croisé des énigmes dans le cœur de Noé NDiaye, métis. Ce roman est un baril de poudre d'intelligence. Bouvard et Pécuchet vont en bateau et en famille du Sénégal aux Antilles ; mais Noé s'active à préserver le droit fil de la loyauté intérieure. Vrai roman puisque l'auteur est de mère somalienne et de père français, tandis que Noé, de mère française, est le fils d'un général sénégalais. La coque du Nijinski/ Inch Allah est transformée par le romancier en journal mural et bouteille à la mer.
Sénégal signifierait ma pirogue. Il faut s'y fier puisque ce roman cingle. On en saluera la colère comme native. Une telle efflorescence de rages rieuses, d'effusions ravies d'échapper à l'impudeur, peu l'auraient su ourdir. Noé puise dans sa couleur : «Sa couleur ? Chabin doré, selon les critères créoles, Peul fouta selon ceux de la côte ouest-africaine. Indifféremment, on l'aurait pris pour un Trinidadien dans les Caraïbes, pour un Polynésien dans les mers du Sud, pour un Camerounais à Ngaundere ou fils de la grande bourgeoisie de Rabat au Maroc. Un peu passe-partout, mais toujours évocateur d'exotisme, en tout cas»
A Dakar, Noé jouit de s'être éloigné de la France. Singulier éloignement qui l'a transformé en appelé dans une caserne française de l'infanterie de marine : «En échange de sa liberté, l'armée lui avait prouvé combien il y tenait»
Le lecteur peut assurer que c'est la liberté qui enrôle Noé avant, pendant, et après son service militaire. Liberté couleur de femme, avec la figure tutélaire de Pandora, la Brésilienne. Le couplage des infanteries française et sénégalaise à l'occasion d'une livraison de tanks trouve dans les très chastes amours de Pandy et Noé un contrepoint auquel se fier.
Patrick Erouart-Siad appelle que la clientèle sénégalaise n'aime que la farine blanche importée à grands frais d'Europe : «Toutes les expériences sur les mélanges à base de mil-blé se soldaient par des échecs commerciaux». C'est seulement sur la mer calmée que cesse la malédiction brouillant les termes de l'échange. Noé, pièce rapportée qui tranche sur les petites mégalomanies de la famille Brossard-Leclerc mettant droit sur les Antilles, n'en finira jamais de se trouver quelques points communs avec «ces deux passagers clandestins partis de Casablanca pour Barcelone dans les cales d'un cargo chargé de roses», et qui furent asphyxiés par les émanations des fleurs.


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